L’affaire avait profondément marqué les esprits à la fin de l’année 2022. Damien Tabard, alors chauffeur de car scolaire, avait été démis de ses fonctions pour avoir effectué des arrêts considérés comme non autorisés par sa hiérarchie. Son intention était pourtant bienveillante : déposer des enfants au plus près de leur domicile pour garantir leur sécurité. Après de longs mois de procédure, le conseil des prud’hommes vient de rendre son verdict en ce mois de mai 2026, rejetant la contestation du conducteur.
La sécurité des enfants avant le règlement
Les faits remontent à novembre 2022. Fort de ses dix-sept années d’expérience au volant de cars scolaires, l’homme, alors âgé de 70 ans, est accusé par sa société de transport de pratiquer des arrêts dits « sauvages » ou de complaisance.
À l’origine de cette situation, la demande d’une mère de famille souhaitant que sa fille collégienne soit déposée plus près de sa maison avant la rentrée des classes. Face aux lenteurs administratives nécessaires pour créer un nouvel arrêt officiel, le chauffeur décide d’agir de son propre chef. Il justifie son choix par un impératif absolu de sécurité, refusant de laisser une jeune fille marcher de nuit sur le bord d’une route départementale particulièrement dangereuse.

Il avait d’ailleurs immédiatement signalé la situation à sa direction, espérant accélérer la mise en place d’un point de ramassage officiel, d’autant plus que cet arrêt existait déjà quelques années auparavant. L’employeur n’a cependant pas souhaité entamer ces démarches.
Un licenciement pour insubordination très médiatisé
Les détours du chauffeur finissent par être repérés grâce aux relevés GPS du véhicule. L’employeur le met alors en demeure de cesser cette pratique. Face à son refus de compromettre la sécurité de la collégienne, la sanction tombe de manière implacable : il est renvoyé pour insubordination. L’histoire suscite rapidement l’indignation générale et fait les gros titres des médias nationaux.
Soutenu par une vingtaine de parents d’élèves qui s’étaient rassemblés en signe de solidarité lors de l’audience de janvier 2025, le septuagénaire espérait obtenir gain de cause devant la justice prud’homale.

Une décision amère mais définitive
Le couperet est finalement tombé. Les juges ont estimé que le comportement du salarié, en procédant à ces arrêts non validés, relevait bien de l’insubordination. Le licenciement pour faute grave est ainsi confirmé. En outre, l’ancien chauffeur est condamné à verser la somme de 500 euros à la société de transport au titre des frais de justice.
« Ce n’est pas une surprise. Les juges ont fait leur travail. Ils ont privilégié l’insubordination et donné raison à l’entreprise. Le tribunal ne m’a condamné qu’à 500 euros au vu de la faiblesse de mes revenus ainsi qu’aux frais de justice. Je ne souhaite pas faire appel. »
Son avocate, Maître Lise-Nadine Moreau, a exprimé une vive déception face à ce jugement, se disant tout de même fière d’avoir défendu un homme qui a fait preuve d’humanité en désobéissant à des ordres dénués de bon sens. Elle soulève d’ailleurs un fait particulièrement ironique : les arrêts qui lui étaient reprochés ont finalement été officialisés peu après son éviction, tant par l’employeur que par la région Nouvelle-Aquitaine.
Aujourd’hui âgé de 74 ans, Damien Tabard a définitivement tourné la page. Il vit désormais de sa modeste retraite, qu’il complète en conservant une petite activité agricole.
Source : france3-regions.franceinfo.fr



























































