Des documents récemment déclassifiés et mis à la disposition du public apportent un éclairage nouveau sur la gestion des renseignements relatifs à la sécurité électorale aux États-Unis lors du scrutin de 2020. Lors d’une intervention sur le plateau de l’émission Katie Pavlich Tonight diffusée sur NewsNation, la journaliste d’investigation Catherine Herridge a analysé plusieurs pièces justificatives, notamment des courriels internes, étayant les accusations selon lesquelles des informations stratégiques concernant les opérations d’influence de la Chine ont été délibérément étouffées.
Une manipulation explicite du briefing présidentiel quotidien
Au cœur de ces révélations figure un e-mail daté de novembre 2020 échangé entre plusieurs responsables de la communauté du renseignement américain. Dans cet échange, il est explicitement mentionné que des fonctionnaires ont « délibérément remanié » l’un des rapports destinés au President’s Daily Brief (PDB) — le briefing quotidien réservé au président des États-Unis — afin d’en retirer tout lien direct avec les élections.
Selon Catherine Herridge, ce document apporte une preuve concrète confirmant la plainte déposée par un lanceur d’alerte au sein des services de renseignement. Cette plainte dénonçait un effort systématique et intentionnel visant à masquer la portée réelle des activités chinoises à l’approche du scrutin présidentiel.
Opération multi-domaine et deux poids, deux mesures
Les investigations révèlent que l’ingérence chinoise ne se limitait pas à des actions isolées, mais s’inscrivait dans le cadre d’une « opération multi-domaine ». Ce type de stratégie globale mobilise l’ensemble des leviers d’action d’un État :
- Le commerce et la diplomatie : Utilisation des canaux économiques et officiels pour exercer des pressions ou orienter les décisions.
- L’information en source ouverte : Exploitation massive de données accessibles publiquement.
- Les réseaux sociaux : Campagnes d’orientation de l’opinion publique et manipulation des sentiments des électeurs.
Un haut responsable du renseignement a confirmé à la journaliste qu’une différence de traitement flagrante existait en 2020 entre la Chine et d’autres adversaires géopolitiques des États-Unis, tels que la Russie, l’Iran, la Corée du Nord ou le Hezbollah. Alors que les opérations d’influence attribuées à la Russie faisaient l’objet d’une amplification systématique dans les médias et les rapports officiels, les actions menées par Beijing étaient constamment minimisées.
Le lanceur d’alerte ayant tenté de signaler ces anomalies au cours de l’été 2020 a fait l’objet de mesures de rétorsion. De plus, des annotations manuscrites retrouvées sur certains rapports officiels indiquent que la divulgation de ces informations aurait pu favoriser la réélection de Donald Trump, ce qui montre la présence de partis pris politiques et personnels au sein d’organismes censés faire preuve d’une neutralité absolue.
Les deux volets du scandale
Selon l’analyse présentée, ce dossier met en évidence deux scandales distincts mais interconnectés :
- L’ampleur de la collecte de données par la Chine : L’accès aux informations de registres concernant environ 220 millions d’électeurs américains.
- La suppression d’informations par les agences de renseignement : La rétention délibérée de données relatives aux menaces étrangères par des cadres de la communauté du renseignement.
La collecte de 220 millions de registres électoraux représente une menace majeure lorsqu’elle est combinée avec d’autres fuites de données d’envergure survenues ces dernières années. En croisant ces listes d’électeurs avec les 22 millions de formulaires d’habilitation de sécurité (SF-86) compromis en 2015, ainsi qu’avec des données médicales piratées, la Chine est en mesure de constituer un profil numérique détaillé de chaque citoyen.
Ces données d’inscription électorale — incluant les noms, prénoms, dates de naissance, numéros de téléphone, adresses postales, affiliations politiques et statut militaire — peuvent être exploitées à diverses fins : la fraude à l’inscription électorale, l’usurpation d’identité, ou encore le recrutement ciblé de citoyens américains.
Transparence et vulnérabilités structurelles
Contrairement aux rétentions observées par le passé, la publication actuelle de ces documents a été examinée et approuvée par les hauts responsables du renseignement, notamment le directeur de la CIA et le directeur du renseignement national (DNI). Catherine Herridge a souligné l’importance de cette mise à disposition directe, rappelant que les documents originaux permettent une vérification factuelle objective sans distorsion.
Lors de ses déclarations, l’ancien président a adopté une posture axée sur la vulnérabilité globale du système électoral américain, qualifiant les structures de vote de perméables et soulignant la nécessité de réformer le système face aux menaces étrangères futures.
Source : NewsNation




























































