La publication récente de plus de trois millions de documents liés à Jeffrey Epstein par le département de la Justice américain a provoqué une onde de choc. Tucker Carlson a reçu le chercheur indépendant Ian Carroll pour tenter de démêler le vrai du faux dans cette masse considérable d’informations, et notamment pour revenir sur une affaire que beaucoup pensaient enterrée : le Pizzagate.
Un déluge de documents à traiter avec prudence
Tucker Carlson le reconnaît d’emblée : cette publication massive est à la fois fascinante et problématique. On y trouve des courriels, des SMS, des vidéos, des photographies, des déclarations de témoins anonymes ou identifiés, ainsi que des informations provenant de lignes d’appel à témoins. Certaines données semblent crédibles et vérifiables, d’autres paraissent fantaisistes, voire fabriquées. Cette cohabitation entre éléments solides et contenus douteux soulève une question légitime : s’agit-il d’une tentative délibérée de discréditer l’ensemble en mélangeant le vrai et le faux ?
Face à cette complexité, Carlson a choisi de se concentrer sur un fil conducteur précis : les nombreuses références à la pizza dans les échanges d’Epstein, un mot qui a immédiatement ravivé le souvenir du Pizzagate.
Le Pizzagate : retour sur une affaire étouffée
Ian Carroll rappelle le contexte originel. En 2016, WikiLeaks avait publié les courriels de John Podesta, haut responsable des administrations Clinton et Obama. Dans ces échanges, des mentions récurrentes de « pizza », de « soirées pizza » ou encore de « 40 000 dollars de hot-dogs livrés à Washington » avaient interpellé de nombreux internautes. Ces formulations semblaient artificielles, comme si le mot « pizza » servait de nom de code pour autre chose.
Les enquêteurs amateurs avaient également remarqué des liens troublants avec un restaurant de Washington, le Comet Ping Pong, dont le propriétaire était une personnalité très connectée politiquement. Le compte Instagram de l’établissement contenait, selon Carroll, des images extrêmement dérangeantes impliquant des enfants, accompagnées de commentaires inquiétants.
La réponse médiatique avait alors consisté à transformer ces questions légitimes en une caricature grotesque : « Des complotistes prétendent qu’Hillary Clinton dirige personnellement un réseau pédophile satanique depuis le sous-sol d’une pizzeria. » Carroll insiste sur le fait que personne ne formulait les choses ainsi. Les gens posaient simplement des questions sur des éléments étranges et documentés. Puis un homme armé avait pénétré dans le restaurant, tirant un coup de feu qui avait touché, par un hasard étonnant, le disque dur de l’arrière-boutique. L’incident avait servi à verrouiller le récit : le Pizzagate était dangereux, et toute personne s’y intéressant était irresponsable.
Carroll note un détail troublant : cet homme, le tireur du Comet Ping Pong, aurait été abattu par la police en Caroline du Nord peu avant la publication des documents Epstein.
Les références à la pizza dans les fichiers Epstein
Dans le lot de documents récemment publiés, on dénombre environ 850 références au mot « pizza ». Certaines sont probablement innocentes. Mais d’autres résistent à toute interprétation littérale. Tucker Carlson s’arrête longuement sur un échange de SMS entre Epstein et un urologue nommé Harry Fish, qui lui prescrivait apparemment des médicaments contre la dysfonction érectile. Après avoir réglé la question de l’ordonnance, le médecin écrit : « Lave-toi les mains et allons prendre une pizza avec du soda au raisin. Appelle-moi. »
Carlson souligne l’incongruité de la situation : deux hommes obsédés par leur santé, dont l’un se faisait faire des transfusions sanguines pour prolonger sa vie, qui se donnent rendez-vous pour de la pizza et du soda au raisin juste après la prise d’un stimulant sexuel. D’autres courriels contiennent des formulations tout aussi étranges, comme celui-ci : « C’est mieux qu’un fortune cookie chinois. Allons prendre de la pizza et du soda au raisin. Personne ne peut comprendre. »
Un autre échange mentionne « Red Hook » comme lieu d’un « repas pizza ». Or, Red Hook est précisément l’adresse où sont domiciliées les entreprises d’Epstein aux Îles Vierges, sur la marina d’où partaient les bateaux vers son île privée.
