Le dossier des corps momifiés découverts dans le désert péruvien connaît un nouveau tournant majeur. Thierry Jamin et les membres de l’Institut Inkari Cusco ont pu examiner directement un nouveau corps complet dans la région de Nazca, baptisé Ch’aska Willakuq, ce qui signifie « la messagère des étoiles » en langue quechua. Doté d’une anatomie tridactyle et d’une remarquable intégrité biologique, ce spécimen apporte des éléments matériels inédits qui enrichissent considérablement ce corpus archéologique hors norme.
Ch’aska Willakuq : une morphologie tridactyle remarquablement préservée
Découvert dans le même contexte géologique que la momie féminine Madrecita, Ch’aska Willakuq se distingue par un niveau de conservation exceptionnel, supérieur à celui de la célèbre momie Maria. Les examens préliminaires révèlent un individu de sexe masculin mesurant environ 1,67 mètre dans son état desséché, ce qui correspond à une taille estimée à près de 1,70 mètre de son vivant. Le corps possède une boîte crânienne allongée dotée d’une capacité volumétrique nettement supérieure à celle d’un Homo sapiens standard, ornée sur le front d’une plaque triangulaire ouvragée en métal doré et d’un second insert métallique latéral.
L’observation détaillée des extrémités confirme l’harmonie anatomique des mains et des pieds, dotés de trois doigts mesurant environ une fois et demie la taille des doigts humains. Les articulations, ligaments et faisceaux musculaires s’insèrent naturellement sans aucun signe de manipulation chirurgicale moderne ou d’assemblage artificiel. L’un des doigts présente l’absence d’une phalange distale, une blessure cicatrisée survenue du vivant de l’être. Les tomographies et passages au scanner confirment également la présence intacte des organes internes, notamment les poumons, le cerveau et les intestins.
La conservation millénaire par la diatomée
L’état spectaculaire des tissus s’explique par l’utilisation de la terre de diatomée, une poudre blanche d’origine marine issue d’algues et de planctons fossilisés, omniprésente dans les strates géologiques côtières du sud du Pérou. Utilisée pour recouvrir les dépouilles, cette substance possède des propriétés desséchantes, insecticides et antiseptiques naturelles qui ont empêché la putréfaction organique sur plusieurs millénaires, à la manière du natron employé durant l’Antiquité égyptienne.
Cette préservation optimale permet aux chercheurs d’observer des empreintes digitales rectilignes et parallèles, spécifiques aux spécimens hybrides du corpus de Nazca et distinctes des motifs tourbillonnaires humains. Des prélèvements ciblés ont été effectués afin de procéder prochainement à des analyses génétiques approfondies et à des datations par le carbone 14.
Katarina : une tête atypique aux caractéristiques surprenantes
Parallèlement à Ch’aska Willakuq, un autre vestige nommé Katarina a fait l’objet d’examens radiologiques et endoscopiques. Il s’agit d’une tête volumineuse de plus de 40 centimètres de longueur, morphologiquement proche des petits spécimens répertoriés sous le groupe des Caudabifurca, tels que Sulka ou Yashak, mais adaptée aux proportions d’un individu mesurant plus de 1,70 mètre.
L’exploration par caméra endoscopique a mis en évidence des structures osseuses internes parfaitement symétriques, ainsi que des globes oculaires directement reliés à la boîte crânienne. La présence d’orifices supérieurs évoquant des attributs amphibies, combinée à un foramen magnum situé sous la base crânienne, suggère une créature bipède au schéma biologique singulier.
Le point sur les collections de l’université d’Ica
Au Pérou, la sauvegarde de ces pièces patrimoniales reste une priorité pour éviter leur dispersion sur le marché noir international. L’Université nationale San Luis Gonzaga d’Ica (UNICA) a récemment aménagé une nouvelle salle d’exposition de plus grande capacité afin d’accueillir une dizaine de corps, parmi lesquels Maria, Wawita, Albert et Montserrat.
Bien que le ministère péruvien de la Culture ait répertorié plusieurs de ces spécimens comme patrimoine national, l’octroi de budgets académiques reste crucial pour garantir leur conservation sous atmosphère contrôlée et permettre la reprise de protocoles scientifiques poussés par des laboratoires internationaux.
Recherches sur la cité perdue de Païtiti
En parallèle des fouilles à Nazca, les explorations se poursuivent au nord de la région de Cusco autour de la légendaire cité inca de Païtiti. Les cartographies aériennes obtenues par technologie LiDAR ont révélé des structures d’environ 400 mètres de long sur 200 mètres de large au sommet d’une montagne quadrangulaire.
Une nouvelle mission héliportée et terrestre est programmée pour le premier semestre 2027 afin d’approfondir l’exploration de ces ensembles architecturaux et de documenter le pillage clandestin massif subi par la zone au cours des dernières décennies.
Source : NURÉA TV





























































