La question taraude les passionnés du phénomène OVNI depuis des décennies : les gouvernements détiennent-ils des fragments d’engins non identifiés ? Une réponse de la Defense Intelligence Agency (DIA), l’agence de renseignement militaire américaine, semble apporter un élément de réponse stupéfiant. Le chercheur Anthony Bragalia a obtenu, après plus de trois ans d’attente, des documents officiels qui pourraient bien marquer un tournant dans l’histoire de l’ufologie.
Une demande FOIA déposée en 2017
En 2017, le chercheur américain Anthony Bragalia déposait auprès de la DIA une demande au titre du Freedom of Information Act (FOIA), la loi américaine sur la liberté d’accès aux documents administratifs. Sa requête était sans ambiguïté : il réclamait les descriptions physiques, les propriétés et la composition du matériel OVNI/UAP détenu par le gouvernement américain et son entrepreneur, ainsi que tous les « débris physiques récupérés par le personnel du Département de la Défense comme résidus, matériel de tir ou UAP écrasés ou objets volants non identifiés ». Le texte intégral de cette demande peut être consulté ici.
Après de nombreux retards, justifications administratives diverses et même la menace d’une action en justice, la DIA a fini par répondre. Le responsable FOIA Steve Tumiski explique avoir identifié 5 documents totalisant 154 pages correspondant à la demande, dont plus de la moitié n’a pas été publiée, sous couvert des exemptions 3 et 6 (sécurité nationale et confidentialité). La lettre officielle accompagnée d’un premier lot de documents est désormais accessible publiquement.
Un aveu officiel de possession de matériel
L’élément central de cette réponse est sans précédent : la DIA reconnaît disposer de documents portant sur des débris d’OVNI récupérés et leur analyse, dans le cadre de l’AATIP (Advanced Aerospace Threat Identification Program, programme avancé d’identification des menaces aérospatiales). L’agence confirme également qu’un entrepreneur de la défense — Bigelow Aerospace, basé à Las Vegas — a stocké le matériel dans des « installations spécialement modifiées ».
Pour Anthony Bragalia, il s’agit d’une victoire historique : c’est la première fois qu’une agence officielle américaine admet, noir sur blanc, posséder des débris liés aux phénomènes aériens non identifiés. La terminologie a d’ailleurs évolué : on ne parle plus d’OVNI mais d’UAP (Unidentified Aerial Phenomena) dans la nomenclature officielle du Pentagone.
Le lien troublant avec l’affaire Roswell
Parmi les éléments les plus frappants des documents transmis figurent plusieurs pages de « rapports de technologie avancée » consacrés au Nitinol, un alliage à mémoire de forme composé de nickel et de titane. Ses propriétés rappellent étrangement le fameux « métal à mémoire » décrit par plus de 40 témoins lors du crash de Roswell, au Nouveau-Mexique, en 1947 : un matériau métallique capable de retrouver instantanément sa forme initiale après avoir été plié ou froissé.

Selon les recherches publiées sur le site UFO Explorations, le Nitinol pourrait représenter la première tentative humaine de reproduire un matériau de construction d’engin extraterrestre. Les débris de Roswell auraient été acheminés à Wright Field dans l’Ohio, et quelques mois plus tard, un contrat aurait été accordé au Battelle Memorial Institute pour établir les diagrammes de phase nécessaires au mélange de nickel et de titane ultra-pur. Le général Arthur Exon, commandant de la base de Wright Patterson dans les années 1960 et qui avait survolé le site du crash en 1947, déclarait au chercheur Kevin Randle qu’une partie de l’épave testée était constituée de titane « spécialement traité ».
En septembre 1947, deux mois après Roswell, le général George Shulgen de l’Air Intelligence décrivait les « matériaux de construction » des soucoupes volantes comme potentiellement « une construction composite ou sandwich utilisant diverses combinaisons de métal et de plastique ». Une description qui rejoint les caractéristiques modernes des métamatériaux évoqués dans les documents de la DIA.
Des propriétés extraordinaires
Les documents complémentaires fournis par l’agence évoquent des propriétés qui défient les capacités des matériaux connus. Plusieurs catégories de matériaux étudiés sont décrites :
- Ralentir, voire arrêter complètement la lumière : ce qui implique la capacité de manipuler la vitesse de la lumière (environ 300 000 km/s, soit 186 000 miles par seconde).
- Induire l’invisibilité en manipulant la réfraction, la réflectivité et l’absorption lumineuse, avec des références à une technologie nommée « MetaMirror » et à des concepts d’« isolation optique » et de « transparence ».
- Comprimer l’énergie électromagnétique, ouvrant la voie à un stockage et un transfert d’informations beaucoup plus rapides et compacts.
- Présenter une « résonance accordable » probablement déterminée lors de la fabrication, technologie liée à la récupération d’énergie ambiante pour alimenter des appareils électroniques.
Le terme métamatériau, relativement récent, désigne tout matériau conçu pour posséder une propriété absente dans la nature. Composés d’assemblages de blocs de sous-longueur d’onde (souvent métalliques), ces matériaux permettent un contrôle extrême de l’énergie lumineuse et autorisent des effets comme la réfraction négative.
D’autres pages traitent des métaux amorphes de nouvelle génération, également appelés « métal liquide » ou « verre métallique ». Ces alliages présentent une structure désordonnée à l’échelle atomique, contrairement aux métaux cristallins ordinaires. Plus solides et plus légers que tout métal existant, ils peuvent être moulés par injection comme du plastique — sans rivets ni coutures, à l’image de la surface lisse de nombreux OVNI rapportés — et ne se corrodent jamais.