La question des rituels et des abus
Tucker Carlson aborde frontalement un sujet que beaucoup préfèrent éviter : l’existence possible de rituels à caractère sexuel impliquant des enfants parmi les élites. Ian Carroll reconnaît que c’est tellement sombre que la plupart des gens ordinaires ne peuvent tout simplement pas concevoir un tel niveau de dépravation. Mais il affirme que les preuves s’accumulent depuis des années dans le cadre d’enquêtes restées marginales, non pas parce qu’elles manquaient de fiabilité, mais parce qu’elles n’obtenaient jamais de couverture médiatique significative.
Les documents contiennent selon lui un spectre allant de personnes qui fermaient les yeux, à des complices directs, jusqu’à des individus qu’il qualifie de « véritablement démoniaques ». Il met cependant en garde : des images fabriquées circulent également dans les fichiers, comme celle d’une planche à découper avec ce qui semblerait être un pied de bébé, image qu’il estime être un faux.
Une dissimulation gouvernementale massive
L’un des aspects les plus révoltants pour les deux intervenants est l’ampleur de la couverture institutionnelle. Carroll rappelle qu’il est ressorti du procès de Ghislaine Maxwell, par le témoignage sous serment d’agents du FBI, que lors de la première perquisition au domicile d’Epstein, les enquêteurs avaient photographié des classeurs remplis de CD et de disques durs, mais ne les avaient pas emportés car cela dépassait le cadre de leur mandat. Ils avaient ensuite demandé au personnel d’Epstein de leur envoyer le matériel, sans aucune garantie que les preuves n’avaient pas été altérées entre-temps.
Tucker Carlson pointe du doigt deux figures spécifiques. Bill Barr, ancien procureur général républicain dont le père avait lancé la carrière d’Epstein et que ce dernier qualifiait en privé d’« agent de la CIA », aurait couvert le meurtre d’Epstein en détention fédérale en le faisant passer pour un suicide. Mike Pompeo, ancien directeur de la CIA, avait quant à lui orchestré un plan pour assassiner Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, soit précisément l’homme qui avait rendu publics les courriels de Podesta en 2016. Carlson rappelle qu’Assange avait fortement laissé entendre lors d’une interview à la télévision néerlandaise que sa source était Seth Rich, employé du Comité national démocrate retrouvé assassiné dans la rue à Washington lors d’un prétendu vol au cours duquel rien ne lui avait été pris.
Bill Gates, Elon Musk et les autres
Ian Carroll évoque également des personnalités révélées par les fichiers. Bill Gates aurait, selon les courriels, tenté d’administrer secrètement des antibiotiques à sa femme après lui avoir transmis une maladie sexuellement transmissible contractée auprès de prostituées sur les îles d’Epstein. Carroll souligne l’ironie glaçante : c’est cet homme qui a influencé les décisions sanitaires mondiales pendant la pandémie de Covid-19.
Concernant Elon Musk, des courriels montrent qu’il cherchait à organiser des soirées avec Epstein, demandant explicitement une « fête débridée » et précisant qu’il ne souhaitait pas de vacances tranquilles. Musk a depuis répondu publiquement sur X, et Carroll note que ses déclarations ne contredisent pas complètement ce qui apparaît dans les fichiers, même si des zones d’ombre subsistent.
Peter Thiel et Howard Lutnick, actuel secrétaire au Commerce, sont également épinglés. Tous deux avaient minimisé leurs liens avec Epstein, mais les courriels révèlent des relations bien plus étroites que ce qu’ils avaient admis. Lutnick, notamment, avait affirmé ne l’avoir rencontré qu’une seule fois avant de couper tout contact, alors que les documents montrent qu’il avait emmené sa famille sur l’île d’Epstein.
