La situation politique française traverse une crise profonde, marquée par une déconnexion totale entre une élite dirigeante retranchée et une population qui subit les conséquences de décisions prises à son détriment. L’analyse des événements récents, mise en perspective avec l’histoire longue de la France, révèle la nature véritable de ce bloc central qui gouverne le pays. Loin d’être un rempart démocratique, cette caste s’illustre par une radicalisation autoritaire croissante, prête à tout pour conserver son hégémonie.
L’expulsion de Xenia Fedorova : le symptôme d’un pouvoir aux abois
L’arrêté d’expulsion visant la journaliste russe Xenia Fedorova constitue le point d’orgue d’une cabale orchestrée par un centre politique qui gouverne mal, mais qui sait parfaitement se défendre. Cette décision illustre une synergie redoutable entre le gouvernement, les institutions et les médias dominants. Sous couvert de lutter contre des ingérences étrangères, le pouvoir détourne les moyens de l’État pour régler des comptes politiques et viser indirectement des figures médiatiques dissidentes, à l’image de Vincent Bolloré.
Cette manœuvre met en lumière une lâcheté et une hypocrisie patentes. Le droit européen est constamment invoqué pour empêcher l’expulsion de délinquants ou de criminels, mais il est soudainement ignoré lorsqu’il s’agit de faire taire une voix divergente. Plus grave encore, couper le dialogue avec l’adversaire en temps de crise est une aberration stratégique. Même au plus fort des tensions historiques, les grandes puissances ont toujours maintenu des canaux de communication. En s’attaquant à la liberté de la presse internationale, la France sabote sa propre influence et s’expose à des mesures de rétorsion évidentes contre ses propres réseaux d’information à l’étranger, tels que France 24.
La destruction des institutions de l’intérieur
Pour justifier la censure, le gouvernement accuse ses opposants de « saper la confiance des citoyens envers leurs institutions ». C’est une inversion totale de la réalité. L’effondrement de la confiance dans les institutions françaises est bien antérieur à l’émergence des chaînes d’information alternatives ou à l’arrivée de journalistes étrangers. Ce ne sont pas ceux qui dénoncent les failles du système qui en sont responsables.
Les institutions sont détruites par les hommes et les femmes qui y sont placés. Une civilisation ou un État ne tombe jamais uniquement sous les coups de boutoir extérieurs ; les citadelles sont toujours prises de l’intérieur. La neutralisation systématique des lanceurs d’alerte, de ceux qui sonnent le tocsin, est une vieille tradition d’une caste dirigeante qui préfère briser le thermomètre plutôt que de soigner la fièvre.
La véritable nature de la violence politique en France
Le contresens le plus violent de l’histoire de France consiste à croire que la brutalité politique est l’apanage du peuple. L’épisode de la Terreur, souvent brandi comme l’acmé de la violence populaire, a fait environ 11 000 victimes en quatorze mois. En réalité, la véritable violence historique en France est intrinsèquement bourgeoise. Lorsque la bourgeoisie se sent menacée et décide de frapper, le bilan est tout autre : la répression de la Commune de Paris par Adolphe Thiers a massacré 50 000 ouvriers en seulement sept jours.
Cette violence bourgeoise est une constante. Le bloc central actuel n’est que l’héritier direct du parti bourgeois issu de la Révolution française. La Révolution de 1789 n’était pas, à l’origine, une révolution bourgeoise. Le peuple cherchait à soutenir le souverain pour écraser la féodalité et moderniser le pays. Cependant, la bourgeoisie a confisqué ce mouvement populaire à son profit, avec deux objectifs majeurs : s’accaparer les biens du clergé et maintenir ses propres privilèges, qui faisaient d’elle la classe la plus favorisée depuis le Moyen-Âge.
Dès lors que le peuple a demandé des comptes à cette bourgeoisie triomphante, l’extrême centre est né. Son discours, immuable depuis deux siècles, consiste à nier le vécu des classes populaires et à réécrire l’histoire pour criminaliser toute opposition à son règne.
