Organisé par la Fnac en collaboration directe avec le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, sous le haut patronage de l’Académie Goncourt, le Prix Goncourt des lycéens jouit d’une réputation prestigieuse. Pour son édition 2024, ce concours littéraire invite près de 2000 élèves répartis dans 53 établissements scolaires français — de la seconde à la terminale, toutes filières confondues — à étudier pendant plus de deux mois une sélection de 14 romans afin d’élire leur lauréat. Pourtant, derrière cette vitrine culturelle censée faire aimer la littérature à la jeunesse se cache un scandale majeur : la distribution par l’institution scolaire d’ouvrages au contenu pornographique, incestueux et suicidaire à des mineurs.
Le choc d’un élève de 14 ans face à un contenu pornographique
L’alerte a été donnée par Jeanne, mère de Robin, un adolescent de 14 ans tout juste entré en classe de seconde. Deux semaines après la rentrée scolaire, son professeur de français lui remet l’un des romans en lice pour le Goncourt des lycéens : Le Club des enfants perdus, de Rebecca Lighieri, publié aux éditions P.O.L. Le résumé de l’ouvrage ne laisse rien deviner de sa nature réelle, et les familles ne reçoivent aucun avertissement préalable de la part de l’école.
En lisant le livre chez lui, le jeune garçon s’arrête dès la page 52, profondément perturbé, et prévient immédiatement sa mère que le texte est particulièrement cru. En prenant connaissance du passage en question, Jeanne découvre des descriptions détaillées de pratiques sexuelles brutales, de sodomie, d’injures dégradantes et de détails scatologiques impliquant les parents de l’héroïne.
Choquée qu’un tel écrit soit imposé dans un cours de français, la mère de famille contacte aussitôt la direction du lycée. Lors d’un entretien en présence de l’adjointe du directeur, le professeur de français — qui a depuis lu les 450 pages de l’ouvrage — refuse toute remise en question. Il juge le livre parfaitement normal et accuse la mère d’être « trop sensible », affirmant que si l’on s’interdit ce type de lecture, « on ne peut plus rien lire ». L’ironie de la situation éclate lorsque Jeanne commence à lire à haute voix les passages incriminés durant le rendez-vous : la direction lui demande rapidement de s’arrêter en raison de la vulgarité insoutenable des termes employés — ceux-là mêmes que l’établissement impose pourtant à des élèves de 14 ans.
Inceste banalisé, sadomasochisme et incitation au suicide
Saisie par cette mère d’élève, Sophie Audugé, déléguée générale de l’association SOS Éducation, a intégralement analysé l’ouvrage. Au-delà de la médiocrité littéraire du texte, le roman cumule les transgressions les plus destructrices pour le psychisme d’adolescents en pleine construction :
- Omniprésence de l’inceste : Le récit baigne dans un climat incestueux permanent et totalement banalisé. Le père pense à la sexualité de sa fille pendant ses propres rapports conjugaux ; la fille imagine en détail la masturbation de sa mère ; la mère couche avec le petit ami de sa fille tandis que cette dernière entretient une relation avec la maîtresse de son père. Le roman évoque également un enfant né d’un inceste entre la mère et son propre frère, bébé qui finit par mourir.
- Sexualité autopunitive et sadomasochisme : À la page 394, l’héroïne, Miranda, cherche à « expier » une faute envers son compagnon Swan lors d’une scène sadomasochiste impliquant des brûlures à la cire de bougie achetée en sex-shop, des allusions à des caresses au couteau jusqu’au sang et une pénétration anale brutale sans préliminaires. Le livre dépeint aussi des rapports sexuels avec des sans-abri sur fond d’excréments.
- Programmation du suicide : On suit le personnage principal entre 16 et 27 ans dans une trajectoire de dépression et d’autodestruction. Son unique projet de vie consiste à intégrer le « club des 27 » en mettant fin à ses jours à cet âge précis, le livre allant jusqu’à décrire le mode opératoire de son suicide pour fuir un monde présenté comme intégralement dégénéré.
Derrière le pseudonyme de Rebecca Lighieri se trouve Emmanuelle Bayamack-Tam (née Garino), professeure agrégée de lettres modernes et autrice multiprimée (Prix du Livre Inter en 2019, Prix Médicis en 2022), dont le compagnon est par ailleurs engagé chez La France insoumise (LFI). Par ailleurs, ce roman n’est pas un cas isolé au sein des 14 titres retenus : le professeur de français de Robin a lui-même mentionné un autre livre de la sélection, Aucun respect d’Emmanuelle Lambert (éditions Stock), qu’il qualifie cette fois de « hard » en raison de son contenu sadomasochiste.
Une effraction psychique cautionnée par l’institution scolaire
Pour le jeune Robin, les conséquences sont lourdes : présentant des signes psychotraumatiques après cette lecture, il doit désormais être suivi par un psychologue. Ce qui l’a le plus ébranlé est le fait qu’un adulte référent, dans le cadre de l’école, lui ait transmis un tel contenu.
Cette situation provoque une véritable effraction psychique en brisant la frontière intergénérationnelle. Si des adolescents peuvent parfois chercher à transgresser des interdits par eux-mêmes dans leur sphère privée, voir l’institution scolaire leur imposer l’intrusion violente dans l’intimité sexuelle déviante d’un couple parental constitue une agression psychologique. Alors que l’Éducation nationale prétend lutter contre la pornographie pour justifier ses séances d’éducation à la sexualité à l’école, elle introduit elle-même de la pornographie extrême directement entre les mains des mineurs, sans le moindre filtre parental.
Face au refus du rectorat et de l’établissement de retirer l’ouvrage — au motif qu’il figure sur une liste validée par le ministère de l’Éducation nationale —, SOS Éducation a décidé d’adresser un courrier officiel comprenant les extraits les plus graves aux ministres de l’Éducation nationale et de la Culture, ainsi qu’au Premier ministre. Que les responsables aient validé ce livre après l’avoir lu ou sans l’avoir ouvert, leur responsabilité est totale. En attendant une réaction des pouvoirs publics, un appel urgent à la vigilance est lancé à tous les parents : l’école ne garantissant plus la sécurité morale et psychologique des élèves, il devient indispensable de contrôler systématiquement les lectures imposées en classe.
Source : Tocsin




























































