Jamie Dimon n’est peut-être pas un nom familier pour le grand public, mais le patron de JPMorgan Chase, la plus grande banque américaine par les actifs, vient de faire une annonce qui risque de marquer les esprits. L’intelligence artificielle gère désormais le travail de milliers d’employés au sein de son établissement. Ses équipes ont déjà déployé des outils d’IA dans la détection de fraudes et le service client, réduisant mécaniquement le besoin de supervision humaine.
Et Jamie Dimon n’est pas seul. Jane Fraser chez Citigroup, David Solomon chez Goldman Sachs, Brian Moynihan à la tête de Bank of America et les dirigeants de Wells Fargo tiennent exactement le même discours : l’automatisation va tailler dans les effectifs. Selon un sondage Bloomberg, 200 000 emplois pourraient disparaître dans le secteur bancaire mondial sur les trois à cinq prochaines années. En 2025, les banques américaines ont déjà supprimé 10 600 postes, principalement chez Wells Fargo et Citigroup. Cette année, les dirigeants investissent 85 milliards de dollars pour accélérer le mouvement.
Quand les machines remplacent des équipes entières
Chaque géant de la finance américaine a sa propre vision de cette transformation, mais toutes convergent vers le même horizon.
JPMorgan Chase emploie plus de spécialistes en IA que ses sept principaux concurrents réunis. La banque a mis au point un système capable de gérer les votes d’actionnaires sur des milliers de milliards de dollars d’actifs, une tâche qui nécessitait auparavant une supervision humaine permanente. L’outil analyse désormais les propositions, évalue les positions et exécute les votes de manière autonome.
Chez Citigroup, Jane Fraser a déclaré que l’IA relevait le niveau d’exigence : « Ceux qui ne suivent pas le rythme se retrouveront sur la touche. » Les fonctions back-office ont été identifiées comme cibles prioritaires. Vérifications de conformité, traitement de données, tout bascule progressivement vers des outils d’IA générative.
Brian Moynihan, à Bank of America, affirme que l’IA va libérer les employés des tâches répétitives pour qu’ils se concentrent sur les relations clients et l’innovation. Mais il a tout de même confirmé s’attendre à une réduction des effectifs cette année.
David Solomon chez Goldman Sachs garde un ton plus mesuré, mettant en avant les gains de productivité sans annoncer de vagues de licenciements massifs. La banque limite néanmoins la croissance de ses effectifs et pousse ses équipes à se former aux systèmes d’IA. Des algorithmes sont déjà utilisés pour identifier des opportunités d’investissement et assister dans les opérations de due diligence, des fonctions autrefois dévolues aux analystes juniors.
Wells Fargo reconnaît de son côté que l’IA améliorera la productivité, mais au prix de suppressions de postes, surtout dans les fonctions administratives et de soutien.
Un effet domino qui touchera l’Europe et l’Asie
Ce qui se passe à Wall Street aura forcément des répercussions mondiales. Les banques européennes et asiatiques observent leurs concurrents américains réduire leurs coûts opérationnels de 20 à 30 % grâce à l’automatisation. Pour rester compétitives, elles devront suivre le même chemin.
En Allemagne, au Royaume-Uni et en France, des institutions commencent à déployer des outils similaires dans leurs activités de conformité et de gestion des risques. En Asie, notamment à Singapour ou en Corée du Sud, où la culture technologique est déjà très développée, les banques accélèrent leurs investissements dans l’IA.
Les investisseurs scrutent les ratios coût-revenu et pénalisent les établissements qui affichent des structures trop lourdes. L’IA devient un argument de vente auprès des marchés financiers, une preuve que la direction prend au sérieux la question de l’efficacité. Ce qui commence comme une initiative américaine se transforme rapidement en norme mondiale.
Des carrières bancaires en péril
Les employés du secteur commencent à sentir le vent tourner. JPMorgan a lancé des programmes internes pour former ses équipes aux outils d’IA, espérant faire passer les employés de postes obsolètes vers des rôles en data science ou en supervision éthique. Problème : ne s’improvise pas data scientist qui veut, et il n’y aura pas assez de nouveaux postes pour absorber tous ceux qui perdent leur emploi actuel.
Ce qui trouble le plus dans cette transformation, c’est qu’elle touche des métiers qualifiés qui semblaient à l’abri. Analystes, gestionnaires de risques, spécialistes de la conformité : tous ces profils qui nécessitaient des années d’expérience et de formation voient leurs compétences codées et exécutées par des algorithmes.
Contrairement aux vagues précédentes de licenciements liés à des crises financières, cette réduction est structurelle, planifiée sur plusieurs années. Les jeunes qui entrent aujourd’hui dans le secteur bancaire savent qu’ils devront probablement changer plusieurs fois de métier au cours de leur vie professionnelle. Cette recomposition mondiale du travail bancaire n’est que le début d’une transformation qui touchera bien d’autres secteurs dans les années à venir.
Source : clubic.com































![[Vidéo] 45 moments où Dame Nature s’est déchainée, capturés par caméra](https://cdn-0.buzzpanda.fr/wp-content/uploads/2024/10/45-fois-o-650-360x180.jpg)

























