Idriss Aberkane a livré une charge d’une rare virulence contre l’Union européenne, ses dirigeants et Jean-Noël Barrot, à propos du traitement infligé à Jacques Baud, ancien officier du renseignement suisse placé sous sanctions européennes. Entre violation des droits humains, lâchage de la Suisse, maccarthysme bruxellois et humiliation de la diplomatie française, le tableau dressé ne laisse aucune place à l’ambiguïté.
L’affaire Jacques Baud : sanctions, amateurisme et droits bafoués
Au cœur de la polémique se trouve le colonel Jacques Baud. Selon Idriss Aberkane, c’est Jean-Noël Barrot qui se trouve derrière les manœuvres visant cet ancien serviteur de l’État suisse. Et ce qu’il décrit relève d’un amateurisme violent à plusieurs niveaux.
D’abord, les sanctions violent un droit humain élémentaire : celui de rentrer dans son propre pays. Jacques Baud ne le peut plus. Ensuite, l’intéressé lui-même n’avait pas anticipé qu’il vivait en Belgique une situation où ses droits seraient ainsi piétinés, ce qui, pour Aberkane, confirme l’incompétence de ceux qui ont orchestré l’opération. Enfin, et c’est le plus grave : la Suisse n’a rien fait.
Le message envoyé depuis Berne à tous les agents des services de renseignement suisses à l’étranger est limpide : on vous lâchera. Si un homme qui a servi son pays pendant quarante ans, y compris en Afghanistan, peut être abandonné, humilié et diffamé dans toute l’Europe par un diplomate français sans que la Confédération ne bouge, alors les services étrangers n’auront aucun mal à retourner des agents. La Russie, qui considère déjà la Suisse comme un État hostile malgré sa neutralité affichée, s’en régale. Jamais les Russes, souligne Aberkane, n’auraient laissé l’un de leurs héros du renseignement se faire « marave » par un clown.
Honte à vous, les services suisses, pour avoir laissé un de vos frères d’armes se faire marcher dessus par quelqu’un d’aussi insignifiant que Jean-Noël Barrot.
Aberkane s’adresse directement aux services suisses, qu’il sait le surveiller depuis sa vidéo en sitting à Berne il y a six ans : depuis 1848 et la naissance de la Confédération, laisser ainsi déglinguer l’un de ses agents les plus héroïques est une honte. Jacques Baud est leur frère ; ils n’ont pas à recevoir d’ordres de gens comme Jean-Noël Barrot.
Aberkane aussi dans le viseur
Idriss Aberkane révèle qu’il figurait lui aussi sur la liste, aux côtés de Xavier Moreau et de Jacques Baud. Mais sa double nationalité franco-algérienne a changé la donne : viser un profil susceptible de faire réagir la diaspora algérienne risquait de « chier des bulles ». Ils ont donc choisi une autre méthode : le pilori en Suisse, où Aberkane enquête depuis 2019 sur des réseaux pédocriminels et s’est déjà fait des ennemis sur place. La manœuvre s’est retournée contre eux. Derrière Jean-Noël Barrot, franco-suisse, ce sont des réseaux qui humilient à la fois la France et la Suisse.
Des sanctions sans juge, fondées sur le soupçon
Jacques Baud est sous sanctions européennes depuis le 15 décembre 2025. Ces mesures s’inscrivent dans les règlements adoptés depuis 2022 contre la Russie, jusqu’au 18e paquet de juillet 2025. Après les militaires, les oligarques et les financiers, le champ s’est élargi aux « relais d’influence ». Demain, ce sont les petits influenceurs et les créateurs de contenus YouTube qui pourront y passer, surtout à l’approche des élections de 2027 et au vu de ce que Viginum a déjà désigné comme ennemis de la nation ou acteurs d’ingérence potentiels.
L’accusation est floue mais lourde : soutien présumé aux actions de la Fédération de Russie par la manipulation de l’information et la propagande. Aucune preuve matérielle n’est publiée. Aucun élément précis n’est débattu contradictoirement. Le Conseil de l’UE transforme une appréciation politique en sanction juridique. Ce ne sont que des opinions, une idéologie : la Russie est l’ennemi, tout ce qui contredit le narratif officiel devient propagande, et quiconque s’en écarte devient ennemi de l’Union européenne.
