En 1997, Art Bell, l’animateur de la célèbre émission de radio nocturne américaine Coast to Coast AM, reçoit un fax pour le moins intrigant. Son expéditeur, un certain Mel Waters, y affirme posséder un puits apparemment sans fond sur sa propriété située près de Manastash, dans l’État de Washington. Invité peu de temps après à raconter son histoire en direct à la radio, Mel était loin de se douter que son récit allait déclencher l’un des mystères les plus tenaces et fascinants de l’histoire contemporaine.
S’agissait-il d’un portail vers une autre dimension, d’une mission militaire secrète ou d’un simple canular ? Voici l’histoire extraordinaire du trou de Mel.
Un gouffre qui défie les lois de la physique
Lors de son interview, Mel Waters explique avoir acheté sa propriété quelques années plus tôt. Les anciens propriétaires, qui y vivaient depuis plus de 30 ans, ainsi que les voisins, connaissaient bien ce trou. Ils l’utilisaient d’ailleurs régulièrement comme décharge pour leurs ordures, sans que le puits ne semble jamais se remplir.
Le trou se présentait sous la forme d’un puits circulaire, doté d’un mur de soutènement en pierre descendant à environ 4,5 mètres sous la surface. Au-delà de ce mur, le gouffre perçait la terre et la roche mère pour plonger dans des ténèbres qui semblaient infinies. Personne ne se souvenait d’une époque où ce trou n’était pas là.
Les propriétés de cette anomalie géologique étaient pour le moins déconcertantes :
- Absence totale de son : Tout objet jeté dans le puits ne produisait aucun bruit, ni éclaboussure, ni fracas. L’écho n’existait pas.
- Terreur animale : Les animaux, y compris les chiens de Mel pourtant très obéissants, refusaient catégoriquement de s’en approcher, résistant vigoureusement si on tentait de les y forcer.
- Résurrection apparente : Mel a rapporté l’histoire d’un voisin qui avait jeté le cadavre de son chien de chasse dans le puits. Étrangement, ce même voisin a revu son chien, identique en tout point, courir dans les bois peu de temps après.
Des expériences de profondeur vertigineuses
Poussé par la curiosité et fort de son expérience d’ancien pêcheur de requins, Mel décide de mener ses propres expériences. Pour vérifier la présence d’eau, il attache un bonbon percé à une ligne de pêche et le fait descendre à 450 mètres de profondeur. Lorsqu’il le remonte, le bonbon est intact : il n’y a donc pas d’eau à cette profondeur.
Pour sa deuxième expérience, il attache un poids en plomb d’environ 450 grammes à sa ligne. Dès qu’une bobine se termine, il en attache une nouvelle. Il répète l’opération jusqu’à dérouler la quantité astronomique de 24 384 mètres de fil de pêche, soit plus de 24 kilomètres de profondeur, sans jamais toucher le fond.
Les auditeurs de l’émission, bien que fascinés, restent sceptiques. Certains suggèrent que la ligne a pu se rompre, d’autres proposent d’utiliser des radars. Art Bell, l’animateur, suggère même de louer le trou au gouvernement pour y enfouir des déchets radioactifs. Mel, de son côté, avoue y avoir jeté des tubes cathodiques de télévision en espérant entendre une implosion, en vain. Malgré ces rejets, l’eau de la région est toujours restée parfaitement saine.
Anomalies, censure et présence militaire
L’histoire de Mel Waters ne s’arrête pas à cette première émission. Des événements de plus en plus étranges commencent à graviter autour de lui. Il découvre notamment une pièce de monnaie impossible : un dime (pièce de 10 centimes) à l’effigie de Roosevelt daté de 1943, portant la lettre de frappe « B ». Or, le visage de Roosevelt n’est apparu sur ces pièces qu’en 1946, et aucune ville américaine commençant par la lettre B n’a jamais frappé de monnaie. Cette pièce mystérieuse finira par être confisquée par le Département du Trésor américain, poussant certains théoriciens à évoquer l’hypothèse d’objets provenant d’un univers parallèle.
En 2002, le mystère s’épaissit. Mel révèle à la radio que sa propriété a été purement et simplement effacée des images satellites du domaine public sur TerraServer (l’ancêtre de Google Earth). Les auditeurs confirment l’information en direct. De plus, une équipe de télévision s’étant rendue sur place aurait constaté des preuves d’une présence militaire.
Des témoins locaux, notamment dans un relais routier, affirment avoir vu un faisceau noir, décrit comme de « l’anti-lumière », jaillir périodiquement du trou vers le ciel. Des camionneurs rapportent également des livraisons suspectes dans la région : du matériel de fibre optique réceptionné par un groupe d’Israéliens, et de grandes caisses d’instruments en provenance du Laboratoire national Lawrence Livermore, une institution travaillant sur des projets militaires américains.
La découverte d’un second trou au Nevada
Quelle est la probabilité de trouver deux puits sans fond au cours d’une seule vie ? Contre toute attente, l’histoire se répète. En septembre 2001, invité par des Amérindiens auditeurs de l’émission, Mel se rend dans le Nevada. Ces derniers le conduisent dans un village isolé sur des terres publiques, peuplé de familles d’origine basque élevant des moutons depuis les années 1800.