La hantise des années 30 et la peur de l’interclassisme
La classe dirigeante agite en permanence le spectre des années 30 et la menace du fascisme. Mais ce qui terrifie réellement l’extrême centre dans la matrice des années 30, ce n’est pas le fascisme en soi. C’est l’interclassisme et le non-conformisme. C’est le moment précis où les catégories imposées par le discours dominant volent en éclats, permettant la cristallisation d’un vaste bloc populaire.
Le cauchemar absolu du pouvoir, c’est la convergence entre la force du prolétariat et les cadres de la moyenne bourgeoisie. Historiquement, des mouvements comme le gaullisme originel, qui rassemblait près de 40 % du vote ouvrier tout en attirant des classes moyennes, ont incarné cette synthèse victorieuse. Pour empêcher cette coagulation mortelle pour ses intérêts, l’extrême centre déploie des « préposés aux idées propres », chargés de traquer et de discréditer toute pensée déviante sous l’accusation de complotisme ou de populisme.
Le déclassement de la petite bourgeoisie et l’illusion des récits
Aujourd’hui, une grande partie de la moyenne et petite bourgeoisie subit un déclassement économique massif. Incapable de se loger dans les centres-villes, voyant son niveau de vie s’effondrer, cette classe devrait logiquement s’allier au prolétariat. L’enjeu pour le bloc central est d’empêcher cette jonction à tout prix.
Pour maintenir ces classes moyennes déclassées dans son giron, le pouvoir leur vend des récits compensatoires basés sur le capital culturel et moral : la défense de l’Europe, le soutien à l’Ukraine, ou un antifascisme de façade. On leur offre l’illusion d’appartenir au camp du Bien, les poussant ainsi à voter contre leurs propres intérêts matériels. Des figures politiques de droite comme de gauche servent de flotteurs pour retenir ces électeurs et les empêcher de basculer vers des votes de rupture réelle.
L’Union européenne et « l’État de droit » : les armes de la soumission
L’extrême centre français présente une particularité historique : il ne peut imposer sa domination qu’à l’ombre d’une tutelle étrangère. Contrairement aux bourgeoisies anglaise ou allemande qui assument l’écrasement de leur propre peuple, la bourgeoisie française a besoin d’une force tierce. L’Union européenne et les institutions de Bruxelles jouent aujourd’hui le rôle de cette armée d’occupation permanente, permettant de transformer la France en simple province administrée.
Dans cette logique, le concept d’« État de droit » a été totalement dévoyé. Il ne désigne plus l’état légal garantissant le vivre-ensemble, mais un outil permettant d’inscrire la supériorité morale de la caste dirigeante dans une loi intouchable. L’État de droit est utilisé pour neutraliser la démocratie et la souveraineté populaire, considérées comme dangereuses et ingouvernables. C’est l’officialisation de la confiscation du pouvoir par une élite qui se considère moralement supérieure aux citoyens.
Une crise de régime inéluctable
La France s’enfonce dans une crise politique majeure, répondant parfaitement à la définition léniniste : la classe dominante ne peut plus gouverner comme avant, et le peuple ne peut plus vivre comme avant. Le bloc central fait face à un mur démographique. L’électorat vieillissant qui soutient encore son imaginaire est en voie de disparition, et les générations suivantes, appauvries, ne partagent plus ces illusions.
Face à cette impasse, le pouvoir se radicalise. Le choix d’Emmanuel Macron n’était pas fortuit : la classe dirigeante avait besoin d’un profil prêt à assumer la violence physique contre son propre peuple. L’utilisation décomplexée de la force policière pour mutiler des Gilets Jaunes, réprimer des infirmières, gazer des pompiers ou tabasser des agriculteurs marque une rupture anthropologique. L’hostilité physique et le mépris viscéral que suscitent désormais les représentants de l’État jusque chez les serviteurs de la nation les plus dévoués, comme les sapeurs-pompiers, témoignent d’une fracture qui ne pourra se résoudre par de simples élections.
Source : OMERTA





























































