Dans un paysage économique mondial en pleine mutation, marqué par des tensions géopolitiques et des changements de paradigmes monétaires, l’investisseur Charles Gave livre ses analyses tranchées pour l’année 2026. Entre la fin de l’hégémonie du dollar, l’explosion de la dette occidentale et l’essor inarrêtable de l’Asie, voici une synthèse des convictions de celui qui préside l’Institut des Libertés pour naviguer dans ces eaux troubles.
L’énergie : le véritable nerf de la guerre économique
Pour Charles Gave, l’économie se résume finalement à de l’énergie transformée. Le constat est sans appel : alors que l’Occident souffre d’un sous-investissement chronique dans ses capacités de production énergétique, la Chine creuse l’écart de manière spectaculaire.
L’empire du Milieu a massivement investi dans des technologies de pointe, notamment la transformation du charbon en gaz et le développement de centrales nucléaires au thorium. Le résultat de ces stratégies divergentes se lit dans les coûts de production :
- En Chine, le coût de l’énergie est extrêmement bas (indice 1).
- Aux États-Unis, il reste modéré grâce aux ressources locales (indice 3).
- En Allemagne et en Europe, il explose (indice 6).
Cette disparité confère un avantage compétitif absolu à l’industrie asiatique. Pour l’investisseur, ignorer la variable énergétique revient à ignorer les fondements mêmes de la croissance future.
L’or : l’ultime rempart contre les banques centrales
Fidèle à sa réputation, Charles Gave considère l’or non pas comme un actif spéculatif, mais comme le seul véritable étalon de valeur. Selon lui, l’or ne monte pas ; ce sont les monnaies fiduciaires qui s’effondrent face à lui.
L’achat d’or physique est présenté comme une position « vendeuse » (short) contre les banques centrales. Dans un contexte où les institutions monétaires impriment de l’argent pour financer des dettes d’États insolvables, le métal jaune reste le seul actif qui ne figure au passif de personne. Il évoque même un scénario hypothétique où, pour sauver le dollar et couvrir sa dette extérieure, les États-Unis pourraient revaloriser l’or à des niveaux stratosphériques, potentiellement autour de 18 000 dollars l’once.
La « trappe à dette » et la fin des obligations occidentales
L’analyse de la situation budgétaire française et occidentale est particulièrement sombre. La France est décrite comme étant prise dans une « trappe à dette », une situation de cavalerie financière où l’État emprunte uniquement pour payer les intérêts de sa dette existante.
Dans ce contexte, les marchés obligataires français, anglais et même américains sont jugés « ininvestissables » pour l’épargnant prudent. Le célèbre portefeuille 60/40 (60 % actions, 40 % obligations), qui a fait la fortune des investisseurs pendant quarante ans de désinflation, est désormais obsolète en Occident. Charles Gave recommande de fuir les fonds en euros et les obligations d’État, qu’il qualifie de « certificats de confiscation » future par l’inflation ou le défaut.
Le basculement géopolitique vers l’Asie
L’un des points majeurs soulevés est la fin du monopole du dollar sur le commerce du pétrole et des matières premières. La Russie et la Chine ont mis en place des infrastructures terrestres et des accords monétaires qui contournent les routes maritimes contrôlées par les États-Unis.
Cette émancipation monétaire annonce un boom économique sans précédent en Asie. Charles Gave prédit que Hong Kong deviendra la place financière dominante des quinze prochaines années, remplaçant progressivement Wall Street et la City. C’est dans cette région, où se concentrent l’épargne mondiale, la démographie et la croissance industrielle, que les opportunités se trouvent.
Alerte sur la bulle technologique et l’IA
Si l’intelligence artificielle est une révolution réelle, sa valorisation boursière actuelle inquiète. La capitalisation boursière de Nvidia, atteignant les 5 000 milliards de dollars (soit plus du double de tout le CAC 40), est comparée à la bulle japonaise de 1989. À l’époque, les banques japonaises pesaient 25 % de l’indice mondial avant de s’effondrer.
L’expert anticipe une rotation sectorielle majeure : le passage d’une croissance « schumpétérienne » (innovation technologique pure) à une croissance « ricardienne » (efficacité industrielle et optimisation des ressources). Il conseille donc de privilégier les grandes valeurs industrielles solides (comme Air Liquide ou Schneider Electric) et les banques asiatiques, plutôt que de courir après des valorisations technologiques excessives.
Synthèse : Où placer son argent ?
Pour l’investisseur cherchant à protéger et faire fructifier son patrimoine dans cet environnement complexe, voici les axes privilégiés :
- L’Or : Indispensable tant que les taux réels ne sont pas significativement positifs.
- Actions industrielles : Des entreprises capables de générer du cash-flow et de naviguer dans l’inflation.
- L’Asie : En particulier via la place de Hong Kong ou des obligations de pays émergents bien gérés (Indonésie).
- Cash : À éviter absolument en euros ou en dollars, car soumis à un « débasement » monétaire continu.
« La vie est une maladie sexuellement transmissible et qui se terminera mal. Et donc surtout, n’acceptez pas qu’on porte atteinte à votre liberté et ne vous ennuyez pas. » — Charles Gave
Source : Finary































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