Selon le géopolitologue et essayiste Alexandre Del Valle, l’Occident tel que nous le connaissions n’existe plus. Dans une analyse sans concession, il décrypte les fractures profondes qui divisent désormais les États-Unis et l’Europe. Selon lui, le Vieux Continent est devenu le « dindon de la farce » d’un mondialisme initialement conçu pour servir les intérêts impériaux américains, mais dont Washington cherche aujourd’hui à s’émanciper sous l’impulsion de Donald Trump.
La fin de l’unité occidentale et le virage pragmatique de Trump
Selon Alexandre Del Valle, l’idée d’un « bloc occidental » uni par des valeurs communes est une illusion qui vole en éclats. Le cœur de cette rupture réside dans la doctrine de Donald Trump, souvent mal comprise en Europe. Loin d’être un simple isolationniste, l’ancien président américain pratique une géopolitique transactionnelle et ultra-pragmatique.
À la différence des néoconservateurs ou des démocrates interventionnistes qui cherchent à exporter la démocratie (le « nation building »), Trump se concentre exclusivement sur l’intérêt national américain. Sa stratégie vise à contrôler les ressources critiques :
- l’indépendance énergétique : Trump favorise la production de pétrole et de gaz de schiste pour ne pas dépendre de l’étranger ;
- La guerre des ressources : face à la Chine, qui domine les chaînes d’approvisionnement, les États-Unis cherchent à sécuriser l’accès aux terres rares, au nickel et à l’aluminium.
- L’expansionnisme économique : les velléités d’achat du Groenland ou les pressions exercées sur le Venezuela s’inscrivent dans cette logique de captation des richesses stratégiques.
Le mondialisme et le wokisme : des armes retournées contre l’Europe
L’analyse d’Alexandre Del Valle sur le « soft power » idéologique est particulièrement percutante. Selon lui, le mondialisme et l’idéologie « Woke » (déconstruction des identités, des frontières et des structures traditionnelles) ont initialement été favorisés par l’empire américain afin d’affaiblir les nationalismes rivaux. Un empire a en effet intérêt à avoir face à lui des nations « molles » et fragmentées pour mieux exercer son hégémonie.
« Le mondialisme a été créé pour asservir, aveugler, enfumer les Européens. Les Européens sont les dindons de la farce. »
Le paradoxe actuel est saisissant : alors que les États-Unis, à travers le mouvement MAGA (Make America Great Again), rejettent désormais ce mondialisme destructeur pour revenir à un enracinement civilisationnel, l’Union européenne continue de l’embrasser aveuglément. L’Europe finance et promeut des idéologies qui déconstruisent son histoire et son identité, se montrant « plus royaliste que le roi » alors que le roi (les États-Unis) a changé de doctrine.
L’Europe face au suicide agricole et industriel
Cette divergence d’intérêts se manifeste cruellement dans le domaine économique. L’Union européenne, qualifiée d’entité « vertueuse qui va mourir de sa vertu », continue de respecter scrupuleusement des règles du jeu que les autres grandes puissances ignorent ou contournent.
L’accord du Mercosur est cité comme l’exemple type de cette dérive :
- Concurrence déloyale : L’Europe impose des normes drastiques à ses agriculteurs tout en s’apprêtant à importer massivement des produits sud-américains ne respectant pas ces mêmes standards.
- Risques sanitaires : L’importation de viandes et de produits agricoles traités avec des antibiotiques, des hormones de croissance ou des pesticides interdits en Europe pose un grave problème de santé publique (résistance aux antibiotiques, maladies chroniques).
- Destruction du tissu social : En sacrifiant son agriculture pour favoriser les marges de la grande distribution et des multinationales, l’Europe détruit ses campagnes et l’identité qui y est attachée.
Vers une paix pragmatique en Ukraine ?
Concernant le conflit en Ukraine, Alexandre Del Valle estime que la présidence Trump devrait conduire à un accord de paix ou, à tout le moins, à un cessez-le-feu à l’horizon 2026. La logique reste, là encore, celle des intérêts bien compris :
Trump sait qu’une guerre totale avec la Russie est impossible sans risquer l’apocalypse nucléaire. De plus, il perçoit la Russie non pas comme un ennemi idéologique absolu, mais comme un partenaire potentiel pour des investissements énergétiques et pour contrer la puissance chinoise. L’Europe, qui a coupé ses ponts avec Moscou pour suivre la ligne américaine actuelle, risquerait de se retrouver isolée si Washington décidait soudainement de normaliser ses relations avec le Kremlin.
En somme, l’Europe reste attachée à un droit international et à un multilatéralisme que les grandes puissances (États-Unis, Chine, Russie) sont en train d’enterrer au profit des rapports de force bruts.
Source : NTD France































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