Malgré des critiques particulièrement sévères lors de sa sortie et un score modeste de 31 % sur les plateformes de notation, le film HIM ne doit pas être réduit à un simple échec de mise en scène. Si le grand public et la critique ont pointé du doigt un rythme décousu et une fin abrupte, cette œuvre recèle en réalité un message codé d’une rare intensité. À la manière d’un Eyes Wide Shut contemporain appliqué au monde du sport de haut niveau, le long-métrage soulève le voile sur les coulisses de la gloire, de la NFL (la ligue américaine de football américain) et de l’industrie du divertissement, en posant une question fondamentale : pour devenir le meilleur de tous les temps, quel prix êtes-vous prêt à sacrifier ?
Une mise en scène du pacte d’initiation
L’intrigue suit Cameron, un jeune prodige du football américain dont le père, un ancien militaire, a façonné l’enfance dans l’unique but d’en faire le prochain « GOAT » (le plus grand de tous les temps). Alors qu’il s’apprête à passer les sélections professionnelles, un individu masqué d’une tête de bouc l’agresse violemment à l’arrière du crâne, lui causant une commotion cérébrale qui l’empêche de participer aux tests officiels. C’est alors que son agent, Tom, lui propose une opportunité sur mesure : rejoindre l’équipe des Saviors, où évolue son idole absolue, Isaiah White.
Pour intégrer l’équipe, Cameron doit passer une semaine d’entraînement intensif dans le complexe ultra-sécurisé d’Isaiah. Très vite, l’expérience bascule dans une dimension dérangeante. Cameron découvre qu’Isaiah prélève régulièrement son propre sang pour le conserver, affirmant vouloir stocker son énergie à son apogée. Sans son consentement immédiat, une injection de ce sang lui est administrée. Dès lors, les séances d’entraînement prennent une tournure psychologique et violente, marquées par des épreuves de soumission et la présence d’Elsie, l’épouse d’Isaiah, qui joue le rôle d’intermédiaire séductrice pour attirer la recrue dans les cercles fermés des dirigeants.
L’alchimie, le Grand Œuvre et le culte du bouc
Le film ne traite pas simplement de sport professionnel, mais de la mécanique occulte qui régit la fabrication des superstars. Plusieurs éléments visuels et narratifs confirment cette grille de lecture :
- Le Grand Œuvre alchimique : L’entraînement s’étend sur sept jours, correspondant aux sept étapes du Grand Œuvre en alchimie, une discipline ésotérique visant la transmutation de l’homme ordinaire en divinité. Le symbole même du Grand Œuvre (un cercle contenant un carré, un triangle et un cercle extérieur) apparaît distinctement sous le bain de glace de Cameron et gravé sur les portes du domaine.
- La transmission du fluide : Dans cette structure secrète, le statut de « GOAT » ne s’acquiert pas par le seul mérite sportif. Il s’agit d’une lignée spirituelle maintenue par des transfusions sanguines successives entre générations d’athlètes, conférant des aptitudes surhumaines par possession.
- Le pavé mosaïque maçonnique : Lors de ses déplacements vers les réceptions privées et après l’affrontement final, Cameron évolue sur un sol en damier noir et blanc, symbole omniprésent dans les loges maçonniques.
- Le rituel de mort et renaissance : Pour succéder à l’idole, l’initié doit éliminer physiquement son prédécesseur. En tuant Isaiah, Cameron accomplit la mort de son ancien être pour renaître couvert de sang sur le damier rituel.
La tentation du désert et le refus du contrat
Au cours du séjour, une scène centrale illustre l’épreuve morale de l’athlète : emmené dans le désert par Isaiah pour une séance de tir, Cameron se voit offrir la réalisation de tous ses désirs matériels s’il accepte de se plier aux volontés de son mentor. En refusant ce cadeau facile, Cameron réitère le choix de préserver son intégrité, faisant directement écho aux récits traditionnels où l’homme refuse de céder son âme en échange de la domination terrestre.
Lors du dénouement, après avoir neutralisé Isaiah dans la salle de projection, Cameron débouche sur le terrain où l’attendent les propriétaires de la franchise américaine et son agent. Ils lui présentent son contrat officiel de la NFL au centre d’un pentagramme, lui révélant que l’agression initiale et le décès de son père faisaient partie d’un plan orchestré de longue date pour le contraindre à signer. Face aux menaces directes visant ses proches, Cameron choisit la rébellion totale : il élimine les propriétaires du club, refusant d’abandonner son âme, tandis que l’entité démoniaque censée le posséder finit par emporter son agent.
Le sport moderne comme arène rituelle
Le football américain moderne trouve ses racines historiques dans les travaux de figures affiliées à des sociétés secrètes universitaires, à l’image de Walter Camp, issu de la société Skull and Bones à l’université Yale. Le film met en lumière la façon dont les grandes compétitions sportives opèrent comme les jeux de cirque de l’Antiquité, transformant les joueurs en gladiateurs modernes destinés à captiver et détourner l’attention des masses.
L’accueil glacial réservé au film par la critique et son montage particulièrement abrupt soulèvent la question d’une vérité trop crue exposée au grand jour. En dévoilant sans détour le tribut occulte exigé pour atteindre le sommet de la gloire, HIM montre que l’accession au statut d’icône mondiale repose sur des compromis que peu sont capables de refuser.
Source : The Truth IS





























































