Le déploiement rapide des antennes 5G transforme nos paysages urbains et ruraux, promettant une connectivité accrue pour tous. Pourtant, derrière ces avancées technologiques se cachent des conséquences inattendues pour de nombreux propriétaires immobiliers. Des milliers d’entre eux découvrent que l’installation d’une telle antenne à proximité peut entraîner une chute significative de la valeur de leur bien, souvent sans avertissement préalable ni compensation.
Les origines d’une prise de conscience
Ce sujet émerge souvent de manière inattendue, comme pour cet avocat spécialisé en droit public qui s’est intéressé aux antennes 5G lors de la crise sanitaire. À l’époque, il a remis en question les affirmations officielles, soulignant que les conclusions scientifiques peuvent varier selon les financements. Cette méfiance l’a conduit à examiner de près les impacts des ondes et des installations technologiques sur la vie quotidienne.
Un exemple concret illustre ce phénomène : un propriétaire d’une villa luxueuse dans le sud de la France, offrant une vue imprenable sur la Méditerranée, a appris tardivement qu’une antenne 5G serait érigée à seulement 20 mètres de sa propriété. Au-delà de l’altération visuelle, des préoccupations sanitaires pour ses enfants ont surgi, même si les tribunaux se montrent souvent réticents à aborder ces aspects.
Les impacts sur la santé et l’environnement
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) admet son incapacité à évaluer pleinement les effets à court, moyen ou long terme des antennes 5G sur la santé humaine. Cette incertitude alimente les contestations d’associations comme Robin des Toits, qui invoquent le principe de précaution pour s’opposer aux implantations. Elles soulignent que les populations sont constamment exposées à ces ondes, sans garanties absolues d’innocuité.
Malgré ces arguments, la jurisprudence reste peu sensible aux questions de santé publique, comme l’a montré la crise sanitaire récente. Les magistrats évitent souvent de s’engager dans des débats complexes sur ce terrain, préférant se concentrer sur d’autres aspects.
La dévaluation immobilière : un préjudice concret
L’un des effets les plus tangibles concerne la valeur des biens immobiliers. Dans le cas mentionné, la villa achetée pour plus d’un million d’euros a subi une perte estimée à 30 %, soit environ 300 000 euros, due à l’installation de l’antenne. Des experts immobiliers confirment que la proximité immédiate d’une telle structure peut entraîner une dépréciation de 20 à 30 %.
Cette perte résulte de plusieurs facteurs : la méfiance des acheteurs potentiels, les inquiétudes sanitaires persistantes et les nuisances visuelles. Les propriétaires, qui n’ont rien demandé, se retrouvent ainsi lésés dans leur patrimoine sans avoir pu anticiper ou s’opposer à temps.
Les recours possibles pour les voisins concernés
Si une antenne 5G est prévue ou installée à proximité, deux voies principales s’offrent aux propriétaires affectés.
Contestation administrative
La première option consiste à contester l’installation devant le juge administratif. Il s’agit de demander l’annulation de l’autorisation délivrée, en s’appuyant sur des irrégularités urbanistiques, comme le non-respect des règles locales d’urbanisme. Une analyse des documents applicables au secteur est essentielle pour évaluer les chances de succès.
En parallèle, un référé suspension peut être déposé pour obtenir une décision rapide, souvent en une dizaine de jours, afin de bloquer les travaux temporairement. Cette approche permet de gagner du temps et d’ouvrir la porte à des négociations avec l’opérateur téléphonique.
La stratégie recommandée est de contester d’abord pour créer un levier, puis de négocier. Sans pression, les discussions sont inégales. Ainsi, il est possible de proposer un déplacement de l’antenne ou une réduction de sa taille, en priorisant toujours l’intérêt du propriétaire. Des cas ont déjà abouti à des modifications d’implantation ou à des diminutions significatives des dimensions des structures.
Ne rien faire équivaut à accepter l’installation. Contester offre au minimum une opportunité de dialogue, et au mieux une annulation complète.
Demande d’indemnisation
Si la contestation arrive trop tard ou échoue, une seconde voie s’ouvre : la demande d’indemnisation pour trouble anormal de voisinage. Les tribunaux reconnaissent que la dévalorisation d’un bien due à une antenne 5G constitue un tel trouble, justifiant une compensation.
Dans ce scénario, il faut engager la responsabilité de l’opérateur et du propriétaire du terrain où l’antenne est implantée. Une expertise immobilière précise alors le montant de la perte, qui peut atteindre 20 à 30 % de la valeur du bien. Plutôt que d’assumer seul cette dépréciation, le propriétaire peut ainsi obtenir une réparation financière via le tribunal judiciaire.
Une déploiement massif et ses défis
Le projet France 2030 vise à couvrir l’ensemble du territoire en très haut débit, intégrant la 5G comme pilier de cette ambition. Cependant, ce déploiement se fait parfois sans concertation adéquate, ignorant les droits des riverains. Les opérateurs avancent rapidement, mais les propriétaires disposent d’outils juridiques pour se défendre.
En résumé, face à ces installations, l’inaction n’est pas une option. Que ce soit par contestation ou indemnisation, des solutions existent pour protéger son patrimoine. Il suffit de les activer pour contrer les effets économiques néfastes de cette technologie.
Source : David GUYON Avocat – Droit public































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