Epstein au cœur de la crise financière mondiale
Carroll révèle un aspect moins connu de l’affaire : l’implication d’Epstein dans la crise financière de 2008. Par l’intermédiaire d’une société nommée Liquid Funding Limited, domiciliée aux Bahamas et partiellement détenue par Bear Stearns, Epstein vendait des CDO (obligations adossées à des créances), les mêmes produits toxiques qui ont provoqué l’effondrement financier mondial. Cette entité, capitalisée à environ 100 millions de dollars, était autorisée à vendre pour 20 milliards de dollars de CDO.
Le détail le plus troublant : juste avant l’effondrement de Bear Stearns, Epstein avait liquidé l’ensemble de ses positions et fermé Liquid Funding Limited. JP Morgan, la banque avec laquelle il travaillait ensuite, avait racheté Bear Stearns pour une fraction de sa valeur. Carroll a documenté cette piste dans une vidéo détaillée sur sa chaîne YouTube, sources à l’appui.
Epstein, blanchisseur d’argent professionnel
Carroll démonte au passage le mythe selon lequel on ignorerait comment Epstein a fait fortune. Après ses débuts dans la gestion de patrimoine chez Bear Stearns, Epstein aurait, pendant ses « années perdues » dans les années 1980, travaillé avec des trafiquants d’armes comme Adnan Khashoggi et Robert Maxwell. Il serait devenu un spécialiste du blanchiment d’argent, utilisant des produits dérivés complexes, des paradis fiscaux et des structures caritatives comme la Fondation Bill et Melinda Gates ou la Clinton Global Initiative.
C’est en tant que blanchisseur qu’il aurait acquis sa position centrale dans tant de réseaux : il orientait des personnalités comme Bill Gates, Sergey Brin, Benjamin Netanyahu ou Larry Summers vers JP Morgan pour des « services bancaires », ce qui, selon Carroll, signifiait en réalité leur donner accès aux circuits financiers parallèles.
Une génération face à l’effondrement de la confiance
La conversation se termine sur une note profondément préoccupante. Ian Carroll, 33 ans, dit appartenir à la « génération du 11 septembre » pour laquelle chaque événement majeur depuis cette date a semblé être une façade. Il exprime sa rage face à sept années d’inaction gouvernementale depuis l’arrestation d’Epstein en 2019, et s’inquiète pour les plus jeunes qui grandissent en acceptant comme normal le fait d’être gouvernés par des individus corrompus.
Tucker Carlson partage cette inquiétude : si les citoyens en viennent à considérer que l’ensemble du système n’est qu’une escroquerie, que reste-t-il des fondements de la démocratie représentative ? Les deux hommes s’accordent sur le fait que cette affaire dépasse largement le clivage partisan. Il ne s’agit ni d’une question démocrate ni républicaine, mais d’une question qui touche à l’intégrité même des institutions américaines.
Comment vérifier par soi-même
Pour ceux qui souhaitent examiner les documents, Carroll recommande de se rendre sur le site justice.gov/epstein et d’utiliser la barre de recherche pour vérifier chaque affirmation vue sur les réseaux sociaux. Il suffit de relever trois à cinq mots consécutifs d’un courriel cité et de les rechercher pour retrouver le document original. Il travaille également au développement d’un outil baptisé « Web », en hommage au journaliste Gary Webb, qui permettra d’interroger l’ensemble des documents grâce à l’intelligence artificielle tout en gardant les sources primaires accessibles.
Enfin, Carroll signale deux pistes de recherche qu’il considère comme prioritaires : la fascination d’Epstein pour la génétique, le clonage et la modification du vivant, ainsi que ses connexions avec Hollywood à travers une femme nommée Peggy Siegal, présentée comme l’une des plus célèbres entremetteuses de l’industrie du divertissement, et qui a été immédiatement mise à l’écart dès que l’affaire a éclaté.
Source : Tucker Carlson
































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