Avez-vous déjà remarqué à quel point l’industrie hollywoodienne semble terrifiée par Christopher Walken ? L’acteur est une véritable énigme vivante. Il n’a jamais possédé de téléphone portable, n’a jamais envoyé d’e-mail et ne porte pas de montre. À 16 ans, il domptait des lions dans un cirque. Il a passé plusieurs années à vénérer la lune. Aujourd’hui, l’histoire de sa vie est devenue un genre littéraire à part entière, fait de légendes sombres, de comportements inexplicables et de mystères non résolus.
Son aura est si intimidante que même les plus grandes stars d’Hollywood perdent leurs moyens face à lui. Mel Gibson en a fait l’expérience troublante lors d’une rencontre sur le toit de l’hôtel Peninsula. Walken s’est approché de lui en glissant sur le sol, telle une créature issue d’un vieux film de vampires. Il s’est assis et a immédiatement orienté la conversation sur les méthodes de torture du Moyen Âge. Alors que Gibson tentait de citer les pires atrocités qu’il avait lues, Walken s’amusait à surenchérir, rendant l’atmosphère si glaciale que l’assistant de Gibson a dû fuir la pièce. En se retournant pour échapper au regard fixe de Walken, Gibson a aperçu un immense triple 6 rouge illuminé sur un bâtiment voisin. Sa conclusion fut immédiate : Christopher Walken était l’Antéchrist.
Un héritage criminel et des débuts atypiques
La façon de communiquer de Walken, souvent abrupte et menaçante, prend tout son sens quand on se penche sur ses origines. Son véritable grand-père, Joseph Egan, était un criminel de carrière. Arrêté en 1883, il a purgé une peine de cinq ans à Pentonville, une prison du nord de Londres tristement célèbre pour ses politiques de confinement solitaire. Après des mois dans une cellule minuscule et des années de travaux forcés, Egan a été libéré et a eu une fille, Rosalie Russell, qui a émigré à New York. C’est là qu’est né Ronald Walken.
Évoluant dans un environnement où l’anglais était souvent mal maîtrisé, Walken a toujours considéré cette langue presque comme une langue seconde. Mais cela ne l’a pas empêché d’être jeté très tôt sous les projecteurs. Dès l’âge de 5 ans, il sert de « meuble » dans les émissions de télévision en direct de New York. À 10 ans, il donne la réplique à Dean Martin et Jerry Lewis. À l’adolescence, fasciné par Elvis Presley, il adopte sa coupe de cheveux emblématique, une influence capillaire qui ne le quittera jamais vraiment.
Ses talents se développent d’abord par la danse, sous l’égide de la star du burlesque Gypsy Rose Lee. Il danse avec Liza Minnelli, écume les boîtes de nuit, boit de la vodka à outrance et adopte définitivement le prénom « Christopher » sur les conseils d’une meneuse de revue. Pourtant, derrière le danseur talentueux se cache un acteur qui peine à trouver ses marques. Il massacre les rôles de Hamlet et Roméo en s’adressant directement au public. C’est en travaillant comme concierge à l’Actors Studio de New York qu’il a une révélation grâce au professeur Lee Strasberg : la véritable concentration n’est pas de s’isoler, mais d’avoir une vision à 360 degrés et de ne rater aucun détail de son environnement.
Dès 1969, lors du tournage de son premier film, un acteur plus âgé l’avertit mystérieusement : « Chris, sois prudent. » Une phrase qui le hantera quotidiennement, surtout face à la face sombre d’Hollywood.
Expérimentations extrêmes et rôles macabres
Les années 70 sont une période d’expérimentation intense. Walken devient un fanatique religieux vouant un culte à la lune. Lors du tournage de Voyage au bout de l’enfer en Thaïlande, il consomme de l’opium coupé aux excréments de buffle d’eau, ce qui le rend gravement malade. Il continue d’expérimenter le LSD jusqu’à la fin des années 80 avant d’arrêter définitivement les drogues dures. Son intensité naturelle le pousse vers des rôles sombres : le Cavalier sans tête dans Sleepy Hollow, l’Archange Gabriel dans The Prophecy, ou encore un mafieux dans True Romance. Pour lui, il existe une connexion directe entre le rire et la peur, une équation qu’il applique autant à l’écran que dans la vraie vie.
La mort de Natalie Wood : une vérité étouffée
L’événement le plus terrifiant et le plus controversé de la vie de Christopher Walken s’est déroulé le 28 novembre 1981. Ce soir-là, il rejoint l’acteur Robert Wagner et sa femme, l’actrice Natalie Wood, à bord de leur yacht, le Splendour. Le seul autre passager est le capitaine du bateau, Dennis Davern.
