Un véritable confinement numérique frappe actuellement la toile, lors d’un épisode déjà surnommé « Octobre noir ». Des centaines de millions de sites internet sont menacés par des cyberattaques massives, poussant des gouvernements, des hôpitaux, des banques et de grandes plateformes à travers le monde à mettre leurs portails hors ligne.
PHP2Shell : la faille critique au cœur de la crise
Au centre de ces fermetures en série se trouve PHP, le logiciel qui propulse environ sept sites web sur dix. Deux failles critiques, baptisées PHP2Shell et notées 9,2 sur 10 sur l’échelle de gravité, permettent aux pirates d’infiltrer les systèmes sans mot de passe. Dévoilées le 20 octobre, elles ont fait l’objet de correctifs d’urgence dès le lendemain, mais les assaillants étaient déjà à l’œuvre. D’après le PDG de Cloudflare, les tentatives de piratage sont passées de quelques milliers à plusieurs millions en quelques heures, les hackers modifiant désormais leurs attaques pour contourner ses protections.
Les agences de cybersécurité de plusieurs pays ordonnent aux propriétaires de sites PHP d’appliquer le correctif immédiatement ou de les mettre hors ligne. Environ 2,6 millions de serveurs web utilisent PHP — pouvant chacun héberger des centaines de sites —, dont plus de 1,1 million fonctionnent sous d’anciennes versions privées de mises à jour officielles. CrowdStrike avertit en outre que ces intrusions ne laissent presque aucune trace et qu’un correctif ne supprime pas une porte dérobée déjà installée.
Une avalanche de cyberattaques simultanées
Parallèlement, d’autres brèches majeures surviennent sans lien confirmé avec PHP2Shell :
- Au Japon, Onamae a suspendu toutes ses offres Desktop Cloud après la découverte d’un logiciel malveillant sur des serveurs clients.
- En Inde, huit clés de certificats web d’eMudhra se sont révélées dérisoires (l’une étant simplement le chiffre « 4 »), et la State Bank of India a confirmé la fuite de 3897 dossiers clients sur le dark web.
- Des criminels ont utilisé des agents d’IA pour infiltrer plus de 400 banques latino-américaines.
- Capcom a subi une fuite de 11,7 millions d’adresses e-mail, tandis que GitLab a révélé une faille critique (10/10) remontant à 2014.
- LiteLLM a retiré une version infectée par un malware et Railway a signalé une exposition potentielle de données secrètes.
Alors que les attaques se poursuivent et maintiennent le monde en état d’alerte, le bilan réel pourrait mettre des mois à émerger.
Source : Coin Bureau




























































