Le 19 décembre dernier a marqué une date clé pour la communauté scientifique mondiale : le passage de la comète interstellaire 3I/ATLAS au plus près de la Terre, à une distance de 270 millions de kilomètres. Depuis cette approche, les révélations s’enchaînent et bouleversent notre compréhension des objets venus d’ailleurs. Entre changements de couleur spectaculaires, émissions de rayons X inédites et confirmation de cryovolcanisme, ce visiteur céleste s’avère être une véritable mine d’or pour l’astrophysique.
Une métamorphose chromatique révélatrice
L’une des premières observations marquantes concerne l’apparence physique de la comète. Alors qu’elle apparaissait rougeâtre sur les images capturées en août et septembre par le télescope Gemini South au Chili, son aspect a radicalement changé après son passage derrière le Soleil. Le 26 novembre, le télescope Gemini basé à Hawaï a photographié un objet d’une couleur verte distincte.
Ce changement n’est pas une illusion d’optique, mais le résultat d’une chimie complexe. La chaleur solaire a finalement réussi à pénétrer la croûte de la comète, durcie par des milliards d’années de voyage dans l’espace interstellaire. Ce réchauffement a libéré du carbone diatomique (C2), un gaz qui émet cette lumière verte caractéristique. Le fait que ce changement ait été anormalement retardé par rapport aux comètes de notre propre système solaire témoigne de l’histoire unique et exotique de 3I/ATLAS.
Une première historique : des rayons X interstellaires
C’est sans doute la découverte la plus stupéfiante : pour la première fois dans l’histoire de l’astronomie, des rayons X ont été détectés émanant d’un objet interstellaire. Cette prouesse a été réalisée grâce à la collaboration de plusieurs observatoires de pointe :
- Le télescope spatial japonais XRISM a observé la comète pendant 17 heures fin novembre.
- Le télescope européen XMM-Newton a confirmé ces données début décembre avec 20 heures d’observation supplémentaires.
Les données ont révélé un halo de rayons X s’étendant sur près de 400 000 kilomètres autour du noyau. Cette observation est cruciale car les rayons X permettent de détecter des éléments quasi invisibles pour les télescopes optiques classiques, tels que l’hydrogène moléculaire et l’azote. Cela offre enfin l’opportunité de tester les théories sur les glaces exotiques, chose qui n’avait pas été possible avec le précédent visiteur, ‘Oumuamua.
Volcans de glace et chimie prébiotique
L’analyse des images a également mis en évidence des jets spiraux s’échappant de la surface, menant à une conclusion fascinante : la comète est active et couverte de cryovolcans, ou volcans de glace. Le mécanisme suspecté implique la sublimation de la glace de CO2 à l’intérieur du noyau, déclenchant des réactions chimiques avec des grains de fer et de nickel. Ces réactions génèrent l’énergie nécessaire pour propulser violemment gaz et poussières dans l’espace.
Sur le plan chimique, le radiotélescope ALMA au Chili a apporté une autre pièce au puzzle. Il a détecté une quantité de méthanol quatre fois supérieure à celle trouvée dans les comètes de notre système solaire. Le méthanol étant une brique fondamentale de la chimie prébiotique (les réactions précédant l’apparition de la vie), cette abondance suggère que les ingrédients nécessaires au vivant pourraient être largement répandus à travers la galaxie.
Taille réelle et observations des sondes spatiales
Les estimations concernant la taille du noyau ont été affinées. Une étude récente, combinant les données d’accélération non gravitationnelle et les taux de perte de masse, évalue le diamètre de 3I/ATLAS à environ 1 kilomètre. Bien que plus petite que les premières estimations, elle reste des centaines de fois plus massive que ‘Oumuamua.
Pendant que la comète était invisible depuis la Terre, cachée par le Soleil, les sondes spatiales ont pris le relais :
- Europa Clipper (NASA) : En route vers Jupiter, la sonde a observé la comète le 6 novembre, détectant de l’oxygène, de l’hydrogène et des signatures de poussières.
- Juice (ESA) : La sonde européenne a utilisé cinq instruments scientifiques pour étudier l’objet. Cependant, en raison de contraintes techniques liées à la transmission des données, les résultats complets ne parviendront sur Terre qu’en février 2026.
Vaisseau spatial ou capsule temporelle ?
L’étrangeté de cet objet a inévitablement soulevé des questions sur une potentielle origine artificielle. Le sujet est devenu si viral que Vladimir Poutine lui-même a interrogé ses services de renseignement à ce propos lors d’une conférence de presse, recevant la confirmation qu’il s’agissait d’un objet naturel.
La science corrobore cette version. Le projet Breakthrough Listen a pointé le gigantesque Green Bank Telescope vers 3I/ATLAS le 18 décembre. Aucun signal artificiel supérieur à 0,1 watt (moins puissant qu’un téléphone portable) n’a été détecté. Si la comète est bien un objet naturel, elle n’en reste pas moins extraordinaire : c’est une capsule temporelle potentiellement vieille de 7 milliards d’années, antérieure à notre propre Soleil, nous apportant des échantillons physiques d’un autre système stellaire.
La comète poursuivra sa course près de Jupiter en mars 2026 avant de quitter définitivement notre système pour retourner dans l’espace interstellaire, laissant aux scientifiques des années de données à analyser.
Source : Vision IA































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