Chaque matin, des centaines d’élèves franchissent les portes de l’école Ilon Saint-Jacques à Namur, en Belgique, sans se douter de ce qui s’y trame une fois la nuit tombée. Lorsque les couloirs se vident et que les portes se verrouillent, le tumulte laisse place à l’inexplicable. Pour la soirée d’Halloween, l’enquêtrice du paranormal Silent Jill a investi cet établissement hôtelier encore en activité aux côtés de son invitée Nina Cataldo (Nina story), du réalisateur Gill et de Nathan, un membre du personnel qui a lui-même été témoin de phénomènes troublants avec plusieurs de ses collègues.
Un ancien couvent bâti sur des ossements
Si cette école qui forme de futurs cuisiniers et chefs de salle dégage une atmosphère aussi lourde, c’est en raison de son histoire séculaire. Certaines de ses fondations remontent au XVIIe siècle, voire au Moyen Âge. Bien avant d’accueillir des salles de classe et des cuisines pédagogiques, ces murs ont abrité un couvent où vivaient des frères et des sœurs, mais aussi un hôpital et un hospice. Dans les années 1700, l’établissement recevait des personnes en fin de vie ainsi que les grands brûlés victimes des incendies du centre de Namur.
Étape liée au pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, le site a par ailleurs été érigé en partie sur d’anciens cimetières. Lors de la construction du restaurant d’application en sous-sol et de l’extension abritant le bar, des ossements ont d’ailleurs été découverts dans la terre.
Coups violents, odeur de cigare et premiers contacts
L’exploration débute au premier étage, un secteur qu’une ancienne employée chargée de fermer les locaux le soir refusait désormais d’inspecter l’hiver après y avoir entendu à maintes reprises des bruits de pas et des voix. Malgré l’absence totale de chauffage, une chaleur étouffante règne dans le bâtiment. À peine l’équipe s’avance-t-elle dans ce couloir qu’un fracas retentit à quelques mètres, comme si un objet venait de chuter. Les poils de Jill se hérissent aussitôt, tandis que Nina et elle ressentent une vive pression au niveau de la nuque et du crâne.
En poursuivant vers deux salles de français décorées de pages de livres, un phénomène olfactif surprend le groupe : une forte odeur de cigare flotte soudainement dans l’air avant de se dissiper quelques minutes plus tard. Dans la classe voisine, alors que Nina évoque la professeure des lieux, deux boîtiers K2 posés sur un banc d’écolier s’illuminent simultanément avec intensité. Au même moment, le stabilisateur neuf de la caméra de Gill se met à vibrer tout seul, comme si une main invisible en bloquait le mécanisme.
Appareils sabotés et distributeur de boissons incontrôlable
Après deux coups sourds entendus au-dessus des cuisines, le quatuor gagne la cour extérieure, juste derrière l’église, là où une ancienne pierre tombale est encore encastrée dans la façade. La Spirit Box (Spirit Voice) livre alors plusieurs mots en lien direct avec le passé du site : « basilique », « blessé », « peintre » — l’église attenante ayant été transformée en galerie d’art — ainsi que le prénom « Georges ».
C’est alors que l’électronique s’affole. Les batteries des caméras que Gill vient tout juste de remplacer se vident instantanément. Au fond de la cour, le distributeur automatique de canettes s’active soudainement tout seul et répète à voix haute : « Faites votre choix », suivi de « La transaction a échoué ». Une vérification immédiate sur l’écran tactile confirme qu’une action physique sur la machine est indispensable pour déclencher ce message vocal.
Ce ne sera pas la seule anomalie électrique de la nuit : le tableau interactif de la salle de français, pourtant mis hors tension par Nathan lors de leur premier passage, sera retrouvé rallumé peu après. Plus troublant encore, le lendemain du tournage, l’équipe découvrira que toutes les séquences des premières heures enregistrées par deux caméras GoPro ont totalement disparu des cartes mémoire, bien que leurs voyants lumineux aient clignoté normalement durant toute l’exploration.
La religieuse du dernier étage libérée par une prière
L’enquête se poursuit dans un couloir des étages supérieurs où, quelques années plus tôt, pendant les vacances de la Toussaint, une caméra de surveillance à détection de mouvement s’était déclenchée dans le bâtiment vide pour filmer le lent passage d’une grosse boule blanche.
Sur place, une entité choisit de communiquer en faisant varier l’intensité de la lampe torche de Jill sur demande. À travers ce code lumineux, l’esprit confirme être une femme, ancienne religieuse du couvent décédée entre ces murs, et manifeste son désir d’être aidée à quitter les lieux. Le groupe se recueille alors et Jill récite une prière de passage d’âme. À la seconde précise où elle prononce le mot « Amen », la Spirit Box laisse échapper une voix claire qui murmure : « Merci ». La lampe cesse aussitôt toute variation, laissant toutefois derrière elle une douleur aiguë sous l’omoplate de Nathan.
Au sous-sol, des âmes prisonnières qui ignorent leur mort
La dernière partie de la nuit mène l’équipe dans le restaurant souterrain aux allures de catacombes, bâti là où les ossements avaient été mis au jour. Dès l’ouverture de la porte, la Spirit Box prononce « Esprit » puis « Eugène », avant d’enchaîner dans la salle une multitude de voix différentes qui lâchent les mots « en terre », « brouillard », « lumière », « couloir », « exterminer », « prieur » ou encore « piège ».
Les balles lumineuses disposées sur les tables s’allument les unes après les autres et une lampe clignote violemment. Pour canaliser ces manifestations multiples, Jill s’enduit la nuque d’eau de Floride, retire ses chaussures pour mieux s’ancrer au sol et saisit ses baguettes de sourcier. Alors qu’elle s’approche d’une balle lumineuse qui ne s’éteint plus, elle sent soudain une main invisible lui saisir une mèche de cheveux.
Nina prend le relais avec les baguettes. Le dialogue qui s’établit révèle que plusieurs entités sont présentes dans cette cave, mais qu’elles n’ont pas conscience d’être décédées. Lorsqu’on leur demande si elles sont bloquées et souhaitent être guidées vers la lumière, les baguettes et les balles lumineuses répondent par l’affirmative. Autour d’une bougie allumée pour symboliser le passage, le groupe récite une ultime prière afin de libérer ces âmes prisonnières de la pierre.
Source : Silent Jill




























































