L’histoire de l’humanité, telle qu’elle nous est enseignée, est souvent le récit des vainqueurs. Nous sommes familiers avec les concepts d’évolution et de révolution agricole. Mais que se passerait-il si les récits des anciens, ces histoires de dieux, d’anges, de géants et de cataclysmes, étaient bien plus littéraux qu’ils n’y paraissent au premier abord ? En y regardant de plus près, une histoire alternative de la race humaine pourrait se révéler, bouleversant totalement nos connaissances conventionnelles. C’est une histoire qui a été censurée, oubliée ou ignorée pendant des millénaires.
La découverte fortuite des manuscrits de la mer Morte
Au début de l’année 1946, dans la région aujourd’hui connue sous le nom de Cisjordanie, un groupe d’adolescents bédouins gardait ses troupeaux près de l’ancienne colonie de Qumrân. Pour passer le temps, ils jetaient des pierres dans les nombreuses grottes parsemant ce paysage désertique et accidenté. Lorsqu’une pierre pénétra dans l’obscurité d’une caverne, un grand bruit de fracas résonna. En explorant les lieux, ils découvrirent une collection de grandes jarres en argile. Sans le savoir, ces jeunes venaient de faire l’une des découvertes archéologiques les plus monumentales de l’histoire.


À l’intérieur de ces jarres se trouvaient d’anciens parchemins. Dans les années qui suivirent, des archéologues et des historiens mirent au jour des fragments supplémentaires dans dix autres grottes de la région, formant un ensemble de près de 900 manuscrits connus sous le nom de manuscrits de la mer Morte. Parmi eux se trouvaient de larges portions d’un texte religieux mystérieux et non canonique, longtemps oublié : le livre d’Hénoch.
Les Veilleurs, les Nephilim et le Grand Déluge
Dans son intégralité, le livre d’Hénoch se compose de cinq parties totalisant une centaine de chapitres. Ces textes racontent l’histoire du septième patriarche de la Genèse, Hénoch, père de Mathusalem et arrière-grand-père de Noé. Cependant, le récit des événements menant au Grand Déluge y est radicalement différent de la version biblique traditionnelle.
Le texte relate l’histoire des « Veilleurs », décrits en termes bibliques comme des anges déchus, envoyés sur Terre pour veiller sur les humains à une époque ancienne et indéfinie. Loin de se contenter d’observer, ces Veilleurs se sont épris des femmes humaines et ont commencé à s’unir à elles. De ces unions contre nature sont nés des enfants hybrides appelés les Nephilim.

Le livre d’Hénoch décrit ces Nephilim comme des géants sauvages et surnaturels qui mettaient en danger et pillaient l’humanité. Furieux des actes des Veilleurs, ceux décrits comme des dieux les ont enchaînés dans une prison souterraine, au plus profond de la Terre. Hénoch est alors devenu l’intermédiaire entre les dieux et les Veilleurs emprisonnés. Malgré ses interventions, les dieux ont décidé de purifier la Terre de cette atrocité en déclenchant un grand déluge, destiné à détruire les Nephilim et à sceller la prison des Veilleurs. Avant ce cataclysme, Hénoch fut emporté au ciel dans un char de feu.
Des géants dans l’histoire et les mythes mondiaux
Il est fascinant de constater que le livre de la Genèse fait lui-même référence aux Nephilim, les décrivant comme des héros de l’Antiquité, des guerriers de renom. Dans le livre des Nombres, les Israélites visitent une terre habitée par des Nephilim si immenses qu’ils se sentaient comme des sauterelles à côté d’eux.
Si de nombreux éléments bibliques sont aujourd’hui considérés comme allégoriques, des preuves archéologiques d’un grand déluge existent bel et bien. Mais qu’en est-il des géants ? Des récits d’immenses squelettes exhumés parsèment l’histoire. De l’Amérique du Nord à la forêt amazonienne en passant par l’Afrique, les articles de journaux de la fin du XIXe et du début du XXe siècle regorgent de ces découvertes.


