En septembre 2025, Emmanuel et Brigitte Macron ont déposé une version amendée de 250 pages de leur plainte pour diffamation contre la commentatrice politique américaine Candace Owens. Cette procédure, engagée devant la justice de l’État du Delaware (où est domiciliée la société de la défenderesse), fait suite à la publication et à la diffusion de la série Becoming Brigitte. L’enquêteur Xavier Poussard, dont les travaux ont largement inspiré les propos de Candace Owens, propose une analyse détaillée des arguments avancés par le couple présidentiel dans ce document judiciaire.
Le paradoxe de la « source principale »
Dès les premières pages de la plainte, les plaignants désignent explicitement Xavier Poussard comme la source première (primary source) des allégations formulées par Candace Owens, qualifiant ses propos de « faux et diffamatoires ». Cependant, l’enquêteur soulève une contradiction juridique majeure concernant cette accusation.
Le livre Devenir Brigitte, dont s’est inspirée l’Américaine, a été publié en France fin février 2025. Or, le droit de la presse français impose un délai de prescription de trois mois pour intenter une action en diffamation. Xavier Poussard souligne qu’il n’a jamais fait l’objet de la moindre poursuite judiciaire dans ce délai, ni d’aucun démenti sur le terrain journalistique concernant les informations contenues dans son ouvrage. Il s’étonne ainsi que la justice américaine soit saisie pour diffamation alors que la source originelle des propos n’a pas été inquiétée dans son propre pays.
La plainte tente de contourner cet écueil en mentionnant les condamnations de Natacha Rey et Amandine Roy. Toutefois, l’auteur rappelle que ces deux femmes ne sont pas les sources de Candace Owens et qu’elles ont d’ailleurs été relaxées en appel dans l’une des procédures les concernant.
Des pièces à conviction remises en question
Pour prouver la prétendue mauvaise foi (actual malice en droit américain) de Candace Owens, les plaignants lui reprochent d’avoir ignoré certains documents censés prouver l’état civil classique de Brigitte Macron. Parmi ces documents figurent un faire-part de naissance de Brigitte Trogneux daté d’avril 1953, ainsi qu’une photographie de famille la montrant bébé sur les genoux de sa mère.
L’analyse de cette photographie de famille révèle, selon l’enquêteur, des éléments troublants :
- Des retouches avérées : Le document a circulé dans les médias sous plusieurs versions. L’une d’elles comportait un abat-jour au-dessus de la tête d’un enfant, élément qui a mystérieusement disparu dans des versions ultérieures fournies à la presse.
- Une anomalie dentaire : Sur la photo de famille fournie comme preuve, le jeune Jean-Michel Trogneux affiche des dents parfaitement alignées. Pourtant, une photo de classe de la même année scolaire (1952-1953), conservée dans les archives du lycée La Providence et vérifiée par des journalistes indépendants, montre que le jeune garçon avait à l’époque les « dents du bonheur » (les incisives écartées). Or, cette dentition alignée correspond curieusement à celle de Brigitte Macron après ses interventions dentaires, tandis que des photos plus anciennes de la Première dame montraient qu’elle possédait, elle aussi, les dents du bonheur.
La plainte fait également état d’une photographie en couleur d’une petite fille d’environ trois ans, censée représenter Brigitte Trogneux vers 1956. Outre la rareté des photographies en couleur de haute qualité à cette époque, Xavier Poussard rappelle que la presse a déjà dû publier des rectificatifs par le passé après avoir présenté des photos d’enfance de Laurence Auzière (la fille de Brigitte) comme étant des clichés de Brigitte Macron jeune.
La chronologie révisée d’une rencontre controversée
Un autre point saillant de la plainte concerne la genèse de la relation entre Emmanuel Macron et sa professeure. Jusqu’à présent, la biographie officielle situait leur rencontre autour de la pièce de théâtre Jacques et son maître, à la fin de l’année scolaire 1991-1992, alors qu’Emmanuel Macron avait 14 ans.
Le document judiciaire déposé dans le Delaware apporte une modification substantielle à ce récit. Il y est désormais affirmé que Brigitte Macron dirigeait déjà l’atelier théâtre lorsqu’Emmanuel Macron a obtenu le rôle principal, ce qui anticipe leur rencontre à l’année 1991. L’actuel président de la République n’avait alors que 13 ans.
La plainte insiste sur le fait que cette relation est toujours restée « dans les limites de la loi » (within the bounds of the law). Cependant, la biographie officielle occulte souvent le scandale familial que cette situation a provoqué à l’époque, entraînant le départ précipité du jeune Emmanuel pour le lycée Henri-IV à Paris. Comme le rappellent divers journalistes politiques, la majorité sexuelle en cas d’autorité (comme c’est le cas pour un enseignant sur son élève) est fixée à 18 ans en France, rendant le récit officiel particulièrement sensible sur le plan pénal.
L’épreuve de la reconnaissance faciale
Pour étayer son enquête, Xavier Poussard a eu recours à un logiciel de reconnaissance faciale de pointe (utilisé notamment en Asie) afin de comparer les visages de Brigitte Trogneux enfant et de Brigitte Macron adulte. La comparaison s’est basée sur une photographie authentifiée de Brigitte Trogneux lors de sa première communion, un âge où les traits du visage sont suffisamment formés pour être analysés.
Afin d’établir un référentiel fiable, le logiciel a d’abord été testé sur des personnalités publiques féminines (Bernadette Chirac, Lady Diana, Hillary Clinton, Jodie Foster) en comparant des photos d’elles à 10 ans avec des clichés de leur âge adulte. Dans tous ces cas analogues, le logiciel a retourné des scores de correspondance élevés, situés entre 66 % et 78 %.
Cependant, lorsque le même protocole a été appliqué à un panel de 60 photographies de Brigitte Macron (prises entre 1986 et aujourd’hui) comparées à la photo de communion de Brigitte Trogneux, les résultats obtenus se sont révélés drastiquement inférieurs :
- Les scores de correspondance oscillent entre 44 % et 65 %.
- La moyenne s’établit à 57,5 %.
- L’écart représente une chute de 13 à 20 points par rapport à la norme attendue pour une même personne.
Selon ces données biométriques, la probabilité que la jeune communiante et l’actuelle Première dame soient la même personne est statistiquement très faible. Pour approfondir ces résultats troublants, l’auteur annonce détenir des enregistrements téléphoniques d’anciens camarades de classe de Brigitte Trogneux, dont les témoignages promettent d’apporter un nouvel éclairage sur ce dossier complexe qui se joue désormais devant les tribunaux américains.
Source : Xavier Poussard






























































