Le don oublié qui sommeille en nous
Chaque nuit, lorsque nous rêvons, nous utilisons inconsciemment cette capacité. Comment pouvons-nous voir, ressentir et expérimenter de façon si vivante dans nos rêves sans que nos yeux physiques n’entrent en jeu ? Ce phénomène suggère l’existence d’une forme de perception qui transcende nos sens habituels.
Les signes de cette capacité endormie se manifestent plus souvent qu’on ne le croit : cette sensation d’être observé qui nous fait nous retourner pour découvrir qu’effectivement quelqu’un nous regardait, ces pressentiments qui se révèlent exacts, ou encore ces moments où nous pensons à quelqu’un juste avant qu’il ne nous appelle. Selon cette approche, ces phénomènes ne seraient pas de simples coïncidences.
Les trois piliers fondamentaux
Cette méthode ancestrale reposerait sur trois éléments essentiels, comparables aux fondations d’un pont entre deux mondes :
Le silence conscient
Il ne s’agit pas du simple fait d’éteindre la télévision, mais d’atteindre un silence plus profond : l’espace entre nos pensées. C’est cet état que nous expérimentons juste avant de nous endormir, quand notre mental s’apaise, mais en maintenant cette fois une vigilance éveillée.
La respiration sacrée
Lorsque nous prenons le contrôle conscient de notre respiration, notre corps et notre esprit commencent à se synchroniser. Les traditions anciennes considéraient certains schémas respiratoires comme des clés ouvrant des portes dans notre perception, faisant de la respiration le pont entre le visible et l’invisible.
L’attention dirigée
Cette capacité de concentration, comparée à un rayon laser, peut s’affaiblir ou se renforcer comme un muscle. Dispersée, notre attention éclaire à peine, mais concentrée sur un point précis, elle pourrait « traverser l’acier » métaphoriquement.
Le rituel des sept respirations
Au cœur de cette pratique se trouve un rituel spécifique utilisant sept respirations, chacune correspondant à un niveau de profondeur différent :
La première respiration consiste à imaginer une lumière dorée entrant dans le corps à l’inspiration, tandis que les tensions sortent à l’expiration. Les deuxième et troisième respirations ralentissent la perception du temps et approfondissent progressivement l’état de conscience.
Les quatrième et cinquième respirations constituent souvent le moment où certaines personnes rapportent leurs premières manifestations : frémissements au centre du front, sensation d’expansion de la tête, ou perception de couleurs douces les yeux fermés.
Les deux dernières respirations permettraient d’atteindre cet état limite entre veille et sommeil, tout en conservant une conscience pleine et alerte.
Le point aveugle de la conscience
Cette technique vise à identifier et exploiter ce que les praticiens nomment le « point aveugle de la conscience » – cet espace mental que nous expérimentons tous quotidiennement sans le remarquer. À l’image du point aveugle de notre vision physique, il existerait un équivalent mental : présent et utilisé constamment, mais imperceptible à l’observation directe.
Pour accéder à cet état, il faudrait développer une forme d’attention particulière, comparable à la vision périphérique mentale. En observant nos pensées sans s’y attacher, nous pourrions discerner de minuscules intervalles entre elles – nos premières perceptions de ce fameux point aveugle.
Les gardiens du seuil
Cette approche prévient que certains obstacles apparaîtront inévitablement lors de la pratique. Ces « gardiens » ne seraient pas des ennemis mais des maîtres déguisés :
Le doute profond qui remet en question notre perception de la réalité, la peur subtile de perdre notre définition actuelle du réel, l’impatience face à l’absence de résultats immédiats, et enfin l’ego spirituel qui pourrait nous faire sentir « spéciaux » suite à des expériences inhabituelles.
Ces résistances se transformeraient progressivement : le doute en discernement sage, la peur en respect de l’inconnu, l’impatience en appréciation du chemin, et l’ego spirituel en humilité sincère.
L’intégration dans le quotidien
L’aspect le plus crucial de cette pratique concernerait l’intégration de ces expériences dans la vie de tous les jours. Il s’agirait d’apprendre à « garder un pied dans chaque monde », comme un traducteur évoluant entre deux langues différentes.
La tenue d’un « journal du navigateur » permettrait de documenter les expériences et surtout leur incidence sur le quotidien : pressentiments qui nous font éviter un embouteillage, intuitions qui nous poussent à appeler un ami au bon moment. Ces petits instants révéleraient, une fois reliés, des motifs plus grands.
L’intégration implique également une sensibilité accrue aux lieux, aux personnes et aux situations, nécessitant l’apprentissage de nouvelles façons de se réguler : temps de solitude, contact avec la nature, nouvelles routines pour rester centré.
Un voyage sans fin
Cette approche présente la vision intérieure non comme une destination, mais comme un voyage permanent d’exploration de la conscience. Chaque jour apporterait de nouvelles occasions d’approfondir sa compréhension et d’affiner sa perception.
Le paradoxe final serait que plus ces expériences extraordinaires s’intègrent dans le quotidien, plus elles paraissent normales – non qu’elles perdent leur magie, mais parce que notre définition de la normalité s’élargit pour les inclure.
Source : La Synchronicité