C’est un monument de la nature et de la légende populaire qui vient de s’éteindre au Royaume-Uni. Le Major Oak, un chêne majestueux estimé à environ 1 000 ans et situé au cœur de la célèbre forêt de Sherwood, est officiellement mort. La triste nouvelle a été annoncée par la Royal Society for the Protection of Birds (RSPB), l’organisme qui gère ce site historique, comme le rapporte le quotidien britannique The Guardian.

Un géant millénaire chargé d’histoire
Le Major Oak n’était pas un arbre ordinaire. Avec son tronc impressionnant de 11 mètres de circonférence, il figurait parmi les arbres les plus volumineux d’Europe. Selon la culture populaire et les récits folkloriques, ce géant de la forêt de Sherwood aurait servi de repaire et d’abri au célèbre hors-la-loi au grand cœur, Robin des Bois, et à sa bande de compagnons.
Malheureusement, le vénérable chêne n’a pas produit la moindre feuille cette année, confirmant un déclin végétatif observé depuis plusieurs printemps consécutifs.
Le climat et la surfréquentation touristique en cause
La perte de cet arbre exceptionnel est le résultat d’une combinaison de facteurs environnementaux et anthropiques. D’une part, le Major Oak a subi de plein fouet les conséquences du dérèglement climatique, marqué par une succession d’étés particulièrement chauds et secs. La canicule historique de 2022, qui a vu les températures dépasser les 40 °C au Royaume-Uni, a porté un coup très dur à l’organisme déjà fragilisé du vieux chêne.
D’autre part, la célébrité de l’arbre a contribué à sa perte. Attirant pas moins de 350 000 visiteurs chaque année, le piétinement constant du public autour de sa zone racinaire a provoqué un tassement sévère du sol, asphyxiant progressivement ses racines et limitant l’absorption de l’eau et des nutriments.
De manière plus surprenante, les efforts passés pour le préserver ont pu jouer un rôle négatif. Les étais massifs installés dès 1904 pour soutenir ses branches colossales, ainsi que le colmatage de ses cavités internes avec du béton durant les années 1960, ont paradoxalement perturbé sa croissance naturelle et accéléré son affaiblissement structurel.
Une seconde vie pour la biodiversité
Bien que biologiquement mort, le Major Oak ne sera pas abattu. Les gestionnaires du site ont décidé de le laisser debout. En se décomposant lentement sur place, son bois mort va continuer à jouer un rôle écologique crucial en offrant un refuge et une source de nourriture inestimables pour des centaines d’espèces d’insectes, de champignons, d’oiseaux et de petits mammifères.
Source : reporterre.net






























































