Avez-vous déjà eu l’impression de porter un masque en société, de dire « oui » alors que tout votre être criait « non », simplement pour acheter la paix ? Ce comportement, bien que socialement valorisé, peut devenir un véritable poison pour l’individu et ses relations. Invité sur la chaîne Legend, le psychothérapeute et auteur à succès Thomas d’Ansembourg décortique les mécanismes de la Communication Non Violente (CNV) et nous invite à une révolution intérieure : cesser d’être gentil pour enfin être vrai.
Le piège de la « cocotte-minute » émotionnelle
Nous vivons dans une société où l’on apprend très tôt à dissimuler ce qui se passe en nous. À l’école, en famille ou au travail, exprimer sa colère, sa tristesse ou son désaccord est souvent mal vu. Thomas d’Ansembourg utilise l’image parlante de la cocotte-minute.
Lorsque nous ravalons nos émotions jugées « négatives » ou inconfortables, nous fermons les couvercles de notre marmite intérieure. Le problème, c’est que cette cocotte est posée sur le feu du temps qui chauffe en permanence. Tôt ou tard, la pression devient insoutenable et c’est l’explosion : c’est là que naît la violence. Cette violence est l’accumulation de frustrations que nous n’avons pas su exprimer au fur et à mesure.
Les 5 étapes de la Communication Non Violente
Pour désamorcer cette violence et créer des relations authentiques, Thomas d’Ansembourg préconise une approche structurée en cinq temps, inspirée par Marshall Rosenberg :
- Observer sans juger : Il s’agit de décrire la situation factuelle, sans y apposer immédiatement une critique ou une interprétation personnelle.
- Identifier ses sentiments : Nous ressentons des choses en permanence. Il est crucial d’écouter ces « clignotants » sur notre tableau de bord intérieur. Une émotion désagréable n’est pas négative en soi, elle signale simplement un besoin non satisfait.
- Nommer ses besoins : Derrière chaque émotion se cache un besoin fondamental (reconnaissance, appartenance, liberté, sens). Identifier ce besoin est la clé pour sortir de l’attente passive.
- Formuler une demande : Plutôt que d’attendre que la solution tombe du ciel ou que l’autre devine, il faut oser demander concrètement ce qui pourrait nous aider, sans exiger.
- L’action : Mettre en place quelque chose pour changer la situation, car comme le souligne le thérapeute : « C’est du jardinage, pas de la méthode Coué. »
Vous pouvez utiliser ces tableaux pour trouver quels sentiments vous animent et quels besoins vous éprouvez :

Éducation : sortir du rapport de force
Le système éducatif actuel est sévèrement critiqué pour son obsession du développement intellectuel (le cerveau gauche) au détriment de l’intelligence émotionnelle. On apprend aux enfants à être des travailleurs dociles plutôt que des citoyens conscients et heureux.
Thomas d’Ansembourg remet en question les méthodes punitives traditionnelles. La punition est souvent un aveu d’échec de la relation. Il prône la sanction porteuse de sens plutôt que la punition humiliante. Par exemple, si un enfant traverse la rue imprudemment, au lieu de lui hurler dessus en projetant sa propre peur (« Tu veux me tuer ou quoi ? »), il faut lui expliquer la réalité du danger et l’inviter à la responsabilité.
« Donner des limites, ce n’est pas engueuler son enfant. C’est inspirer le sens d’une limite. Nous avons besoin de sens comme de pain. »
Les 5 mécanismes qui nous « auto-bloquent »
Au-delà de l’éducation, Thomas d’Ansembourg identifie cinq programmations culturelles qui nous empêchent d’être heureux et nous maintiennent dans des schémas de souffrance :
- La culture du malheur : Nous avons intégré l’idée qu’on « n’est pas là pour rigoler ». Cela crée une forme de culpabilité à être heureux, nous poussant parfois à saboter nos propres moments de joie.
- L’addiction à l’affrontement (Gourdin ou Grotte) : Dès qu’il y a désaccord, nous avons deux réflexes archaïques : agresser l’autre pour avoir raison (le gourdin) ou fuir et bouder (la grotte). Nous avons perdu l’habitude de nous asseoir pour écouter vraiment.
- La méfiance envers le changement : Nous sommes éduqués pour rester dans les rails. L’imprévu et la nouveauté génèrent de l’insécurité, alors que la vie est par essence mouvement et évolution.
- La culture de la séparation : Nous pensons de manière binaire (c’est soit toi, soit moi ; soit ma sécurité, soit ma liberté). Cette pensée divise au lieu de relier et nous coupe de notre appartenance à la nature et au collectif.
- La lutte contre le temps : Nous courons en permanence, prenant notre agitation pour de l’intensité. Ralentir est devenu une nécessité vitale pour redonner du goût et de la densité à notre existence.


Couple et relations : l’art de durer
La vie de couple est un terrain d’exercice idéal pour la CNV. Beaucoup de relations échouent car elles sont basées sur des non-dits ou sur l’illusion de la phase amoureuse. Thomas d’Ansembourg, qui a vécu un « célibat défensif » jusqu’à la quarantaine par peur de l’engagement, insiste sur l’importance de se connaître soi-même avant de chercher à combler un vide avec l’autre.
Pour qu’un couple dure, il ne suffit pas d’être amoureux. Il faut de l’estime, de l’admiration mutuelle et, surtout, la capacité de traiter les désaccords sans violence. Les disputes autour de l’argent ou de l’éducation viennent souvent du fait que les valeurs fondamentales n’ont pas été discutées en amont, aveuglés par les « lunettes roses » des débuts.
Le bonheur n’est pas nécessairement confortable
Être heureux demande du courage. C’est accepter de traverser des zones d’inconfort : oser dire non, oser poser des limites, oser changer de métier ou quitter une relation toxique. Le bonheur n’est pas une suite ininterrompue de plaisirs, mais un état de paix intérieure qui se cultive, même à travers les épreuves et les deuils.
En fin de compte, l’enjeu est de quitter la surface agitée de nos vies pour descendre dans notre « courant de fond », ce fil rouge intérieur qui donne sens à notre existence. C’est en se connectant à cette part authentique de nous-mêmes que nous pouvons espérer rencontrer véritablement les autres.
Source : LEGEND































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