La troisième publication de la Maison Blanche concernant les UAP (Phénomènes Anomaux Non Identifiés) est désormais disponible. L’historien et chercheur Richard Dolan a passé au crible l’intégralité de ces documents pour en extraire les éléments les plus significatifs. Bien qu’il n’y ait pas de document « révélation » ultime ou de preuve absolue de la divulgation, cette collection de dossiers historiques et contemporains provenant de la CIA, du FBI, de la NASA et de l’armée offre un aperçu fascinant de la manière dont les institutions étatiques traitent ce sujet depuis des décennies.
Le cas de Colorado Springs (2022) : Un objet en forme de pomme de terre
Parmi les dossiers contemporains les plus solides figure un rapport de 2022 près de Colorado Springs, documenté dans deux fichiers du FBI. L’un contient l’entretien avec le témoin principal, un ancien officier du renseignement de l’armée américaine, et l’autre présente une reconstruction numérique réalisée par le FBI sur la base de son témoignage.
Le témoin et quatre autres membres de son unité ont observé, en plein jour, un objet stationnaire au-dessus de Cheyenne Mountain pendant environ deux minutes. L’objet a été décrit comme ayant la forme d’une pomme de terre, de couleur pâle, légèrement translucide et opalescente. Sa surface semblait constituée de panneaux ou d’écailles irrégulières qui bougeaient en vagues lentes, bien que l’objet lui-même soit resté immobile. Après deux minutes, l’objet a disparu instantanément, un phénomène décrit comme une occultation active (cloaking).
L’évaluation officielle de ce cas est particulièrement surprenante. Les analystes ont suggéré, avec un niveau de confiance faible, que la lumière du soleil se reflétant sur le terrain enneigé vers des nuages bas aurait créé l’illusion de cet objet. Cette explication rappelle les conclusions les plus sceptiques et parfois absurdes de l’ancien Projet Blue Book. Demander à cinq militaires formés d’accepter qu’ils ont confondu un reflet sur des nuages avec un objet structuré présentant des détails de surface précis semble en effet peu crédible.
La grappe d’orbes dans l’Ouest américain (2023)
Un autre cas contemporain majeur, documenté par l’AARO (All-domain Anomaly Resolution Office), s’est produit en 2023 près d’un site sensible de sécurité nationale dans l’ouest des États-Unis. Six agents des forces de l’ordre fédérales ont rapporté avoir observé, sur une période de deux jours, des orbes orange lumineux de grande taille produisant des orbes rouges plus petits.
À ce jour, le cas reste officiellement non résolu. Les dossiers contiennent des reconstitutions numériques montrant un grand objet lumineux entouré de points rouges changeant de configuration, ce qui correspond aux déclarations des agents décrivant des orbes associés se déplaçant en formation.
Les enquêtes du FBI sur les orbes du Nord-Est
La publication contient également des dossiers du FBI sur des rapports récurrents d’orbes lumineux dans le nord-est des États-Unis. Contrairement au cas de l’Ouest, ces dossiers ne contiennent pas de reconstitutions 3D mais des rapports d’entretiens et des enregistrements vidéo.
L’un des enregistrements marquants date de juillet 2025. Deux témoins ont observé une sphère rouge très brillante planant à environ 8 mètres du sol. L’un des témoins a décrit un centre semblable à du plasma blanc à l’intérieur de la sphère rouge. Un second orbe est ensuite apparu au-dessus du premier, et les deux se sont déplacés ensemble au-dessus de la cime des arbres, comme s’ils étaient liés ou en formation, avant de fusionner en s’éloignant.
L’incident de l’aéroport de Harare (2008)
Ce document est un rapport de renseignement de la CIA concernant un incident survenu le 2 juillet 2008 à l’aéroport de Harare, au Zimbabwe. Un objet en forme de disque avec un centre creux et des lumières rotatives sur sa partie inférieure a été observé visuellement et par radar. À un moment donné, des faisceaux lumineux ont émané de l’objet, puis les lumières ont changé de couleur avant que l’appareil ne s’éloigne à une vitesse prodigieuse.
La liste de distribution de ce rapport démontre l’importance qui lui a été accordée : il a été transmis à la Situation Room de la Maison Blanche, au FBI, à la NSA, à la DIA, à la FAA et aux chefs d’état-major interarmées. Le document mentionne explicitement que les analystes ont examiné si l’objet pouvait être une plateforme de reconnaissance étrangère avancée ou un appareil d’origine extraterrestre.
