Le 9 mars 2023, sur le plateau de Touche pas à mon poste diffusé en direct sur C8, un invité prononce un mot qui va enflammer les réseaux sociaux. Quelques mois plus tard, la chaîne écope d’une amende de 500 000 euros de la part de l’ARCOM pour manquement à ses obligations de contrôle de l’information. Ce mot, c’est adrénochrome.
Cette substance, produite naturellement par le corps humain à partir de l’adrénaline, est au cœur d’une des théories les plus sombres de notre époque. Elle serait, selon certains, une drogue d’élite obtenue en torturant des enfants. Des laboratoires clandestins, des réseaux pédocriminels et des personnalités influentes seraient impliqués.
L’intervention qui a tout déclenché
L’homme qui s’exprime ce soir-là est Gérard Foret, surnommé le « dealer du Tout-Paris ». Ancien trafiquant de drogue reconverti dans l’écriture, il affirme que l’adrénochrome est prélevé sur des enfants de trois ans séquestrés dans des laboratoires secrets. Il accuse même des figures publiques, dont Emmanuel Macron et Céline Dion, d’être liées à ces réseaux.
Dans les heures qui suivent, le terme explose sur internet. Pour beaucoup, c’est la première fois qu’ils entendent parler de cette molécule et des horreurs qui l’entourent.
Une substance bien réelle
Scientifiquement, l’adrénochrome est un composé issu de l’oxydation de l’adrénaline. Cette hormone, libérée par les glandes surrénales en cas de stress ou de peur, prépare le corps à la réaction de combat ou de fuite : accélération cardiaque, hausse de la tension, augmentation de l’énergie disponible.
Une fois sa mission accomplie, l’adrénaline se dégrade. Au cours de ce processus, elle donne naissance à l’adrénochrome, une molécule rapidement éliminée par l’organisme. Tout être humain en produit naturellement. Rien d’extraordinaire à ce stade.
C’est pourtant cette même molécule qui va progressivement être associée à des propriétés psychédéliques, euphorisantes et même rajeunissantes dans les milieux conspirationnistes.
Des racines anciennes
La vidéo explique que les Aztèques collectaient déjà cette substance lors de leurs sacrifices humains. Des fouilles archéologiques au Mexique ont révélé des récipients en pierre, des couteaux et des structures destinées à recueillir le sang et les cœurs des victimes. Selon leur mythologie, la Terre, le Soleil et la Lune exigeaient du sang humain pour continuer à exister.
La pratique se serait répandue dans plusieurs civilisations antiques, de l’Égypte à la Perse, avant d’être interdite à plusieurs reprises. Elle aurait survécu clandestinement et aurait même, selon la thèse présentée, inspiré symboliquement le rituel du vin lors des offices chrétiens, représentant le sang du Christ.
Au XVe siècle, Vlad l’Empaleur, figure historique ayant inspiré le personnage de Dracula, aurait également eu recours à ces pratiques. Fait troublant pour les amateurs de coïncidences : la grand-mère de la reine Elizabeth II descendrait de son demi-frère, et l’acteur Robert Pattinson, connu pour son rôle de vampire dans Twilight, serait un descendant éloigné.
Du laboratoire à la fiction
Au XXe siècle, des scientifiques isolent et cristallisent l’adrénochrome, qu’ils nomment littéralement « adrénaline colorée ». Durant la Guerre froide, la CIA lance le projet MK Ultra pour étudier les substances capables de modifier le comportement humain.
Des chercheurs comme le biochimiste canadien Abraham Hoffer s’intéressent alors à l’adrénochrome dans le cadre de l’hypothèse de son implication possible dans la schizophrénie. Ces travaux restent confidentiels jusqu’à la sortie, en 1998, du film Las Vegas Parano de Terry Gilliam avec Johnny Depp. La scène culte où le personnage consomme de l’adrénochrome et plonge dans une hallucination intense popularise définitivement la substance dans l’imaginaire collectif.
La théorie de la récolte traumatique
Selon les récits les plus extrêmes, la seule façon d’obtenir un adrénochrome « pur » et puissant consisterait à provoquer une terreur extrême chez la victime. Le stress intense augmenterait massivement le taux d’adrénaline avant son oxydation.
Les victimes seraient isolées, privées de sommeil et de nourriture, soumises à une manipulation psychologique prolongée. Au pic de terreur, le sang serait prélevé, parfois consommé immédiatement. Les enfants seraient devenus les cibles privilégiées en raison de leur sensibilité accrue et de ce qui est décrit comme une « énergie pure ».
Des réseaux clandestins, des laboratoires secrets et des fermes de reproduction d’enfants auraient été mis en place. La vidéo cite notamment le témoignage d’Arizona Wilder, qui affirme avoir participé à des rituels à Balmoral en Écosse, ainsi que des pratiques au château des Amerois en Belgique, près de la résidence de Marc Dutroux.
Des enquêtes et témoignages troublants
Ted Gunderson, ancien responsable du FBI, a enquêté sur ces affaires dans les années 1980. Il s’est particulièrement intéressé au scandale de l’école maternelle McMartin à Manhattan Beach en Californie. Des enfants avaient décrit des tunnels, des rituels et des agressions impliquant des personnalités locales.
Après la vente du terrain, Gunderson fit réaliser des fouilles qui mirent effectivement au jour des structures souterraines correspondant aux descriptions des enfants, ainsi que des objets troublants dont un sac Disney daté de 1982 et une assiette portant des pentagrammes.
Autre témoignage cité : celui de Cathy O’Brien, qui affirme avoir été victime du projet Monarch, un programme de contrôle mental. Vendue par son père à des membres du gouvernement américain, elle dit avoir été utilisée comme esclave sexuelle et avoir participé à des rituels sataniques. Elle aurait également donné naissance à une fille destinée au même sort.
Jeunesse éternelle et rumeurs contemporaines
La consommation d’adrénochrome serait également recherchée pour ses supposées vertus rajeunissantes. Une expérience menée en 2014 par Tony Wyss-Coray à Stanford, où du sang jeune était relié à une souris âgée, a nourri ces spéculations.
Pendant la pandémie de COVID-19, de nombreuses personnalités comme Tom Hanks, Madonna ou Céline Dion ont été accusées de consommer cette substance. Leurs apparences fatiguées ont été interprétées comme des signes de sevrage. Des rumeurs ont même évoqué un tunnel secret reliant le port de New York à la fondation Clinton contenant des milliers d’enfants.
En 2022, lors de l’invasion russe en Ukraine, des allégations ont circulé selon lesquelles un laboratoire d’adrénochrome aurait été détruit, permettant la libération de dizaines d’enfants. Une lettre anonyme mentionnant une entreprise nommée CYM/SIM et des listes d’enfants avec évaluation de leur « qualité » d’adrénochrome a également circulé.
Une réalité inquiétante au-delà des théories
Qu’on adhère ou non à ces théories les plus extrêmes, la vidéo rappelle une vérité incontestable : chaque année, des milliers d’enfants disparaissent, sont exploités ou victimes de réseaux criminels bien réels et documentés. L’affaire Jeffrey Epstein, avec ses connexions politiques et ses recherches sur le prolongement de la vie, a renforcé la méfiance d’une partie du public.
Le plus dérangeant, selon l’enquête, n’est peut-être pas les aspects les plus fantastiques de ces récits, mais le fait que la réalité du trafic d’êtres humains soit déjà suffisamment glaçante.
Source : Silent Jill





























































