Xavier Poussard, connu pour son travail d’investigation à travers la publication Faits et Documents, a livré des analyses percutantes sur les mécanismes de création et de contrôle de l’oligarchie française. Ses révélations, qui établissent des liens étroits entre haute fonction publique, banques, renseignement et affaires de mœurs, ont de quoi créer un certain émoi dans les cercles du pouvoir.
La création des oligarques par l’État et les réseaux bancaires
Selon Xavier Poussard, la plupart des grands oligarques français n’ont pas bâti leur fortune uniquement par leur talent entrepreneurial. Ils ont bénéficié de coups de pouce décisifs de l’État et de réseaux d’influence. Il cite notamment le rachat de Boussac par Bernard Arnault, rendu possible grâce à Serge Weinberg, alors proche des Rothschild et membre du cabinet de Laurent Fabius, ainsi que l’intervention de la banque Lazard.
Le cas de Xavier Niel est également évoqué. Son mentor a été condamné pour proxénétisme, tandis que Niel lui-même a évité une telle condamnation. Ce même mentor lui aurait fourni le premier noyau de son groupe. Parallèlement, Niel a été recruté par les services d’interception des renseignements généraux. Xavier Poussard voit dans ces trajectoires une jonction récurrente entre délinquance sexuelle et milieux du renseignement, un schéma qu’il compare à celui observé dans l’affaire Epstein.
Ces oligarques, loin d’être indépendants, vivraient en réalité de la dépense publique et resteraient inféodés au pouvoir politique. Cette dépendance explique selon lui leur contrôle étroit sur la presse.
Un contrôle médiatique verrouillé
Il serait inconcevable, affirme Xavier Poussard, qu’un propriétaire de grand groupe de presse comme Rodolphe Saadé publie une attaque frontale contre Emmanuel Macron dans l’un de ses titres. Un tel geste signifierait que le processus de changement de pouvoir est déjà bien avancé.
Le métier de journaliste a par ailleurs profondément muté. Autrefois perçu comme une aventure, il est désormais formaté par les écoles de journalisme qui produisent, selon lui, des « flics idéologiques ». Beaucoup finissent d’ailleurs comme attachés de presse, la profession ne permettant plus de vivre décemment. Cette uniformité s’est radicalisée malgré l’arrivée des réseaux sociaux. Plus la plateforme X progresse dans l’ouverture, plus les médias traditionnels se crispent, sans réel effet d’Overton.
L’affaire Olivier Duhamel a illustré ces mécanismes. Elle a éclaté notamment parce que Camille Kouchner était alors en couple avec Louis Dreyfus, patron des rédactions du Monde. Une purge partielle a semblé s’opérer dans certains milieux parisiens, avant que le système ne se referme rapidement.
L’affaire Epstein : une progression lente mais réelle
Xavier Poussard salue les avancées, même timides, dans le traitement médiatique de l’affaire Epstein. Longtemps réduite au volet MeToo, elle a progressivement intégré des dimensions plus sensibles, notamment les liens supposés avec le Mossad, puis le concept de « méga-groupe ». Aujourd’hui, même Le Monde mentionne ce niveau dans ses articles sur le parcours de Jeffrey Epstein.
En 2019, Xavier Poussard avait déjà publié dans Faits et Documents une enquête sur l’enclave française des Maxwell dans le Périgord. Il expliquait que la famille, disposant de la nationalité française, y trouvait refuge à chaque fois que des ennuis judiciaires surgissaient, la France n’extradant pas ses ressortissants. En mai 2026, Le Parisien a consacré une double page à ce même sujet, preuve que ces informations finissent parfois par percoler dans les médias mainstream.
Il insiste sur le caractère systémique de cette affaire, qu’il rapproche de ce qu’il nomme « l’affaire Brigitte » en France. Sans affirmer qu’Emmanuel et Brigitte Macron se seraient rendus sur l’île d’Epstein, il soutient que les mêmes réseaux opèrent dans les deux cas.
Les Rothschild au cœur du système
Deux déclarations sont mises en parallèle. Jeffrey Epstein aurait confié à Peter Thiel : « Comme vous le savez, je travaille pour les Rothschild. » De son côté, Emmanuel Macron aurait déclaré en 2012, propos rapportés par Marc Endeweld en 2015 : « David de Rothschild est au courant de mon engagement, je suis sa couverture, je suis son edge. »
Pour Xavier Poussard, ces deux phrases traduisent une réalité simple : Macron et Epstein travailleraient aux mêmes agendas pour les mêmes commanditaires, simplement à des niveaux et sur des terrains différents. La famille Rothschild apparaît comme un point de convergence, d’autant que Brigitte Macron entretient selon lui des relations anciennes avec elle, tout comme Emmanuel Macron y a travaillé.
Le cas Trump et la question du contrôle
Xavier Poussard s’oppose à la thèse selon laquelle Donald Trump serait tenu par des dossiers Epstein, ce qui expliquerait sa politique étrangère. S’il reconnaît que Trump a fréquenté Epstein dans les années 90 en tant que membre de la jet-set, il le présente plutôt comme un lanceur d’alerte dans cette affaire. Plusieurs journalistes, y compris de gauche, seraient arrivés à la même conclusion après enquête : Trump a aidé les avocats des victimes.
Le rôle de Melania Trump est cependant souligné. Présentée à Donald Trump par Jeffrey Epstein lui-même, elle figure dans le fameux livre noir. Des incohérences biographiques autour d’elle alimentent les interrogations. Xavier Poussard suggère plus largement que l’oligarchie repère, forme, finance et place des hommes politiques, en leur adjoignant parfois des compagnes choisies pour mieux les contrôler. Il applique cette grille de lecture à plusieurs dirigeants contemporains.
Une affaire qui dépasse les individus
Au-delà des noms cités, Xavier Poussard insiste sur le caractère structurel du phénomène. Ces réseaux ne se forment pas une fois les individus arrivés au pouvoir : les connexions existent dès le départ. Cette analyse, qu’il assume comme « complotiste », le conduit à affirmer que la purge de ce système sera nécessaire pour espérer un véritable changement.
Ses déclarations soulignent la profondeur des liens entre monde politique, oligarchie médiatique, services de renseignement et certains milieux aux pratiques compromettantes. Des révélations qui, si elles continuent à faire leur chemin, pourraient bien accentuer le malaise au sommet de l’État.
Source : Priscane



























