Archives de la Guerre froide et dossiers soviétiques
La partie historique de cette publication est extrêmement riche pour les chercheurs :
- Rapports de l’Air Force (1947-1948) : Plus de 170 résumés d’incidents militaires standardisés, détaillant des cas célèbres comme ceux de Muroc Airfield ou de Rapid City. Ces documents montrent l’armée de l’air en train de structurer sa base de données sur les ovnis dès le début du phénomène.
- Directive de la Navy (1948) : Un document de décembre 1948 montre que la marine américaine, contrairement à ses déclarations publiques rassurantes, avertissait ses commandements qu’un nouveau cycle de rapports sur les « disques volants » était sur le point de commencer et ordonnait de collecter immédiatement des rapports et des photographies.
- Étude de l’armée de terre (1949) : Une analyse visant à déterminer si les observations pouvaient être liées à une technologie soviétique. L’armée a conclu à l’époque qu’il n’y avait aucune preuve d’une origine étrangère (soviétique), traitant néanmoins le sujet comme un problème de renseignement sérieux.
- L’observation du sénateur Richard Russell (1955) : Bien que le dossier de la CIA (CIA UAP00006) ne nomme pas directement le sénateur Russell, il décrit un incident survenu le même jour (4 octobre 1955) dans la même région (Baku, Azerbaïdjan soviétique) impliquant un passager américain voyageant en train. Le témoin a décrit un objet triangulaire s’élevant rapidement à un angle de 45 degrés, après quoi le personnel du train soviétique a précipitamment baissé les stores, ce qui correspond exactement au récit connu de Russell et de ses assistants.
- Rapports sur les scientifiques soviétiques (1967) : Un document de la CIA montre que malgré le scepticisme officiel, l’intérêt pour les ovnis était très répandu parmi les scientifiques soviétiques, certains astronomes admettant que certains objets observés n’étaient ni des satellites ni des météorites.
Le document de la Défense australienne (1971)
Ce document du ministère de la Défense australien est l’un des plus lucides de la publication. L’analyste y passe en revue les projets américains (Sign, Grudge, Blue Book) et le rapport Condon. Il y affirme que le traitement public des ovnis par les États-Unis ne correspondait pas au niveau d’inquiétude réel en coulisses.
Il souligne que plus le témoin est qualifié, plus le cas a de chances de rester inexpliqué. L’auteur recommandait à l’époque que l’Australie ne suive pas aveuglément la position publique américaine mais développe sa propre approche scientifique et indépendante du phénomène.
Débriefings de la NASA et position officielle
Les fichiers de la NASA contiennent des transcriptions de débriefings d’astronautes des missions Mercury, Gemini et Apollo. Les astronautes y décrivent fréquemment des « étincelles », des débris lumineux ou des particules brillantes autour de leurs capsules (notamment lors des missions Gemini 4, 5 et 7). Bien que la NASA ait privilégié des explications conventionnelles (morceaux de propulseurs, cristaux de glace, aurores), ces rapports montrent que ces observations étaient systématiquement consignées et analysées.
La publication inclut également un enregistrement audio d’une interview de 1962 entre le célèbre journaliste Walter Cronkite et l’astronautes Gordon Cooper, où ce dernier explique de manière très pragmatique pourquoi il prend le sujet des ovnis au sérieux, citant le grand nombre de personnes qualifiées ayant fait des observations inexpliquées.
Enfin, un dossier de correspondance de 1998 illustre la posture publique moderne de la NASA : accuser réception des rapports, proposer systématiquement des explications conventionnelles, s’appuyer sur des analyses de sceptiques notoires (comme James Oberg) et clore le dossier en affirmant ne détenir aucune information secrète.
En conclusion, cette troisième publication ne contient pas de preuve absolue ou de document officiel admettant une présence extraterrestre. Elle offre en revanche une continuité historique précieuse, démontrant que sur plusieurs décennies, de multiples agences gouvernementales ont collecté, analysé et débattu de rapports d’UAP qu’elles ne parvenaient pas toujours à expliquer.
Source : Richard Dolan Intelligent Disclosure






























































