La gestion de l’argent public par les sénateurs français suscite une profonde indignation. Face aux révélations sur leurs rémunérations exorbitantes et leurs avantages fiscaux sur mesure, le constat est sans appel : une véritable hémorragie financière s’opère au sommet de l’État, validée et organisée par ceux-là mêmes qui votent les lois.
Des indemnités colossales et des frais opaques
Le Sénat compte 348 sénateurs, et chacun d’entre eux perçoit une indemnité totale de 11 350 euros nets par mois. Le président du Sénat, quant à lui, culmine à 18 000 euros nets mensuels. Mais le véritable scandale réside dans la gestion des frais : un sénateur bénéficie de 6000 euros de frais remboursés sans avoir à fournir le moindre justificatif. À l’échelle mondiale, cette absence totale de contrôle est une honte absolue. La France est le seul pays, avec la Belgique, à autoriser un tel système, bien que le plafond belge soit nettement inférieur, fixé à 2000 euros. Dans l’Hexagone, ce gaspillage d’argent public est assumé et légalisé avec notre propre argent.
Une fiscalité sur mesure et privilégiée
L’injustice s’accentue lourdement au moment de la déclaration d’impôts. Alors qu’un citoyen ordinaire est taxé sur l’ensemble de ses revenus, l’impôt sur le revenu d’un sénateur n’est calculé que sur une base de 4130 euros, et non sur les 11 350 euros réellement perçus chaque mois. Un élu ne paie ainsi qu’une fraction dérisoire d’impôts par rapport à ses revenus réels.
Cette pirouette fiscale s’explique par l’existence de multiples enveloppes, dont une indemnité dite de fonction s’élevant à 1420 euros. Bien que sa nature exacte reste particulièrement floue, elle est considérée comme des frais. Ce privilège découle d’une loi de 1992 que les parlementaires se sont purement et simplement auto-attribuée, profitant de leur position de législateurs pour se mettre financièrement à l’abri.
Du camion de la Brink’s au « black officiel »
Historiquement, le système a toujours favorisé les parlementaires. Depuis le début du siècle dernier, ils bénéficiaient d’un régime de faveur où ils n’étaient imposés qu’à hauteur de 55 % sur leurs indemnités. Pire encore, jusqu’en 1997, un immense circuit d’argent liquide opérait au sein même de l’institution. Une fois par mois, un camion de la Brink’s pénétrait dans l’enceinte du Sénat, bourré de billets de 500 francs, afin de distribuer cet argent sous forme de frais.
Aujourd’hui, cette distribution en liquide a disparu au profit de l’Indemnité Représentative de Frais de Mandat (IRFM). Cette évolution n’a fait que transformer un système opaque en un « black officiel », toujours dispensé de la moindre justification auprès des contribuables.
Un pillage en règle des caisses de l’État
La politique est devenue le moyen le plus efficace pour escroquer l’État et s’assurer un train de vie luxueux. Les sénateurs dépouillent les caisses publiques en toute impunité, profitant d’un système qu’ils ont eux-mêmes verrouillé à leur avantage. Le cynisme de la situation atteint son paroxysme lorsqu’en parallèle de ces abus, ces mêmes élus cherchent constamment à imposer de nouvelles taxes aux citoyens.
Source : AGORA TVNEWS





























































