Douze ans après la disparition mystérieuse du vol Malaysia Airlines 370 au-dessus du sud de l’océan Indien, les recherches ont officiellement repris. De nouvelles analyses ont permis de restreindre la zone probable du crash, laissant entrevoir la possibilité que cette tentative soit l’ultime effort pour découvrir la vérité. Fin 2025, la société d’exploration marine Ocean Infinity a relancé une mission ciblée, armée de nouvelles données et d’une technologie de pointe.
Une mission à haut risque : « Pas de découverte, pas de paiement »
Le navire principal de l’entreprise, l’Armada 86 05, a atteint la zone de recherche début janvier 2026. Contrairement aux vastes opérations de balayage précédentes, cette mission se concentre sur une zone précise du fond marin, identifiée après des années de recherche et d’analyse de données.
Ce qui distingue particulièrement cette nouvelle tentative, c’est l’accord conclu avec le gouvernement malaisien sur le principe du « no find, no fee » (pas de découverte, pas de paiement). Selon cet accord, le gouvernement ne versera une commission pouvant aller jusqu’à 70 millions de dollars que si l’entreprise retrouve l’épave ou les enregistreurs de vol. Cette clause démontre la confiance absolue d’Ocean Infinity dans ses nouvelles données. Profitant des conditions météorologiques plus clémentes de l’été austral, l’équipe prévoit d’explorer des secteurs qui avaient été manqués ou jugés trop difficiles d’accès lors des précédentes tentatives.
Retour sur la nuit du 8 mars 2014
Le vol MH370 a décollé de Kuala Lumpur à destination de Pékin avec 227 passagers et 12 membres d’équipage. Après 40 minutes de vol tout à fait normal à 10 668 mètres d’altitude (35 000 pieds), le dernier contact radio fut : « Bonne nuit, Malaysian trois sept zéro ».
Quelques secondes plus tard, le transpondeur de l’avion a été coupé délibérément, effaçant l’appareil des écrans du contrôle aérien civil. Cependant, les radars militaires ont révélé une histoire plus sombre : l’avion a effectué un virage serré vers la gauche, traversant la péninsule malaise et contournant la pointe de Sumatra avant de se diriger vers le nord-ouest. Il a disparu des radars militaires à 2h22 du matin.
Bien que silencieux par radio, l’avion a laissé une trace numérique. Une unité de données satellitaires a continué d’envoyer des « pings » automatiques pendant six heures vers un satellite Inmarsat. L’analyse de ces signaux a permis aux scientifiques de déterminer que l’avion avait volé vers le sud jusqu’à épuisement du carburant, finissant sa course le long d’une ligne courbe appelée le 7e arc.
Les indices physiques : ce que les débris nous apprennent
Bien que l’épave principale reste introuvable, des fragments de l’avion ont fini par s’échouer sur des plages lointaines, confirmant que l’appareil s’est abîmé dans l’océan Indien.
- Le flaperon de la Réunion : Découvert en juillet 2015, ce morceau d’aile a été la première preuve formelle. L’analyse des bernacles fixées dessus a révélé que la pièce avait dérivé longtemps dans des eaux froides et profondes avant d’atteindre des courants plus chauds.
- Autres débris : Des fragments ont été retrouvés au Mozambique, en Afrique du Sud, en Tanzanie et à Madagascar, incluant des parties du capot moteur et de l’intérieur de la cabine.
L’état de ces pièces offre des indices cruciaux. L’absence de traces de feu ou d’explosion suggère qu’il n’y a pas eu de détonation en vol. De plus, la manière dont le flaperon a été arraché indique qu’il n’était pas en position d’atterrissage, laissant penser que l’avion a percuté l’eau lors d’un piqué rapide plutôt que lors d’un amerrissage contrôlé.
Pourquoi les recherches précédentes ont-elles échoué ?
Entre 2014 et 2018, plus de 150 millions de dollars ont été dépensés sans succès. Cet échec s’explique par la complexité extrême du terrain. La zone de recherche se situe dans les « quarantièmes rugissants », connus pour leurs vents violents et leurs vagues immenses.
Sous la surface, le fond marin est accidenté, rempli de volcans sous-marins et de fosses profondes allant jusqu’à 7 000 mètres. Les anciennes recherches utilisaient des sonars remorqués par de longs câbles derrière les navires. Si l’avion s’était écrasé derrière une montagne sous-marine, les ondes sonar rebondissaient sur le sommet, laissant la zone arrière dans l’ombre. Il est possible que les navires soient passés juste au-dessus de l’épave sans la voir.
Les nouvelles technologies de 2026
La mission actuelle repose sur deux avancées majeures qui changent la donne :
1. La technologie WSPR (Weak Signal Propagation Reporter)
Il s’agit d’un réseau mondial de signaux radio de faible puissance utilisés par les radioamateurs. Lorsqu’un objet métallique massif comme un Boeing 777 traverse ce maillage d’ondes, il provoque de légères perturbations, comparables à un effet de « fil de détente ». En analysant les archives de ces signaux, des chercheurs ont tracé une trajectoire de vol plus précise, suggérant que l’avion était piloté pour éviter la détection.
Bien que cette méthode soit controversée car non conçue pour le suivi aérien, ses partisans soutiennent que le volume de données provenant de milliers d’émetteurs crée une confirmation statistique difficile à ignorer. Cette technologie ne remplace pas les données satellitaires mais permet de les affiner.
2. La robotique en essaim (Swarm Robotics)
Au lieu d’un sonar unique remorqué, Ocean Infinity déploie une flotte de drones sous-marins autonomes (HAUV). Ces robots ne sont pas reliés au navire par des câbles. Ils plongent profondément, suivent le relief du fond marin de près et peuvent contourner les obstacles pour voir dans les « zones d’ombre » qui aveuglaient les sonars précédents. Équipés d’une intelligence artificielle embarquée, ils peuvent distinguer avec une grande précision un rocher naturel d’un débris artificiel.
L’enjeu final : vérité et clôture
Retrouver l’épave permettrait de récupérer les deux enregistreurs de vol (boîtes noires). Même après 12 ans, la mémoire de ces appareils est probablement intacte. L’enregistreur de données de vol (FDR) révélerait l’état technique de l’avion, tandis que l’enregistreur de voix du cockpit (CVR) pourrait capturer les derniers instants, bien que seuls les deux dernières heures soient conservées.
Pour les familles des victimes, cette recherche dépasse la théorie. Depuis plus d’une décennie, elles vivent sans certitude, sans lieu de recueillement et sans réponse. Retrouver l’épave transformerait une disparition en une tragédie confirmée, permettant enfin au processus de deuil de commencer. Pour l’industrie aéronautique, cela offrirait l’opportunité d’instaurer de nouvelles règles de sécurité pour qu’un tel mystère ne puisse plus jamais se reproduire.
Si l’épave est localisée, des véhicules télécommandés seront déployés pour confirmer visuellement le site avant toute décision de récupération. Si rien n’est trouvé, l’opération prendra fin, laissant le MH370 comme l’un des plus grands mystères de l’histoire de l’aviation.
Source : The Infographics Show































![[Vidéo] 45 moments où Dame Nature s’est déchainée, capturés par caméra](https://cdn-0.buzzpanda.fr/wp-content/uploads/2024/10/45-fois-o-650-360x180.jpg)

























