Elle est incontestablement l’œuvre d’art la plus célèbre au monde. Avec son regard énigmatique et son sourire indéchiffrable, la Joconde fascine les foules depuis des siècles. Si la plupart d’entre nous savent qu’elle a été peinte par le génie italien Léonard de Vinci et qu’elle trône majestueusement au musée du Louvre à Paris, ce chef-d’œuvre cache encore d’innombrables secrets. De sa véritable identité aux messages cryptés dissimulés dans la peinture, plongeons dans les mystères insoupçonnés de Mona Lisa.
Qui se cache vraiment derrière Mona Lisa ?
L’identité de la femme représentée sur ce tableau a longtemps fait l’objet de débats. Il est aujourd’hui largement admis qu’il s’agit de Lisa Gherardini, l’épouse d’un riche marchand florentin nommé Francesco del Giocondo. D’ailleurs, pour confirmer définitivement cette théorie, des experts ont même envisagé d’étudier les restes de la jeune femme, supposément enterrée dans un couvent en Italie.
Cependant, d’autres théories plus audacieuses circulent. Certains historiens ont suggéré que le modèle pourrait être un homme, ou même qu’il s’agirait d’un autoportrait dissimulé de Léonard de Vinci lui-même.
L’analyse physique du portrait révèle également des détails fascinants sur l’état de santé de la jeune femme :
- Une maladie thyroïdienne : Des chercheurs américains ont déduit, en observant son teint jaunâtre et la présence d’un léger goitre, que Mona Lisa souffrait probablement d’hyperthyroïdie.
- Un voile de maternité : Un expert français a remarqué que Mona Lisa porte un guarnello, un voile extrêmement fin, presque imperceptible, traditionnellement porté à l’époque par les femmes enceintes ou venant d’accoucher.
Les secrets de fabrication d’une œuvre hors normes
Contrairement à une idée reçue, la Joconde n’a pas été peinte sur une toile classique, mais sur une planche de bois de peuplier. Ce choix matériel explique en grande partie son poids surprenant : le tableau pèse au moins 8 kg !
Léonard de Vinci a fait preuve d’une minutie extrême, appliquant jusqu’à 30 couches de peinture successives, plus ou moins épaisses, pour obtenir ce rendu si particulier. Fait étonnant, des chercheurs ont émis l’hypothèse que l’artiste aurait pu utiliser ses propres doigts pour peindre certains détails, suite à une paralysie passagère de la main qui l’aurait empêché de tenir son pinceau. Toutefois, aucune empreinte digitale n’a jamais été retrouvée sur l’œuvre.
Il est également très probable que la Joconde soit une œuvre inachevée. Commandée en 1503 par Francesco del Giocondo, la peinture n’a jamais été livrée à la famille. Léonard de Vinci l’a emportée avec lui en France et aurait continué à y apporter des retouches jusqu’à sa mort en 1519.
Illusions d’optique et messages cryptés
La magie de la Joconde réside dans les illusions et les mystères que Léonard de Vinci y a savamment intégrés :
Le faux sourire : Le fameux demi-sourire de Mona Lisa serait en réalité asymétrique. Des chercheurs affirment qu’elle ne souriait que du côté gauche, suggérant qu’elle ne ressentait pas nécessairement de la joie lors de la pose. D’ailleurs, un logiciel de reconnaissance faciale a estimé son état d’esprit à 83 % de bonheur, 9 % de dégoût, 6 % de peur et 2 % de colère.
Un sourire qui disparaît : Une neuroscientifique américaine a démontré que la disparition furtive du sourire de la Joconde est une simple illusion d’optique, liée à la façon dont nos yeux perçoivent les ombres du tableau. Il suffit de détourner légèrement le regard pour la voir sourire à nouveau.
Le mythe du regard qui suit : Contrairement à la croyance populaire, l’effet d’optique voulant que les yeux du portrait suivent le spectateur (souvent appelé l’effet Mona Lisa dans le monde de l’art) ne s’applique pas à ce tableau précis. Une équipe de chercheurs allemands a formellement prouvé que Mona Lisa ne nous suit pas du regard.
Des codes cachés : Le génie des mathématiques qu’était de Vinci a laissé des traces invisibles à l’œil nu :
- Les lettres L et S ont été découvertes respectivement dans l’œil droit et l’œil gauche de Mona Lisa par un chercheur italien.
- Le chiffre 72 a été identifié sous l’arche du pont en arrière-plan grâce à une numérisation haute définition.
- Les chiffres 5 et 6, écrits en miroir, se cacheraient au niveau de la position de ses doigts.
- Certains internautes affirment voir un triangle sur son nez, tandis que d’autres élaborent des théories complexes impliquant un œil caché dans le ciel du tableau vers lequel convergeraient des pentagrammes.
Une histoire mouvementée : de Napoléon au vol du siècle
Si la Joconde se trouve en France et non à Florence, c’est parce que Léonard de Vinci a passé les dernières années de sa vie dans l’Hexagone. À sa mort, le roi François Ier a fait l’acquisition du tableau, qui n’a plus jamais quitté le territoire français.
Avant d’arriver au Louvre, l’œuvre a fait un séjour prestigieux : elle a été accrochée dans la chambre personnelle de Napoléon Bonaparte jusqu’en 1804.
Mais l’événement le plus rocambolesque de son histoire reste son vol en 1911. Vincenzo Peruggia, un bricoleur italien travaillant au Louvre, a dérobé le tableau, probablement par patriotisme, souhaitant le restituer à l’Italie. La Joconde est restée introuvable pendant deux ans avant d’être récupérée à l’issue d’une chasse à l’homme retentissante.
La Joconde aujourd’hui : une star sous haute protection
Aujourd’hui, l’œuvre attire plus de 6 millions de visiteurs chaque année, représentant à elle seule l’objectif principal de 80 % des visiteurs du Louvre. Face à un tel engouement, la sécurité et la préservation sont primordiales :
- Elle est protégée depuis les années 1950 par une vitre de sécurité, aujourd’hui remplacée par du verre pare-balles.
- Elle bénéficie d’un système de refroidissement sur mesure pour préserver le bois et la peinture.
- Le tableau est extrêmement fragile et présente une fissure stabilisée de 12 cm sur sa moitié supérieure, apparue lors du retrait de son cadre d’origine.
La valeur de la Joconde est littéralement inestimable et elle n’est pas à vendre. Pour donner un ordre d’idée, dans les années 1960, elle a reçu la valeur d’assurance la plus élevée de l’histoire de l’art : 100 millions de dollars, ce qui équivaudrait aujourd’hui à environ 830 millions d’euros.
Cette popularité engendre parfois des situations cocasses. La Joconde possède sa propre boîte aux lettres au Louvre pour recevoir les mots d’amour de ses admirateurs. Plus insolite encore, en 2021, une pétition en ligne a vu le jour, demandant très sérieusement à Jeff Bezos d’acheter la Joconde… pour la manger !
Si vous n’avez pas l’occasion d’aller à Paris, sachez qu’il existe plusieurs copies de l’œuvre, dont une version très célèbre et contemporaine de l’originale, actuellement exposée au musée du Prado à Madrid.
Source : Lama Faché






























































