Lors d’un récent échange public avec Florian Philippot, l’avocat Fabrice Di Vizio a livré une analyse sans concession des récentes actions menées par le sommet de l’État français. De l’action en justice intentée par le couple présidentiel aux États-Unis jusqu’à la gestion musclée des éleveurs, en passant par de possibles bouleversements électoraux, les sujets abordés soulèvent de profondes interrogations sur l’état actuel des institutions de la Cinquième République.
Le procès américain du couple Macron face à Candace Owens
Le 12 mai prochain doit s’ouvrir aux États-Unis une audience particulièrement inhabituelle. Emmanuel et Brigitte Macron ont en effet déposé plainte contre l’influenceuse et commentatrice politique américaine Candace Owens. Cette démarche judiciaire, qui portera dans un premier temps sur l’examen des preuves et des enregistrements vidéo, suscite de vives critiques quant à son financement et à son opportunité.
Fabrice Di Vizio pointe du doigt une véritable privatisation de la fonction présidentielle. La question du financement de ce procès outre-Atlantique est centrale : les cabinets d’avocats américains exigent des honoraires se chiffrant souvent en millions de dollars. Si la version officielle affirme que ces frais sont couverts par des fonds personnels, le doute persiste chez de nombreux observateurs quant à la capacité financière du couple à assumer une telle dépense sans recourir, d’une manière ou d’une autre, à l’argent public.
Au-delà de l’aspect financier, c’est l’image renvoyée par la France qui interroge. Alors que le monde traverse des crises géopolitiques majeures, le fait de voir un chef d’État en exercice s’engager dans une bataille juridique personnelle contre une opposante médiatique américaine est perçu comme une dégradation de la fonction présidentielle. Fabrice Di Vizio souligne le paradoxe d’un président qui tente de jouer les médiateurs au Moyen-Orient tout en s’enlisant dans des querelles d’image à l’international.
Un report de l’élection présidentielle est-il juridiquement possible ?
L’autre sujet majeur abordé concerne la stabilité des institutions françaises et l’avenir de l’élection présidentielle. Les récentes manœuvres au sein du Conseil constitutionnel, notamment le licenciement inédit de sa secrétaire générale par Richard Ferrand en raison de désaccords sur l’affaire des ordonnances, illustrent une volonté de verrouiller les rouages du pouvoir.
Face à cette situation, la question d’un éventuel report de la prochaine élection présidentielle, voire d’une tentative de troisième mandat, n’est plus considérée comme une simple théorie farfelue. Fabrice Di Vizio rappelle que des constitutionnalistes se penchent sérieusement sur la question. Si la Constitution fixe bien la période à laquelle l’élection doit se tenir, elle reste silencieuse sur l’obligation absolue de la maintenir en cas de force majeure.
La théorie des circonstances exceptionnelles, déjà validée par le Conseil d’État et le Conseil constitutionnel lors de la crise sanitaire de 2020 pour reporter les élections municipales, pourrait théoriquement être invoquée. Qu’il s’agisse d’une catastrophe naturelle majeure, d’une nouvelle épidémie ou d’une escalade dans un conflit international (comme la guerre en Ukraine), le droit prévoit des hypothèses où le scrutin pourrait être suspendu. L’avocat se dit d’ailleurs convaincu que si le pouvoir en place décidait d’emprunter cette voie, le Conseil constitutionnel actuel finirait par la valider.
Déploiement de force disproportionné face au monde agricole
La discussion s’est ensuite orientée vers les tensions grandissantes entre l’État et le monde agricole. Un événement récent survenu dans une ferme de Haute-Savoie cristallise cette fracture : un éleveur refusant de faire vacciner son troupeau sain s’est vu imposer cette procédure par l’intervention massive des forces de l’ordre.
Pour Fabrice Di Vizio, indépendamment du débat sur la nécessité médicale de cette vaccination animale, c’est l’utilisation de la force publique qui pose un grave problème éthique et démocratique. Envoyer des compagnies de CRS pour contraindre un agriculteur dans sa propre ferme constitue un message politique fort.
Cette démonstration de force brutale est analysée comme une opération de communication psychologique à destination de l’ensemble de la population française. En écrasant toute résistance chez des travailleurs de la terre, réputés solides et capables de se défendre, l’État cherche à démontrer qu’aucune échappatoire n’est possible face à ses directives. L’absence de réaction massive face à ces méthodes autoritaires renforce le sentiment d’impuissance générale et dissuade toute velléité de révolte populaire.
Source : Teddy en roue libre





























































