À l’approche de la pause estivale, l’actrice et lanceuse d’alerte Béatrice Rosen s’est livrée à un bilan sans concession de l’actualité politique et sociétale au micro de Nicolas Vidal. Entre l’avancement de projets technologiques intrusifs et le verrouillage progressif de l’espace public, elle dresse le portrait d’une rentrée sous haute tension, marquée par une accélération sans précédent des mesures de contrôle et de surveillance de masse.
Chat Control et euro numérique : l’étau de la surveillance se resserre
Parmi les sujets les plus brûlants de cette fin de saison figure le projet européen « Chat Control ». Ce texte, présenté sous le motif de la protection de l’enfance contre les abus, vise à scanner en amont l’ensemble des messages privés des citoyens sur les applications de messagerie. Béatrice Rosen dénonce une manœuvre de contournement démocratique : alors que le Parlement européen avait rejeté la mesure à deux reprises, une procédure d’urgence a été mise en place pour inverser la dynamique des votes, exigeant désormais une majorité absolue pour que le texte soit rejeté.
Elle souligne la profonde hypocrisie des dirigeants européens, prenant pour exemple la présidente de la Commission européenne :
« Ursula von der Leyen refuse de montrer les SMS dans lesquels elle a négocié des milliards d’argent public pour des contrats de vaccins, affirmant que nous n’y avons pas accès. En revanche, ils exigent de pouvoir scanner l’intégralité de nos messages privés. Ils veulent la confidentialité absolue pour eux-mêmes et la transparence totale pour nous, signant ainsi la fin de notre vie privée. »
En parallèle, le vote de l’euro numérique par le Parlement européen vient renforcer cette crainte d’une numérisation totale de la société, où chaque transaction et échange pourrait être tracé et conditionné.
Le double jeu de la classe politique et le « théâtre médiatique »
Béatrice Rosen ne ménage pas l’opposition politique française, et particulièrement le Rassemblement National (RN), qu’elle accuse de double jeu. Elle rappelle que le parti a voté en faveur de la procédure d’urgence ayant permis de remettre le projet Chat Control sur la table, tout en prétendant s’y opposer dans la communication publique. De même, elle mentionne leur vote passé pour la « loi Miller », qui restreint l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, ainsi que leur soutien au Digital Services Act (DSA).
Pour la lanceuse d’alerte, la vie politique française s’apparente de plus en plus à une fiction scénarisée, un véritable « théâtre médiatique » comparable à une série télévisée où chaque affaire judiciaire ou déplacement de personnalité est surmédiatisé pour capter l’attention du public, pendant que les lois liberticides sont votées en toute discrétion.
De la voiture connectée au pass numérique : l’intrusion dans le quotidien
La surveillance ne se limite pas au monde virtuel ; elle s’immisce désormais dans le quotidien le plus concret des citoyens. Béatrice Rosen évoque l’obligation européenne d’installer des caméras intérieures orientées vers le conducteur dans toutes les voitures neuves, officiellement pour détecter la somnolence au volant. Elle cite également l’obligation de s’inscrire en ligne avec une identité numérique pour obtenir un accès au défilé de la fête nationale, décrivant l’avènement progressif d’un « régime d’autorisation » permanent.
Plus inquiétant encore, elle pointe du doigt le glissement des décisions de justice vers la sphère administrative. En confiant le pouvoir de sanction et de contrôle à des préfets ou à des commissions nommés par l’exécutif plutôt qu’à des juges indépendants, le pouvoir s’octroie des outils de censure et de ciblage des dissidents d’une efficacité redoutable, ouvrant la voie à l’arbitraire le plus total.
Contrôle de l’information et crise morale
La volonté gouvernementale de durcir la lutte contre les « fausses informations » par le biais de commissions permanentes est également perçue comme une menace directe pour la liberté d’expression à l’approche des prochaines échéances électorales. En labellisant arbitrairement ce qui relève de la vérité ou de la « fake news », l’État s’immisce directement dans le débat d’idées.
Au-delà de l’aspect purement législatif, Béatrice Rosen déplore une profonde « crise de l’intégrité » au sein de la société, illustrée selon elle par des dérives éthiques majeures, comme l’organisation de célébrations festives financées par des fonds publics autour de la mise en place de l’euthanasie.
Face à ce constat vertigineux, elle invite les citoyens à ne pas sombrer dans le déni ni dans le découragement. Tout en restant conscients des enjeux, elle conseille de profiter de la période estivale pour déconnecter des écrans, se ressourcer en famille et recréer du lien social réel et local, indispensable rempart pour préserver sa santé mentale et sa liberté individuelle.
Source : Tocsin































