L’AATIP et son nom de couverture
Les documents portent une mention révélatrice : le programme AATIP y est désigné sous un nom alternatif, l’AAWSA (Advanced Aerospace Weapons Systems Applications Program). Pour Bragalia, ce double étiquetage relève d’une obscurcissement délibéré : il permet à la DIA de présenter ces études comme relevant d’un programme d’armement militaire avancé, plutôt que d’une enquête sur des menaces venues de l’espace extra-atmosphérique impliquant la récupération de matériel de soucoupe volante.
L’existence de cette étude gouvernementale officielle sur les OVNI avait été révélée par le New York Times en 2017. Elle aurait fonctionné pendant plusieurs années sous différents noms et resterait, selon des sources informées, opérationnelle aujourd’hui.
Bigelow Aerospace : où sont passés les débris ?
Bigelow Aerospace, LLC, fondée en 1999, est la création de Robert Bigelow, milliardaire de l’industrie hôtelière passionné par l’extraterrestre, les autres dimensions et le paranormal. L’homme s’est associé à des personnalités comme le sénateur Harry Reid ou l’ex-rock star Tom DeLonge. Il a également été lié au célèbre Skinwalker Ranch dans l’Utah et au défunt National Institute for Discovery Science (NIDS).

Les installations de Bigelow près de Las Vegas — dont un aperçu aérien est visible via ce lien sur le site de l’entreprise — fonctionnent dans le plus grand secret. Presque toutes les fenêtres sont obstruées et l’accès est extrêmement contrôlé : pièce d’identité officielle exigée, téléphones, appareils photo, clés USB et ordinateurs portables interdits sans autorisation explicite.
Le contrat passé avec le Pentagone visait précisément à construire des « installations spécialement modifiées » capables d’abriter et de tester ces matériaux. Mais en mars 2020, coup de tonnerre : Bigelow Aerospace a discrètement licencié la quasi-totalité de ses 85 employés, invoquant « une tempête parfaite de problèmes », dont les effets de la pandémie. Depuis, l’entreprise a cessé ses activités, et la localisation actuelle des débris demeure inconnue. Sont-ils encore chez Bigelow ? Ont-ils été transférés à un autre prestataire ? Sont-ils retournés au Pentagone ? Aucune réponse claire n’a été apportée.
Un mur du silence
Anthony Bragalia raconte avoir tenté de joindre plusieurs anciens responsables. Robert Bigelow, désormais septuagénaire, ne répond plus à ses courriels. Ryan Aslesen, ancien directeur de la sécurité de l’entreprise et ex-membre du Corps des Marines, contacté via LinkedIn et par e-mail, n’a pas répondu non plus. Quant à Jon Field, ancien avocat général de Bigelow Aerospace désormais en pratique privée à Las Vegas, il a refusé catégoriquement de commenter, répétant simplement : « Je ne peux pas faire de commentaires là-dessus. » Lorsque Bragalia lui a demandé qui assurait la dissolution juridique de la société, Field a affirmé n’en avoir aucune idée — réponse que le chercheur juge difficilement crédible.
Des documents incomplets et des questions ouvertes
Si la reconnaissance officielle constitue un événement, les documents transmis restent largement insuffisants. Aucune description physique précise du matériel, aucune information sur son origine, aucun nom de scientifique impliqué. Plus troublant encore : certains rapports cités, comme « Métamatériaux pour les applications aérospatiales » ou l’article « Lunettes métalliques », avaient déjà été publiés en juin 2020 sur Mysterywire.com, le site lancé par le journaliste d’investigation de Las Vegas George Knapp. Or, ces versions publiques mentionnent les noms des auteurs scientifiques — noms que la DIA a refusé de communiquer à Bragalia pour « raisons de confidentialité ».
Le chercheur entend contester ces exemptions par voie d’appel FOIA, estimant que les motifs invoqués sont trop faibles pour justifier la rétention d’informations aussi historiques. Selon l’article original publié sur UFO Explorations, « il y a des matériaux OVNI qui ont été récupérés », et le public a le droit d’en savoir davantage.
Un contexte de divulgation accélérée
Cette révélation s’inscrit dans un mouvement plus large de libération d’informations. En 2020, les trois vidéos prises par les pilotes de l’US Navy en 2004 et 2014-2015 ont été officiellement déclassifiées par le Pentagone. Plusieurs témoignages d’officiers et de spécialistes radar ont été rendus publics. En France, l’ancien directeur de la DGSE, M. Juillet, a admis dans une interview filmée pour la série OVNIs : les dossiers déclassifiés américains la réalité du phénomène et l’incompréhension des autorités françaises face à celui-ci.
Plus récemment encore, la CIA a libéré une grande quantité de documents, comme le souligne un article de Futura Sciences. Fin décembre 2020, le Congrès américain a exigé du Département de la Défense et des agences de renseignement un rapport complet sur tout ce qu’ils savent concernant les phénomènes aérospatiaux non identifiés. Le ministère britannique de la Défense devrait suivre la même voie. Cette dynamique de divulgation laisse entrevoir une année charnière pour l’ufologie.
Prudence et interrogations
Il convient toutefois de rester prudent. La réponse de la DIA reste ambiguë : elle reconnaît détenir des débris liés aux UAP sans jamais préciser l’origine des matériaux testés. Si certains éléments évoquent un possible lien avec Roswell, comment expliquer qu’il ait fallu plus de soixante-dix ans pour analyser ces matériaux, et qu’il ait fallu confier cette tâche à une entreprise privée ? Les zones d’ombre demeurent considérables, mais une chose est certaine : les lignes bougent, lentement mais sûrement, du côté de la transparence officielle sur le phénomène OVNI.
Source : sciences-faits-histoires.com


























