La tension est palpable. Robert Wagner est rongé par une jalousie maladive à l’égard de Walken, qui vient de tourner avec Natalie Wood. Après un dîner très arrosé au restaurant Harbor Reef, le groupe retourne sur le bateau. La situation dégénère. Wagner, fou de rage, explose une bouteille de vin sur la table basse juste devant Natalie et Christopher en hurlant. Natalie, dévastée, se réfugie dans sa cabine. Wagner la suit. Leurs hurlements résonnent sur le pont, puis le silence total s’installe.
Le capitaine Davern découvre alors Wagner seul à l’arrière du bateau, annonçant que Natalie a disparu, tout comme le canot de sauvetage. Sachant que l’actrice était terrifiée par l’eau et incapable de manœuvrer le canot seule, le capitaine propose d’allumer les projecteurs et d’appeler les secours. La réponse de Wagner est glaçante : interdiction d’allumer les lumières, interdiction d’appeler le restaurant. Ils attendront 90 longues minutes avant de donner l’alerte.
Le corps de Natalie Wood est retrouvé des heures plus tard, flottant face contre l’eau. Si l’affaire est d’abord classée comme noyade accidentelle, le rapport d’autopsie révèle une vérité macabre : le corps de l’actrice est couvert d’ecchymoses récentes sur les bras, les poignets, les cuisses, les genoux et le visage. Ces blessures brutales ont été infligées avant qu’elle ne tombe à l’eau. Le capitaine Davern est catégorique : Robert Wagner a violemment agressé sa femme, l’a assommée et l’a jetée à la mer. Wagner est un meurtrier.
Et que fait Christopher Walken face à ce meurtre maquillé ? Il affirme qu’il dormait. Il se mure dans un silence absolu. Lors d’une rare interview sur le sujet, avec un sourire en coin qui glace le sang, il déclare simplement : « La véritable histoire de sa mort est qu’elle s’est noyée. Et personne ne sait comment elle s’est noyée ou ce qui s’est passé, à part elle. Il n’y a pas de vraie histoire. Personne ne devrait savoir. »
Ce silence complice pose une question terrifiante : Walken protège-t-il un secret par loyauté, ou l’avertissement qu’il a reçu à ses débuts sur la dangerosité d’Hollywood l’oblige-t-il à se taire pour survivre ?
Un comportement dérangeant sur les plateaux de tournage
L’étrangeté de Walken ne s’arrête pas à ce drame. Il a un penchant morbide pour l’observation des criminels, allant jusqu’à assister au procès du meurtrier Jack Henry Abbott juste pour « regarder le gars ». Ses collègues acteurs rapportent des interactions profondément malaisantes.
Matthew Broderick se souvient d’une phrase prononcée par Walken sur un tournage :
« Tu sais, la grande chose dans cette ville, c’est qu’ils ont des jeunes filles et qu’on peut leur faire du mal. »
Jay Mohr raconte comment Walken s’est approché de lui de manière menaçante en fixant son chien rottweiler à la queue coupée. Walken a exigé de savoir où était passée la queue, avant de s’approcher très près du visage de Mohr pour lui murmurer à quel point ce serait génial que les humains aient des queues pour montrer leur agressivité. Plus tard, alors que Mohr devait pleurer dans une scène dramatique, Walken l’a interrompu pour lui demander le nom de l’actrice Fran Drescher, ajoutant vulgairement qu’il aimerait bien coucher avec elle.
Titus Welliver rapporte une autre confidence troublante où Walken définissait sa vision du succès :
« Vous savez ce qu’est la célébrité ? La célébrité, c’est savoir qu’on peut entrer dans une pièce et prendre n’importe qui par-derrière. C’est ça la célébrité. »
Walken prend également un malin plaisir à manipuler psychologiquement ses partenaires. Il a fait croire à Seann William Scott qu’il cherchait un hammam rempli de « jolis hommes », avant de l’inviter quelques semaines plus tard à un concert des Rolling Stones à une date où le groupe ne jouait même pas, juste pour le plaisir de lui faire un clin d’œil et de s’éloigner sans explication.
Christopher Walken est un homme qui avoue n’avoir aucune idée de ce que pensent les autres humains. Les gens sont pour lui un mystère total. Drôle, effrayant et profondément étrange, il assume pleinement le fait que, quel que soit le personnage qu’il incarne à l’écran, c’est toujours lui-même qu’il joue. Et c’est précisément pour cela qu’il terrifie autant.
Source : ECHO tv
























































