La réalité que nous percevons au quotidien n’est peut-être qu’une infime ouverture sur un univers infiniment plus vaste. C’est la théorie fascinante qu’a développée Itzhak Bentov, un ingénieur et inventeur brillant qui s’est aventuré dans les profondeurs de l’esprit humain, là où la science et le mysticisme se rencontrent. Auteur de recherches sur la mécanique de la conscience, il a livré dans les années 1970 une vision radicale de notre existence lors d’une rare interview télévisée. Avant sa mort tragique et mystérieuse dans un accident d’avion en 1979, il a laissé derrière lui des concepts troublants sur la véritable nature de notre évolution.
L’évolution ne s’arrête pas au corps physique
Depuis le milieu du dix-neuvième siècle, la théorie de l’évolution de Charles Darwin a profondément façonné la pensée occidentale. Nous avons intégré l’idée que l’humanité a évolué physiquement pour atteindre sa forme actuelle, celle d’un être bipède doté d’une colonne vertébrale verticale et d’une intelligence lui permettant de maîtriser son environnement. Cependant, Itzhak Bentov propose de regarder cette évolution sous un angle entièrement nouveau : ce n’est pas seulement notre corps qui évolue, mais notre système nerveux et, par extension, notre conscience.
Pour illustrer son propos, il utilise l’image d’une courbe en cloche, traditionnellement employée pour décrire des statistiques comme la taille moyenne d’une population. Appliquée à l’évolution humaine, cette courbe montre que la grande majorité de la population se situe au centre, représentant l’humain moyen actuel. À une extrémité de la courbe se trouvent quelques individus moins développés, et à l’autre extrémité, une infime minorité d’êtres hautement évolués. Selon cette vision, l’évolution pousse inéluctablement l’ensemble de l’humanité vers ce stade supérieur de conscience.
Les génies et les hôpitaux psychiatriques
Une question provocatrice se pose alors : où se trouvent ces individus dont la conscience est déjà hautement évoluée ? Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ils ne remplissent pas nécessairement les bancs des universités prestigieuses ou les cercles intellectuels d’élite. Selon les observations de l’époque, beaucoup d’entre eux se retrouvent dans les hôpitaux psychiatriques.
La raison avancée est que ces personnes perçoivent une réalité modifiée, beaucoup plus vaste, à laquelle elles peinent à s’adapter dans la vie de tous les jours. Lorsqu’un individu parvient à intégrer cette vision élargie de la réalité à son quotidien sans sombrer, la société le qualifie alors de génie, à l’image d’un Isaac Newton ou d’un Charles Darwin.
L’exemple d’un adolescent qui verrait soudainement un parent décédé dans la pièce illustre parfaitement ce phénomène. Face à cette perception que les autres ne partagent pas, l’entourage s’inquiète et se tourne vers la psychiatrie. À l’aide de médicaments ou de traitements de choc, la perception de l’enfant est aplatie pour le faire revenir à une norme acceptable. Pourtant, il s’agissait potentiellement d’une ouverture spontanée de ses sens, une accélération soudaine de son évolution.
L’élargissement de notre perception du monde
Notre système nerveux, soutenu par notre squelette et nos tissus, est le filtre à travers lequel nous construisons l’image de notre réalité. Nos sens actuels agissent comme une fente très étroite. Nous ne voyons qu’une fraction du spectre lumineux, ignorant l’infrarouge ou l’ultraviolet, et nous n’entendons qu’une gamme limitée de fréquences sonores.
Au fil de l’évolution, cette fente s’élargit. À titre d’exemple, les textes bibliques anciens ne mentionnent que quelques couleurs, reflétant la perception humaine d’il y a plusieurs millénaires, tandis qu’aujourd’hui nous en distinguons des milliers. L’évolution de la conscience consiste précisément en cette ouverture progressive, nous permettant de voir une portion toujours plus grande d’une réalité unique et immense.
Dans les temps anciens, les manifestations d’une conscience élargie étaient qualifiées de miracles. L’expérience de Saint Paul sur la route de Damas, frappé par une vision lumineuse, a fondé des millénaires de tradition religieuse. Transposée dans notre monde moderne, une telle expérience au volant d’une voiture se solderait probablement par une arrestation pour conduite sous influence, suivie d’un internement pour épisode psychotique. La société contemporaine a ainsi tendance à réduire les miracles en pathologies.
L’âme comme véritable moteur de l’évolution
Au-delà du système nerveux, c’est un élément bien plus profond qui subit cette évolution. Contrairement à la croyance populaire qui veut que nous possédions une âme, le chercheur affirme que c’est l’inverse : c’est l’âme qui nous possède.
Le corps physique n’est qu’un véhicule temporaire, comparable à une voiture que l’on utilise pour parcourir un certain kilométrage avant de s’en séparer. L’âme, elle, est éternelle et accumule l’information de vie en vie. Si au niveau purement physique, chaque être humain est séparé de son voisin, les frontières s’estompent à mesure que l’on s’élève dans les niveaux de conscience :
- Le niveau de l’âme : Il existe un léger chevauchement entre les individus.
- Le Soi supérieur : Le chevauchement devient beaucoup plus large, connectant les êtres plus profondément.
- Le niveau spirituel suprême : Tout le monde se chevauche complètement. Chaque entité devient omniprésente et omnisciente.
Le but ultime du système
Nous existons simultanément sur tous ces niveaux, même si notre conscience quotidienne n’en capte qu’un seul. Le but ultime de cette longue marche évolutive est d’atteindre cet état de divinité, d’omniprésence et d’omniscience. L’univers, perçu comme un vaste système intelligent de collecte et de distribution d’informations, cherche à nous enseigner sa propre nature.
Bien que des pratiques comme la méditation puissent accélérer ce processus en stimulant le système nerveux au-delà de son rythme évolutif normal, cette évolution est inévitable. Que nous le voulions ou non, l’humanité est en route vers une perception totale et parfaite de la réalité, confirmant que notre véritable voyage ne fait que commencer à l’intérieur de nous-mêmes.
Source : Federalitude La Communaute





























































