Dans un monde où la technologie prend le pas sur l’expérience directe, nous oublions souvent l’outil le plus sophistiqué dont nous disposons : notre corps et ses capacités sensorielles. Lors d’une conférence marquante pour le Magazine Nexus, Alexandra Henrion Caude a partagé une vision poétique et audacieuse de nos sens, nous invitant à déballer ce qu’elle considère comme notre plus beau cadeau.
Loin des discours purement académiques, cette intervention propose un voyage entre science, histoire de l’art et intuition pour redéfinir notre perception du vivant et dévoiler l’existence d’un sixième sens fondamental : le cœur.
Sortir de la passivité sensorielle
Nous vivons une époque paradoxale. Alors que nous sommes hyper-connectés virtuellement, nous nous comportons souvent comme des « limaces » devant nos écrans. Nous cliquons pour manger, pour communiquer, pour rencontrer l’amour, restant passifs physiquement et sensoriellement. Alexandra Henrion Caude souligne que cette passivité nous coupe de notre « boîte à trésors ».
Nos sens ne sont pas un acquis banal, mais des connecteurs vitaux. Ils agissent comme une boussole, nous permettant de faire face à l’imprévu et de nous relier à notre environnement. Aristote, dans son ouvrage De Anima, en dénombrait cinq. Aujourd’hui, on sait qu’il en existe bien plus, incluant la perception du temps, la proprioception (position du corps dans l’espace) ou encore notre sens de l’orientation.
Chaque individu possède une signature sensorielle unique, une combinaison de récepteurs qui lui est propre. Cela signifie que chaque interaction avec le monde est une expérience inédite, jamais égalée, rendant l’idée de « déjà-vu » scientifiquement impossible au sens strict.
L’art comme révélateur de nos super-pouvoirs
Pour illustrer la puissance méconnue de nos sens, Alexandra Henrion Caude s’appuie sur la célèbre tapisserie de La Dame à la licorne. Cette œuvre médiévale nous offre une leçon magistrale sur la perception, nous montrant que nos sens vont bien au-delà de leurs organes respectifs.
- L’ouïe au-delà des oreilles : Tout comme un fœtus perçoit les sons par les vibrations du liquide amniotique, notre corps entier agit comme une caisse de résonance. Si vous touchez un ballon de baudruche près d’une enceinte, vous sentirez ces vibrations. Nos cellules réagissent de la même manière à la musique et aux voix.
- La vue sans les yeux : Des artistes comme Claude Monet ou Beethoven ont créé des chefs-d’œuvre alors qu’ils perdaient la vue ou l’ouïe. Il existe une « vision affective » qui permet, même aux non-voyants, de percevoir une présence ou une intention (colère, sourire) sans support visuel classique.
- Le toucher, premier sens : Il ne se limite pas au bout des doigts mais concerne l’intégralité de notre corps. Il nous permet de distinguer instantanément le vivant de l’inanimé.
- L’odorat discriminatoire : Contrairement aux idées reçues, l’être humain peut distinguer plus d’un milliard d’odeurs. Une étude fascinante a montré que des femmes, qu’elles soient mères ou non, activent les mêmes circuits de récompense dans leur cerveau lorsqu’elles sont exposées à l’odeur d’un nouveau-né de deux jours.
Le mystère du sixième sens : le Cœur
L’analyse de la sixième tapisserie de la série, intitulée « À mon seul désir », sert de porte d’entrée vers la révélation centrale de la conférence. On y voit la dame se dépouiller de ses bijoux, apaisée, entrant dans une tente. Cette tente symbolise l’accès à l’essentiel, invisible pour les yeux.
Selon Alexandra Henrion Caude, notre sixième sens est l’amour, et son organe est le cœur. Cette hypothèse s’appuie sur plusieurs observations :
- Le cœur comme intégrateur : C’est le premier organe à se former chez l’embryon. Il bat avec une rythmicité qui intègre toutes nos émotions, notre stress et notre bonheur.
- Une connexion électromagnétique : Pour aimer, il faut une rencontre. Le cœur émet un champ électromagnétique puissant qui entre en résonance avec celui de l’autre, bien avant que le cerveau ne l’analyse.
- La lumière de l’amour : L’intervenante propose un néologisme poétique et scientifique : les « amourons ». À l’image des photons pour la lumière, les amourons seraient les particules constitutives de l’amour, cette « lueur » que l’on perçoit chez certaines personnes rayonnantes ou « saintes ».
Une responsabilité vitale
Cette vision du cœur comme organe sensoriel ultime nous confère une responsabilité. Lors de la conception, la fusion des génomes provoque littéralement une étincelle, une « pluie d’amour ». Nous naissons tous égaux face à ce potentiel.
Il nous appartient de ne pas laisser ces « amourons » se ratatiner. En sortant de la passivité des écrans et en réactivant notre connexion au vivant via notre cœur, nous pouvons donner un sens profond à notre existence. Comme le rappelait Saint-Exupéry cité durant la conférence : « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »
Ce sixième sens est une intuition de la vérité, un guide qui nous permet de naviguer dans la complexité du monde en restant connectés à l’essentiel : aimer et être aimé.
Source : Magazine Nexus
































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