Alors que le monde s’est habitué aux robots conversationnels capables de rédiger des textes ou de générer des images, une nouvelle étape vient d’être franchie dans le domaine technologique. La société Anthropic a récemment dévoilé, avant de la verrouiller précipitamment, une intelligence artificielle nommée Claude Mythos. Contrairement à ses prédécesseurs, ce modèle n’est pas conçu pour dialoguer, mais pour traquer et exploiter les vulnérabilités des systèmes informatiques les plus sécurisés de la planète. Une annonce qui a provoqué une véritable onde de choc dans l’industrie numérique.
Une philosophie forgée par un drame personnel
Pour comprendre la nature de Mythos et la réaction de ses créateurs, il faut se pencher sur l’histoire d’Anthropic. L’entreprise a été fondée en 2020 par Daniela et Dario Amodei, une sœur et un frère ayant quitté les rangs d’OpenAI, la maison mère de ChatGPT. Leur approche extrêmement prudente vis-à-vis du développement technologique trouve ses racines dans une tragédie familiale. Leur père, un homme brillant avec qui ils partageaient de longues discussions, est décédé d’une maladie rare avant l’âge de 55 ans.
Ce deuil a fait naître chez les fondateurs une conviction profonde : si la recherche scientifique et les connaissances avaient été plus avancées, cette disparition aurait pu être évitée. C’est ce qui a poussé Dario Amodei à délaisser la physique pure au profit de la biophysique, avec pour ambition d’utiliser la science pour sauver des vies. Cette boussole morale explique pourquoi, face à la puissance destructrice potentielle de Mythos, la direction d’Anthropic a pris la décision radicale de mettre son propre outil sous cloche.
Un hyper-hacker capable de briser le coffre-fort d’Internet
Les capacités de Mythos ont de quoi donner des sueurs froides aux experts en cybersécurité. L’intelligence artificielle s’est révélée capable d’orchestrer des attaques dites zero-day (ou 0-day). Il s’agit du pire cauchemar des informaticiens : des failles de sécurité si secrètes et enfouies que même les concepteurs du logiciel en ignorent l’existence, ne leur laissant aucun temps de préparation pour se défendre.
Pour tester les limites de leur création, les équipes d’Anthropic l’ont confrontée à OpenBSD, un système d’exploitation mondialement réputé pour être la forteresse inviolable d’Internet. Le résultat fut sans appel : Mythos a déniché une faille critique qui sommeillait, invisible, depuis 27 ans. Face à ce constat alarmant, Anthropic a lancé le projet Glasswing, du nom d’un papillon d’Amérique centrale aux ailes transparentes. Dans une démarche de transparence inédite, l’entreprise a rassemblé des chercheurs de géants de la technologie tels qu’Amazon, Microsoft, Google et le projet Linux, afin de leur démontrer les capacités de l’IA et de préparer des défenses communes.
Panique boursière et scepticisme scientifique
La simple évocation de l’existence de Mythos a fait trembler les marchés financiers. Les cours en bourse de mastodontes de la cyberdéfense, à l’image de CrowdStrike ou Palo Alto Networks, ont lourdement chuté. Les investisseurs ont soudainement craint que les boucliers traditionnels ne soient devenus obsolètes face à une machine capable d’attaquer de manière totalement autonome.
Les inquiétudes ont d’ailleurs été validées par l’AISI (Artificial Intelligence Security Institute), un organisme britannique indépendant, qui a confirmé que Mythos abaissait drastiquement la barrière à l’entrée pour les cybercriminels. Cependant, la communauté scientifique reste divisée. Pour certains experts de renom, comme le Français Yann LeCun, cette annonce relèverait davantage du coup de bluff marketing. Il fustige une communication alarmiste qui pourrait, selon lui, nuire au développement de l’open source en encourageant la culture du secret et des boîtes noires technologiques.
La course à l’armement et l’ombre du « Q-Day »
Si Anthropic a choisi de brider son modèle pour des raisons éthiques, refusant notamment que son IA soit utilisée à des fins de surveillance généralisée ou par le Pentagone sans contrôle humain strict, la question de la concurrence reste entière. Des acteurs comme OpenAI ou certaines puissances étatiques comme la Chine s’embarrassent de moins de scrupules dans cette course effrénée à la puissance de calcul.
Face à ces bouleversements, les experts appellent à une prise de conscience collective. Il devient urgent d’apprendre le codlish, un terme désignant une compréhension de base du langage informatique, au même titre que l’anglais international (le globish). L’objectif n’est pas de transformer chaque citoyen en développeur, mais de permettre à tous de comprendre et de maîtriser ce monde numérique, où chacun pourrait demain être assisté par ses propres petits modèles d’IA personnalisés.
Enfin, au-delà de Mythos, une menace encore plus vertigineuse se profile à l’horizon des prochaines décennies : l’informatique quantique. Les récentes avancées françaises dans ce domaine rappellent l’imminence potentielle du Q-Day, ce jour fatidique où une intelligence artificielle couplée à un ordinateur quantique sera capable de déchiffrer instantanément la totalité des transactions bancaires et des secrets militaires mondiaux. Si nous avons encore le temps de nous y préparer, l’avertissement lancé par Anthropic sonne comme un premier coup de semonce.
Source : FRANCE 24





























