Au cœur de ce village se trouve un second trou, considéré par les Basques comme un point focal spirituel. Ce puits, d’environ 2,7 mètres de large, diffère du premier : il est entouré d’un collier métallique lisse qui s’enfonce à perte de vue. Ce métal émet un champ de chaleur unique, différent de la chaleur ordinaire. Tout comme dans l’État de Washington, le trou absorbe tous les sons, terrifie les animaux et émet parfois le fameux faisceau noir.
Le mystère de la glace ardente
Mel et les villageois décident de mener une expérience. Ils descendent un seau rempli de glaçons à 450 mètres de profondeur. À la remontée, l’eau n’a pas fondu : la glace est devenue tiède, mais reste solide. Plus incroyable encore, lorsqu’ils tentent de la faire fondre au-dessus d’un feu, la glace prend feu, produisant une flamme vacillante qui génère de la chaleur sans jamais fondre. Ce seau de « glace ardente » aurait brûlé pendant des mois, certains villageois l’utilisant même pour chauffer leur cabane en hiver.
L’expérience terrifiante du mouton
L’expérience suivante prend une tournure macabre. Les villageois décident de descendre un mouton vivant dans le puits. L’animal, terrifié, se débat avec une violence extrême. Il doit être assommé pour être placé dans une caisse. À son réveil près du trou, il hurle de terreur. Mais dès que la caisse est suspendue au-dessus du vide, un silence absolu s’installe, bien que le mouton continue de secouer violemment sa prison.
Arrivé à 450 mètres de profondeur, le câble transmet une étrange vibration au bord métallique. Après 30 minutes, ils remontent la caisse. Le mouton est mort. Extérieurement intact, l’animal semble avoir été cuit de l’intérieur. Lors de la dissection par un ancien du village, ils découvrent une masse tumorale gélatineuse.
En ouvrant cette masse, une créature stupéfiante en émerge : un être hybride d’environ 45 centimètres, ressemblant à un croisement entre un fœtus et un phoque, doté de nageoires mais possédant des yeux humains. La créature, bel et bien vivante et reliée par un cordon ombilical, fixe Mel avec ce qu’il décrit comme de la « révérence ». Après s’être détachée de son cordon, Mel la dépose au sol. La créature lui adresse un lent signe de tête, se retourne et plonge volontairement dans le gouffre.
Suite à cette rencontre bouleversante, Mel, qui avait été diagnostiqué d’un cancer de l’œsophage en phase terminale avec seulement six mois à vivre, découvre à son retour chez lui que son cancer a miraculeusement et totalement disparu. Il est convaincu que la créature l’a guéri.
Une substance destructrice et des avertissements extraterrestres
En décembre 2002, Mel donne ses dernières nouvelles à la radio. La situation au Nevada a dégénéré. Le villageois qui chauffait sa cabane avec la « glace ardente » a fait face à des conséquences désastreuses. L’air de sa maison est devenu extrêmement sec, provoquant une soif inextinguible. Son poêle à bois s’est mis à absorber la vapeur d’eau, avant de passer à travers le plancher pour s’enfoncer dans le sol. Peu après, la cabane entière s’est désintégrée en un tas de poussière de bois.
Le poêle s’est enfoncé d’un mètre et demi dans la terre, laissant un trou aux parois de verre lisse. Une équipe non identifiée (militaire ou scientifique) est intervenue avec des grues massives, utilisant des chaînes et de l’eau pour extraire le poêle et l’emporter. Mel a comparé cette glace aux propriétés apocalyptiques de la « Glace-9 », une substance fictive tirée du roman Le Berceau du chat de Kurt Vonnegut.
Selon les Basques, la créature est réapparue à plusieurs reprises. Ils affirment avoir communiqué avec elle via une radio, bien que les enregistrements ne captent que des tonalités pulsées. La créature, assimilée au « Rock flyer » des légendes amérindiennes (un être souterrain voyageant entre plusieurs Terres), aurait lancé un avertissement : la glace ardente pourrait détruire la Terre si elle est mal utilisée.
Elle aurait également révélé que des intelligences extraterrestres s’attendent à ce que l’humanité s’autodétruise par un conflit nucléaire, et qu’elles patientent pour pouvoir récolter cette glace une fois les humains disparus.
Un héritage qui perdure
Depuis cette dernière intervention en 2002, Mel Waters s’est volatilisé. Ses propriétés ont disparu, son ex-femme s’est volatilisée, et lui-même n’a plus jamais donné signe de vie. Certains pensent qu’il a été réduit au silence par des agences gouvernementales cherchant à contrôler ces puits insondables. D’autres estiment qu’il s’est caché pour se protéger.
Aujourd’hui, la légende du trou de Mel continue de fasciner. Des récits de puits sans fond similaires émergent parfois dans d’autres coins du globe. Que l’on considère cette histoire comme une brillante œuvre de fiction radiophonique, une légende urbaine moderne ou le témoignage d’une réalité scientifique et paranormale qui nous échappe, le mystère de Mel Waters reste l’une des énigmes les plus captivantes jamais partagées sur les ondes.
Source : The Space Wind
































