Les légendes abondent également : l’explorateur Marco Polo a écrit sur une race de géants à Zanzibar, capables de porter la charge de quatre hommes ordinaires. La mythologie irlandaise attribue la célèbre Chaussée des Géants au titan Finn McCool. Ces récits universels suggèrent que le livre d’Hénoch pourrait être bien plus ancré dans la réalité historique qu’on ne le pense.
Pourquoi le livre d’Hénoch a-t-il été censuré ?
Pendant des siècles, le livre d’Hénoch occupait une place importante dans les traditions religieuses chrétiennes et juives. Certains suggèrent même qu’il a inspiré le livre de la Genèse. Alors, pourquoi a-t-il été exclu de la Bible ?
Dans les premiers siècles ayant suivi la mort de Jésus-Christ, il n’existait pas de canon rigide. L’Église naissante avait besoin d’uniformité. Contrairement à la croyance populaire (et au célèbre roman Da Vinci Code), cette canonisation ne s’est pas faite uniquement lors du concile de Nicée, mais fut un long processus s’étalant du Ier au IVe siècle.

Les hautes autorités de l’Église ont sélectionné les textes à inclure, rejetant ceux qui défiaient leur vision ou leur pouvoir. D’autres textes fascinants ont subi le même sort, comme l’Évangile de Pierre (qui décrit une croix flottante et parlante) ou l’Évangile de Marie, qui présente Marie-Madeleine comme la disciple favorite de Jésus.
« Si le Sauveur l’a rendue digne, qui es-tu donc, pour ta part, pour la rejeter ? Assurément, le Sauveur la connaît parfaitement. C’est pourquoi il l’a aimée plus que nous. » – Extrait de l’Évangile de Marie
Le livre d’Hénoch aurait pu disparaître à jamais s’il n’avait pas été préservé par de petites sectes orthodoxes de Juifs éthiopiens. L’unique version pré-moderne du texte a survécu en guèze, une ancienne langue africaine, traduite en anglais pour la première fois en 1821.

Les parallèles troublants avec les Anunnaki sumériens
L’omniprésence de la figure d’Hénoch dans diverses cultures (associé à Enmeduranki à Babylone, à Hermès en Grèce ou à Thot en Égypte) soulève des questions. La réponse pourrait remonter aux anciens Sumériens. Leurs textes racontent que la Terre a été visitée par des êtres surnaturels appelés les Anunnaki, ce qui signifie littéralement « ceux qui sont venus des cieux ».

Tout comme les Veilleurs, les Anunnaki se seraient accouplés avec des humains, créant une nouvelle espèce, et auraient provoqué un déluge après s’être mis en colère contre l’humanité. Plus intrigant encore, les Sumériens affirment que ce sont les Anunnaki qui ont apporté des connaissances avancées aux humains. Cela coïncide avec la révolution agricole survenue vers 10 000 avant notre ère au Kurdistan, où l’humanité est passée brusquement de la chasse et de la cueillette à l’agriculture, la métallurgie et l’écriture.
Le livre d’Hénoch décrit un processus identique. Les Veilleurs y enseignent aux humains la métallurgie, la science, la médecine, l’astronomie, la fabrication d’armes et l’art des cosmétiques, propulsant ainsi la civilisation à une vitesse inexpliquée par l’évolution naturelle.
Technologie ancienne, ovnis et allégorie biblique
Certains passages du livre d’Hénoch sont particulièrement troublants pour un lecteur moderne. Lorsqu’Hénoch décrit les secrets de la foudre et du tonnerre, certains y voient une description de l’électricité. Sa rencontre avec les dieux se déroule dans un « palais flottant » immense, fait de verre, à travers lequel il pouvait voir les étoiles défiler. Difficile de ne pas y voir la description d’un vaisseau spatial, faisant écho aux théories modernes sur les anciens astronautes et même aux mystères des agroglyphes (crop circles) contemporains.

Face à ces récits qui redéfinissent fondamentalement l’histoire humaine, il n’est pas surprenant que de tels textes aient été exclus du canon officiel. Cependant, cette histoire n’a peut-être pas été totalement effacée. Si l’on lit l’histoire d’Adam et Ève non pas littéralement, mais comme une allégorie, les parallèles deviennent évidents.

Dieu crée Adam pour veiller sur la Terre (comme les Veilleurs). La procréation d’Adam et Ève représente l’hybridation. Le fruit de l’Arbre de la Connaissance symbolise la technologie et les savoirs avancés offerts à une humanité qui n’était peut-être pas encore prête à les recevoir. Les auteurs du récit de la Genèse auraient ainsi pu intégrer subtilement l’histoire sumérienne des Anunnaki et des Veilleurs dans leur propre canon religieux, s’assurant que ce pan crucial de notre passé ne soit jamais totalement oublié.
Source : Universe Inside You






























































