La Chine franchit une nouvelle étape décisive dans son programme spatial avec le décollage et l’amarrage réussis du vaisseau habité Shenzhou-23. Cet événement marque non seulement la poursuite de l’exploitation opérationnelle de la station spatiale chinoise Tiangong, mais s’inscrit également dans la stratégie à long terme de Pékin visant la conquête lunaire.
Un lancement historique depuis le désert de Gobi
C’est sous les acclamations d’une foule en liesse qu’a débuté la cérémonie d’adieux pour les trois taïkonautes de la mission Shenzhou-23. À 23h08, heure de Pékin, la fusée Longue Marche s’est arrachée de son pas de tir situé dans le désert de Gobi, dans le nord-ouest du pays. Dix minutes après le décollage, le vaisseau s’est séparé de son lanceur pour se placer en orbite. Le commandant a rapidement confirmé que l’équipage était en excellente santé et que les paramètres de la cabine étaient normaux.
Cette mission se distingue par une première historique : la présence d’une astronaute originaire de Hong Kong. Cette ancienne policière, qui effectue son tout premier vol spatial, a eu le privilège d’être la première à pénétrer dans la capsule, affichant un grand enthousiasme à l’idée de rejoindre la station orbitale.
Objectifs scientifiques à bord de la station Tiangong
Après un vol express d’environ trois heures et demie, le vaisseau Shenzhou-23 s’est amarré avec succès à la station spatiale Tiangong. Les nouveaux arrivants ont pour mission de prendre la relève de l’équipe précédente, en poste depuis six mois. Leur séjour s’annonce particulièrement chargé avec un programme ambitieux :
- La réalisation d’une centaine d’expérimentations scientifiques en orbite.
- L’étude approfondie des effets de la microgravité sur le corps humain.
Fait inédit pour le programme spatial chinois, l’un des membres de cet équipage restera à bord de la station pendant une année entière afin de récolter des données physiologiques et psychologiques précieuses sur les séjours spatiaux de très longue durée.
Les grandes ambitions spatiales de Pékin
Le développement de la station Tiangong est une réponse directe à l’exclusion de la Chine de la Station spatiale internationale (ISS) par les États-Unis en 2011. Aujourd’hui totalement autonome en orbite basse, Pékin voit beaucoup plus loin et affiche clairement ses ambitions lunaires. L’empire du Milieu prévoit d’envoyer des humains sur la Lune d’ici 2030 et ambitionne de construire une base scientifique permanente à sa surface d’ici 2035, en partenariat avec la Russie.
Ce calendrier resserré vise à concurrencer directement le programme américain Artémis et à asseoir la domination chinoise dans l’espace. Par ailleurs, la station Tiangong s’ouvre progressivement à la coopération internationale : elle prévoit d’accueillir son tout premier astronaute étranger, de nationalité pakistanaise, d’ici la fin de l’année.
Source : TV5MONDE Info






























