Dans un État de droit, une sanction suppose des faits établis, une qualification juridique claire, un droit de défense effectif et le contrôle d’un juge. Ici, tout repose sur le soupçon d’influence et sur l’idée que certaines analyses, parce qu’elles ne coïncident pas avec la ligne officielle, constitueraient en elles-mêmes une menace. La Cour de justice de l’Union européenne a pourtant rappelé avec constance qu’une sanction doit être motivée de manière individualisée, proportionnée et fondée sur des éléments précis. Dans de nombreuses affaires récentes concernant des ressortissants russes, la CJUE a annulé des sanctions pour erreur manifeste d’appréciation, insuffisance de motivation ou absence de lien démontré avec l’objectif poursuivi. Pourquoi ce qui vaut pour un oligarque ne vaudrait-il pas pour Jacques Baud, Xavier Moreau et tant d’autres sanctionnés pour avoir eu la « mauvaise opinion » ?
Sur le plan concret, Baud a obtenu le 10 février 2026 une dérogation bancaire humanitaire en Belgique pour ses besoins essentiels. Un ex-agent suisse du renseignement, traité en relais de propagande russe après quarante ans de service, n’a accès qu’au minimum syndical pour survivre. La situation est absurde et revelatrice.
Le maccarthysme européen… et suisse
Pour Idriss Aberkane comme pour l’animateur de La Pilule Rouge, l’Union européenne a basculé dans le maccarthysme. Plus grave encore : des États non membres et censés être neutres, comme la Suisse, ont basculé eux aussi. Jamais la Russie de Poutine, depuis 1999, n’aurait balancé et trahi l’un de ses agents de cette façon. Il faudra des décennies au service suisse pour se relever de ce lâchage — et pas seulement à lui, car Xavier Moreau, Saint-Cyrien, est également dans le collimateur.
La Suisse ne fait pas officiellement partie de l’UE, mais les agendas, les lois passées en catimini et les normes imposées à la population donnent le sentiment d’une appartenance de fait. Pour l’auteur de la vidéo, l’Union européenne elle-même n’est rien d’autre qu’une expansion non guerrière de l’Allemagne, poursuivie là où 1945 était censé y mettre un terme. Contrôle des 27 États membres, soumission de la France, projets d’élargissement jusqu’à 36 pays : le mouvement continue, sans tirer un coup de canon à l’intérieur de l’Union — tout en finançant la guerre ailleurs, en ouvrant les vannes migratoires et en laissant prospérer la corruption.
Quand Aberkane pulvérise Jean-Noël Barrot
Le moment le plus savoureux de l’échange arrive lorsque la conversation se concentre sur Jean-Noël Barrot en personne. Xavier Moreau vient d’être élu conseiller représentant des Français de l’étranger établis en Russie et en Biélorussie. Pour Aberkane, c’est un gigantesque camouflet adressé à ceux qui le persécutent — et en particulier à l’inénarrable Jean-Noël Barrot, qui ne gagne jamais une élection de sa vie.
La différence est désormais nette : Xavier Moreau est un élu de la République ; Jean-Noël Barrot ne l’est pas et ne le sera probablement jamais. Barrot, franco-suisse, est décrit comme une humiliation vivante pour la France. Ceux qui l’ont placé au Quai d’Orsay savaient ce qu’ils faisaient : un rituel de dégradation, un rituel sado-masochiste destiné à montrer à quel point Marianne est devenue docile. La diplomatie française a été, pendant deux siècles, la langue de la diplomatie — celle de Louis XIV, de François Ier, de Napoléon, de la IIIe République sous Poincaré. Et l’on met Jean-Noël Barrot au Quai d’Orsay. Si Barrot n’est pas complètement débile, il le sait au fond de lui, et il sait qu’un homme comme Xavier Moreau aurait bien plus de neurones à revendre dans cette fonction.
Xavier Moreau, persécuté par Jean-Noël Barrot, est un élu de la République. Jean-Noël Barrot n’est pas et ne sera probablement jamais un élu de la République.
Le déclin de la diplomatie et de l’image françaises
La France a longtemps incarné la précision de la langue diplomatique : la plupart des grands traités s’écrivaient en français, langue choisie pour sa rigueur. On le parlait jusqu’à Saint-Pétersbourg. C’était le pays des Lumières, un pays scientifique d’où partaient de grandes innovations. Aujourd’hui, selon l’analyse reprise dans la vidéo, on se moque des Français au quotidien, en France comme à l’étranger. Le pays est devenu, aux yeux du monde, une puissance diminuée.
Et l’Union européenne, elle, se torche avec la démocratie, les droits humains et l’État de droit — utiles seulement lorsqu’ils arrangent le narratif officiel. Qui n’y adhère pas devient ennemi de la nation et de l’Union. Dictature du récit imposé, sanctions politiques déguisées en mesures juridiques, lâchage des serviteurs de l’État : le diagnostic d’Idriss Aberkane, relayé sans filtre, dresse le portrait d’institutions en dérive totale.
Source : La Pilule Rouge





























































