L’univers regorge de mystères, mais la récente détection d’un signal radio aux caractéristiques inédites vient bousculer nos connaissances en astrophysique. Capté par l’observatoire de radioastronomie ASKAP, ce phénomène éphémère relance les débats sur la nature des objets célestes extrêmes et prouve que le cosmos est loin d’être un environnement statique.
ASKAP J1424 : un flash cosmique à la régularité troublante
Nommée ASKAP J1424, cette source mystérieuse est apparue de manière soudaine dans le ciel, au gré d’une observation hasardeuse. Pendant huit jours, les astronomes ont pu capter exactement dix-sept impulsions radio. La particularité stupéfiante de ce signal réside dans son rythme : un flash survient toutes les 36 minutes avec une précision d’horloge, avant que la source ne s’éteigne complètement, plongeant les chercheurs dans le silence absolu.
Ce comportement d’apparition et de disparition brutale est typique de ce que l’on nomme l’astronomie transitoire, une branche qui traque les événements fugitifs de l’univers. Cependant, les caractéristiques de ce signal précis ne correspondent à rien de connu.
Un rythme qui défie les modèles standards
Habituellement, les astronomes qui étudient ces phénomènes se penchent sur des objets comme les pulsars (des cœurs d’étoiles mortes ultra-denses) ou les sursauts radio rapides (FRB). Ces entités émettent des signaux dont la période varie de la milliseconde à quelques secondes tout au plus. Une récurrence de 36 minutes est considérée comme anormalement lente.
Selon les modèles astrophysiques actuels, si cet objet est une étoile à neutrons, sa rotation est si lente qu’elle devrait avoir franchi ce que l’on appelle la zone active. Elle serait donc théoriquement incapable de produire une émission radio aussi structurée et cohérente.
Une signature magnétique exceptionnelle
L’étrangeté de la source ASKAP J1424 ne s’arrête pas à sa lenteur. Les analyses révèlent que le signal est presque totalement polarisé. En radioastronomie, cela indique que l’onde a été produite dans un environnement extrêmement structuré, très probablement dominé par des champs magnétiques d’une intensité colossale.
Plus fascinant encore, cette polarisation évolue au cours de chaque impulsion, suggérant que le signal subit une transformation progressive lors de son trajet. Malgré la mobilisation rapide d’autres observatoires et la fouille minutieuse des archives, l’objet reste totalement invisible dans les domaines infrarouge, optique, ultraviolet et rayons X.
Quelles sont les hypothèses envisagées ?
Face à cette anomalie qui sort des sentiers battus, les scientifiques avancent prudemment plusieurs théories pour tenter d’expliquer ce phénomène :
- Une étoile à neutrons exotique : L’astre fonctionnerait sous un régime physique encore inconnu, lui permettant de rester actif et d’émettre des ondes radio malgré sa rotation extrêmement lente.
- Un système binaire complexe : Le signal proviendrait d’un objet ultra-dense, comme une étoile à neutrons ou une naine blanche, dont les émissions seraient régulées, masquées ou altérées par la présence d’un corps compagnon.
Cette découverte fortuite illustre parfaitement la nouvelle ère de l’astronomie. Avec l’arrivée d’instruments de nouvelle génération capables de surveiller de vastes portions du ciel en continu, comme l’observatoire Vera Rubin ou le réseau Square Kilometre Array, les astronomes s’attendent à ce que des anomalies comme ASKAP J1424 passent du statut d’exception à celui d’une toute nouvelle classe d’astres.
Source : Hugo Lisoir





























































