Directement sous les pyramides de Gizeh se cache un tombeau inondé abritant un gigantesque sarcophage dont le couvercle a été déplacé, ainsi que deux minuscules tunnels pointant vers la Grande Pyramide et le Sphinx. Il y a 2500 ans, l’historien grec Hérodote décrivait déjà une chambre souterraine entourée d’eau sous le plateau, servant de sépulture royale. Pendant deux millénaires et demi, les érudits ont jugé ce récit purement fictif. Pourtant, en 1999, l’archéologue égyptien Zahi Hawass est descendu sous la chaussée de pierre reliant le Sphinx à la pyramide de Khéphren et a découvert exactement ce qu’Hérodote avait dépeint : le puits d’Osiris.
Une descente à 30 mètres sous terre dans la maison d’Osiris
Repéré en 1933 par l’archéologue Selim Hassan, ce puits dissimulé sous les pas de millions de visiteurs est resté inexploré pendant 66 ans à cause de la nappe phréatique. Profitant d’une baisse des eaux en 1999, Zahi Hawass et son équipe ont utilisé des pompes pour vider ce complexe qui s’enfonce sur trois niveaux.
Le premier niveau se résume à une salle carrée vide. À 18 mètres de profondeur, le deuxième palier s’ouvre sur six chambres rocheuses : deux d’entre elles renferment d’énormes sarcophages en granit accompagnés de poteries, de perles et de figurines funéraires appelées ouchebtis, datées d’environ 500 avant notre ère. Mais c’est au troisième niveau, à près de 30 mètres sous terre, que la découverte prend toute son ampleur.
Le puits débouche sur une vaste salle inondée. Au centre, entourée d’eau, se dresse une plateforme rectangulaire en pierre supportant un colossal sarcophage de granit de 15 tonnes, ouvert et vide. Fait rarissime en Égypte antique, aucune inscription n’orne les murs ni le coffre. Ce silence n’est rompu que par un unique hiéroglyphe gravé dans le sol sous le couvercle : le mot Per, qui signifie « maison ». Dans l’Antiquité, le plateau de Gizeh était nommé « la maison d’Osiris, seigneur des tunnels souterrains » (Rostau). Si les objets les plus anciens du site remontent à l’Ancien Empire, le sarcophage inférieur date de la XXVIe dynastie, prouvant que ce sanctuaire a traversé les millénaires avant son ouverture au public en 2017.
Au-delà de cette chambre, un couloir étroit file vers l’est sur 20 mètres jusqu’à un réduit d’où partent deux conduits de 40 centimètres de côté. Le premier pointe au nord vers la Grande Pyramide, le second à l’est vers le Sphinx. Trop étroits pour un adulte, ils restent inexplorés : lorsqu’un jeune garçon attaché par une corde y a été envoyé, il s’est retrouvé coincé et a dû être tiré par les jambes.
Des sépultures royales oubliées à Abydos et Saqqarah
D’autres structures souterraines tout aussi énigmatiques ont récemment émergé des sables. Au début de l’année 2025, une mission américano-égyptienne fouillant sous la montagne d’Anubis à Abydos — terre sacrée d’Osiris — a exhumé une tombe royale vieille de 3600 ans, à 7 mètres de profondeur. Dotée de voûtes en briques crues de près de 5 mètres de haut, elle a été pillée dans l’Antiquité. Si des peintures dorées d’Isis et Nephtys ornent l’entrée, le cartouche contenant le ren (le nom du pharaon, indispensable à la survie de son âme) est illisible. Ce tombeau de la Deuxième Période intermédiaire rappelle celui du roi Senebkay, découvert en 2014 avec 18 blessures de combat, confirmant l’existence de la mystérieuse dynastie d’Abydos.
À Saqqarah, c’est une fausse porte en granit rose de 4,5 mètres de haut, extraite d’une carrière située à 640 kilomètres, qui a révélé un tombeau vieux de plus de 4000 ans appartenant au prince Ouserkaf, fils du fondateur de la Ve dynastie. Effacé des listes officielles, ce prince cumulait pourtant les titres de gouverneur, juge et prêtre de Seker. Outre une table d’offrandes et un alignement inédit de 13 statues en granit rose assises sur un banc, la tombe abritait des statues du roi Djéser et de sa famille, déplacées là sous la XXVIe dynastie pour les protéger.
Momies scellées, langues d’or et génie souterrain
Les pratiques funéraires réservent d’autres surprises. Alors que la momie de Toutânkhamon, figée dans son cercueil par deux seaux d’huiles rituelles durcies, a dû être chauffée à 65 °C puis découpée en 1925, la momie de Bashiri, trouvée par Howard Carter en 1919, demeure intacte. Ses bandelettes forment sur le visage un motif pyramidal unique que personne n’ose défaire, bien que les rayons X aient révélé un homme de 1,67 mètre de l’époque ptolémaïque.
Au musée Field de Chicago, le scanner 3D a résolu l’énigme du cercueil vieux de 3000 ans de la dame Chenet-aa, dépourvu d’ouverture visible : les embaumeurs avaient ramolli le cartonnage avec de l’humidité, fendu l’arrière pour y glisser le corps paré d’yeux artificiels, puis lacé l’ensemble comme un corset. Parallèlement, à près de 100 kilomètres à l’ouest d’Alexandrie, des tombes vieilles de 2000 ans ont livré deux douzaines de langues en or, déposées dans la bouche des défunts pour leur permettre de parler devant les dieux.
Cette ingéniosité culmine dans les chantiers souterrains de Saqqarah. Sous la pyramide à degrés de Djéser, bâtie il y a 4700 ans, s’étend un réseau de 5,6 kilomètres de tunnels entouré d’une tranchée sèche de 50 mètres de large et 20 mètres de profondeur. Selon une théorie de 2020, ce complexe formait un système hydraulique filtrant l’eau de pluie pour actionner un ascenseur à flotteur hissant les pierres. Non loin de là, dans les galeries du Sérapéum découvertes en 1850 par Auguste Mariette, 24 sarcophages géants en granit dédiés aux taureaux Apis, pesant chacun autant que 50 voitures, ont été taillés avec des angles parfaits de 90 degrés, illustrant une science antique qui défie toujours notre compréhension.
Source : Bright Side History Legends Awakened




























































