L’intersection entre la religion, l’astronomie et le phénomène des objets volants non identifiés (OVNI) fascine depuis des décennies. Dans un entretien approfondi mené par le chercheur Michael Salla, l’auteur Leo Zagami expose les thèses de son ouvrage The Vatican’s Top Secret Alien Agenda. Cette discussion explore une lecture alternative de l’histoire, suggérant que l’Église catholique, et plus particulièrement l’ordre des Jésuites, jouerait un rôle central dans la gestion secrète des informations liées aux intelligences non humaines.
L’entrevue met en lumière une série de récits historiques et de théories contemporaines, tentant de relier les anciennes observations astronomiques aux récents débats politiques sur la divulgation extraterrestre. Voici une analyse des principaux arguments avancés lors de cet échange singulier.
L’héritage astronomique des Jésuites
Pour comprendre les théories liant le Vatican à l’espace, il faut d’abord se pencher sur des faits historiques avérés : l’engagement de longue date de l’Église dans l’astronomie. Leo Zagami rappelle que l’ordre des Jésuites est impliqué dans l’observation stellaire depuis près de cinq siècles, notamment à travers le Collège Romain et leurs échanges de connaissances avec l’Empire chinois.
Aujourd’hui, l’Observatoire du Vatican (la Specola Vaticana) demeure une institution scientifique de premier plan. Initialement situé dans les jardins du Vatican, il a été déplacé à Castel Gandolfo dans les années 1930 sous le pontificat de Pie XI, puis étendu avec des installations modernes comme le télescope du mont Graham en Arizona. Selon l’auteur, cette présence scientifique continue ne serait pas uniquement motivée par la recherche fondamentale, mais servirait d’infrastructure pour surveiller et anticiper un éventuel contact extraterrestre.
Le mystère du crash de Magenta en 1933
L’un des piliers de l’argumentation présentée concerne un événement qui se serait produit bien avant le célèbre incident de Roswell. Zagami s’appuie sur des documents controversés, étudiés par le chercheur italien Roberto Pinotti, évoquant le crash d’un aéronef inconnu à Magenta, dans le nord de l’Italie, en 1933.
Le récit avancé suggère la chronologie suivante :
- La récupération : Le régime de Benito Mussolini aurait récupéré l’engin et mis en place une commission secrète (le cabinet RS/33).
- L’ingénierie inverse : Le célèbre inventeur Guglielmo Marconi aurait été chargé d’étudier la technologie de l’appareil, menant prétendument à des recherches sur un rayon à énergie dirigée.
- L’intervention papale : Le pape Pie XI, puis son successeur Pie XII, seraient intervenus pour empêcher que cette technologie ne tombe définitivement entre les mains des forces de l’Axe, facilitant finalement son transfert vers les États-Unis à la fin de la guerre.
Les implications théologiques d’un univers habité
Au-delà des récits de récupérations matérielles, l’entrevue soulève la question de la préparation psychologique et religieuse des masses. Comment une institution millénaire justifierait-elle sa pertinence face à la découverte d’autres civilisations ?
Zagami souligne que le Vatican débat discrètement de ces questions depuis les années 1950. Il cite les travaux du prêtre jésuite et paléontologue Pierre Teilhard de Chardin, dont les idées novatrices sur l’évolution cosmique ont d’abord été marginalisées avant d’influencer indirectement le concile Vatican II. Des figures plus contemporaines, comme le père Gabriel Funes ou le frère Guy Consolmagno (actuel directeur de l’Observatoire du Vatican), ont publiquement abordé la possibilité d’une vie extraterrestre, Consolmagno ayant même publié un ouvrage abordant la question théorique du baptême d’un extraterrestre s’il le demandait.
Selon l’auteur, cette ouverture théologique ne serait pas une simple spéculation intellectuelle, mais une stratégie délibérée pour intégrer l’existence d’intelligences non humaines dans le dogme chrétien, en les présentant potentiellement comme des frères cosmiques.
La critique du mouvement de divulgation moderne
Un aspect central de la discussion porte sur le scepticisme de Zagami face aux actuelles initiatives de divulgation aux États-Unis. Alors que de nombreux passionnés voient l’émergence de lanceurs d’alerte issus du renseignement comme une victoire pour la transparence, l’auteur y voit une opération psychologique soigneusement orchestrée.
Il affirme que de nombreuses figures de proue de l’ufologie moderne et du mouvement de divulgation (anciens agents du renseignement, universitaires, ou figures médiatiques) entretiendraient des liens étroits avec des cercles d’influence liés au Vatican ou à des sociétés secrètes. L’objectif de cette divulgation gérée serait de contrôler le récit public, en présentant une vision filtrée et potentiellement trompeuse de la réalité extraterrestre, afin de maintenir les structures de pouvoir mondiales en place au fur et à mesure que les technologies avancées et l’intelligence artificielle transforment la société.
Entre récits personnels et géopolitique
L’entrevue se conclut sur des affirmations plus personnelles, Leo Zagami relatant une expérience vécue à Rome en 1993, au cours de laquelle il prétend avoir interagi avec une intelligence non humaine qu’il associe aux entités Nommo (issues de la mythologie du peuple Dogon). Il décrit cette rencontre comme ayant eu une approche presque militaire et scientifique, modifiant profondément sa vision de l’ésotérisme.
En définitive, cet échange illustre la complexité des récits exopolitiques contemporains. Qu’on les perçoive comme des révélations factuelles ou comme l’expression d’une mythologie moderne reflétant nos angoisses face à l’inconnu et à l’autorité, ces théories démontrent que la quête de sens autour de notre place dans l’univers reste profondément entrelacée avec nos institutions terrestres les plus anciennes.
Source : Michael Salla
































































