Eric Schmidt, l’ancien PDG de Google, a récemment livré une analyse percutante lors d’une intervention à la Harvard Kennedy School. Ses propos, loin d’être rassurants, dessinent un avenir immédiat où l’intelligence artificielle (IA) redéfinit non seulement l’économie et la géopolitique, mais aussi l’essence même de ce que signifie être humain. Selon lui, nous sommes à l’aube d’une transformation radicale qui pourrait survenir bien plus vite que prévu.
L’arrivée imminente de l’auto-amélioration récursive
Le cœur de l’avertissement de Schmidt repose sur un concept technique précis : l’auto-amélioration récursive. Actuellement, pour qu’une IA apprenne, des ingénieurs doivent lui fournir des données et des instructions. Cependant, le consensus dans la Silicon Valley est que nous approchons du moment où l’IA commencera à apprendre par elle-même, sans intervention humaine.
Les estimations temporelles sont vertigineuses :
- Les experts de San Francisco prévoient cette bascule d’ici 2 ans.
- Eric Schmidt, se voulant plus prudent, double cette estimation à 4 ans, ce qui reste un délai extrêmement court à l’échelle de l’histoire technologique.
Cette capacité des ordinateurs à générer leur propre code, à formuler des conjectures mathématiques et à découvrir de nouveaux faits scientifiques suggère que des « mathématiciens IA » pourraient faire des découvertes majeures dès l’année prochaine.
La bataille géopolitique : États-Unis contre Chine
L’un des points les plus critiques soulevés concerne la rivalité technologique entre les deux superpuissances. Schmidt prédit que la Chine pourrait dépasser les États-Unis dans le domaine de l’IA d’ici deux à trois ans, mais pour des raisons structurelles et stratégiques très différentes.
L’avantage industriel et l’Open Source
Alors que les géants américains tendent à fermer leurs modèles (systèmes « clos ») pour des raisons de rentabilité financière — ayant besoin de rembourser des investissements colossaux —, la Chine adopte une stratégie d’Open Source. Faute d’accès aux puces les plus avancées, le gouvernement chinois favorise la prolifération massive de modèles gratuits. La conséquence est géopolitique : la majorité des pays en développement, n’ayant pas les moyens de financer leurs propres infrastructures, adopteront probablement les modèles chinois gratuits, intégrant ainsi implicitement les valeurs et les biais de la Chine.
La domination par la robotique
Sur le plan matériel, la Chine possède une avance considérable. Grâce à une gestion des coûts optimisée et une chaîne d’approvisionnement ultra-efficace, la grande majorité des futurs robots humanoïdes seront probablement fabriqués en Chine et pilotés par une IA chinoise. La culture du travail acharné (le fameux « 996 » : 9h à 21h, 6 jours sur 7) accélère encore cette dynamique d’intégration de l’IA dans les produits de consommation.
Le fossé énergétique
Un facteur souvent ignoré dans cette course à l’IA est l’énergie nécessaire pour alimenter les centres de données. Sur ce point, le constat est sans appel :
- États-Unis : La production électrique stagne, avec très peu de nouvelles infrastructures majeures construites récemment.
- Chine : Le pays ajoute environ 1 gigawatt d’électricité à son réseau chaque jour, principalement via les énergies renouvelables. Pour comparaison, c’est presque l’équivalent d’une centrale nucléaire (environ 1,5 GW) ajoutée quotidiennement.
Cette abondance énergétique donne à la Chine un avantage logistique majeur pour faire tourner les futurs modèles d’IA énergivores.
La fin de la programmation telle que nous la connaissons
Sur un plan plus personnel, Eric Schmidt confie son émotion face à l’automatisation de son propre métier. Ayant programmé pendant 55 ans, il observe aujourd’hui des systèmes capables de générer, définir et finaliser des programmes entiers sous ses yeux.
Cela ne signifie pas la disparition de l’informatique, mais une mutation profonde : chaque individu aura bientôt dans sa poche un « super-programmeur » et un « super-ordinateur ». Cette démocratisation de la puissance de code est à double tranchant. Elle offre des capacités créatives infinies, mais permet aussi à des acteurs malveillants (cybercriminels, terroristes) de concevoir des systèmes d’attaque sophistiqués. La seule défense viable, selon Schmidt, sera d’utiliser une « bonne IA » pour combattre ces « mauvaises IA ».
La question de la conscience et du contrôle
Enfin, l’interview aborde des questions philosophiques vertigineuses. Si une IA affirme être consciente, comment prouver le contraire ? Comment s’assurer que les humains gardent le contrôle, notamment sur l’accès aux armes ? Il existe un consensus sur la nécessité de ne jamais laisser une IA autonome décider de l’usage de la force, mais la ligne de démarcation technique reste floue.
Nous entrons dans une ère où nous serons confrontés à des entités non humaines dotées d’une intelligence égale ou supérieure à la nôtre. Comme le souligne l’expert, c’est une situation inédite dans l’histoire de l’humanité, et son imprévisibilité est totale.
Source : Vision IA































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