L’affaire prend des proportions inédites et traverse désormais l’Atlantique. Depuis le dépôt d’une plainte de 219 pages à l’été 2025 devant la Cour supérieure de l’État du Delaware, le couple présidentiel français, Emmanuel et Brigitte Macron, a engagé un bras de fer judiciaire contre l’influenceuse et journaliste américaine Candace Owens. Loin d’être un simple fait divers de la presse people, cette procédure soulève de profondes interrogations juridiques et géopolitiques. Le journaliste d’enquête Xavier Poussard et l’avocat honoraire Régis de Castelnau décryptent les véritables enjeux de ce procès qui dépasse largement le cadre de la diffamation.
Un bourbier juridique aux États-Unis
La procédure initiée par les Macron s’avère pour le moins atypique. Le procès, dont la première phase consistant à examiner une requête en nullité déposée par la défense de Candace Owens devait se tenir le 22 juin 2026, a de nouveau été reporté au 27 juillet 2026 à la demande de la partie américaine. Selon Xavier Poussard, co-auteur du livre Devenir Brigitte avec Candace Owens, ce report illustre une volonté de temporisation de la part des Américains.
Le dossier en lui-même pose d’immenses défis légaux. La loi américaine sur la diffamation s’appuie sur le principe de la source originelle (first source). Or, le livre de Xavier Poussard, qui constitue cette source première, n’est pas poursuivi aux États-Unis. Pour rendre leur plainte recevable, les plaignants ont dû, selon le journaliste, bricoler juridiquement en désignant Natacha Rey et Amandine Roy comme les sources initiales de Candace Owens. Un argument fragilisé par le fait que ces deux femmes ont récemment obtenu une relaxe en appel en France.
Régis de Castelnau souligne par ailleurs une anomalie majeure dans cette plainte : l’implication directe du président de la République. Le document entretient un flou total sur la qualité sous laquelle agit Emmanuel Macron, mêlant son statut de mari, de citoyen français et de chef d’État. L’avocat rappelle un principe fondamental du droit français : nul ne plaide par procureur. De plus, la plainte prendrait par moments des allures de roman à l’eau de rose, décrivant de manière très littéraire la genèse de la relation entre le jeune Emmanuel et sa professeure, un ton pour le moins surprenant pour un document pénal américain.
L’ombre de Donald Trump et le dossier « President of France »
Pour comprendre les ramifications de cette affaire, Xavier Poussard invite à remonter à l’été 2022, lors de la perquisition du FBI dans la résidence de Donald Trump à Mar-a-Lago. Parmi les documents classifiés saisis, un seul dossier nominatif concernant un dirigeant étranger a été rendu public : un dossier estampillé « President of France ».
Cette découverte suggère que le gouvernement américain détient des informations personnelles potentiellement compromettantes sur Emmanuel Macron. Depuis, Donald Trump semble souffler le chaud et le froid sur ce dossier, utilisant son réseau d’influenceurs (dont Candace Owens et Tucker Carlson) pour maintenir une pression constante. Le fait que l’administration américaine laisse ces figures médiatiques aborder ces sujets sensibles sans entrave démontrerait, selon le journaliste, une stratégie assumée de déstabilisation informationnelle.
Le choc des agendas géopolitiques
Au-delà des personnes, ce procès cristalliserait l’affrontement de deux visions géopolitiques diamétralement opposées :
- La stratégie américaine : S’appuyant sur un document de sécurité nationale publié en décembre 2025, Xavier Poussard analyse la volonté de Donald Trump de liquider l’ancien ordre mondial (qualifié d’hyperclasse). L’objectif serait un retrait de l’OTAN, un retour à une version moderne de la doctrine Monroe centrée sur les Amériques, et une neutralisation de l’Union européenne, considérée comme le véritable adversaire idéologique de cette nouvelle administration américaine.
- L’agenda d’Emmanuel Macron : À l’inverse, le président français chercherait à s’imposer comme le leader d’une Europe fédérale. Face au désengagement américain, son projet consisterait à reprendre le gouvernail de l’UE et de l’OTAN, en favorisant un réarmement et en maintenant une posture de confrontation avec la Russie.
Dans cette partie d’échecs, Emmanuel Macron serait, d’après les analystes, pris par le temps et engagé dans une fuite en avant dangereuse, tentant de masquer ses faiblesses internes par une surenchère internationale.
Le coup de maître de Candace Owens au Delaware
Un événement récent illustre la complexité tactique de cette affaire. Le 20 mai 2026, Candace Owens a réalisé une longue interview de Hunter Biden, le fils de l’ancien président Joe Biden. Alors que les deux personnalités semblent politiquement opposées, Xavier Poussard y voit une manœuvre brillante.
Le procès intenté par les Macron se déroule dans l’État du Delaware, qui est précisément le fief historique et électoral de la famille Biden. En offrant une tribune de réhabilitation à Hunter Biden — qui sort de plusieurs années de sevrage —, Candace Owens s’attire potentiellement les bonnes grâces de l’establishment local et de la juridiction même qui devra juger la plainte du couple présidentiel français.
Un pouvoir français sur la corde raide
En France, la défense du couple présidentiel s’organise notamment par le biais médiatique. La diffusion récente d’un documentaire sur France 5, intitulé La fabrique du mensonge, visait à décrédibiliser les rumeurs. Cependant, selon Xavier Poussard, cette exposition aurait eu l’effet inverse, portant les conclusions de son enquête à la connaissance de plus de 4,2 milliards d’individus à travers le monde, notamment en Asie et en Russie.
Régis de Castelnau lance un avertissement sévère sur la fragilité de la situation d’Emmanuel Macron. L’avocat observe des signes de fronde au sein de l’appareil d’État et de la magistrature. Selon lui, le président est « plus affaibli qu’il ne l’imagine ». Le jour où le pouvoir montrera un signe de faiblesse irréversible, le système institutionnel et judiciaire qui l’a jusqu’ici protégé pourrait se retourner violemment contre lui pour tenter de redorer son propre blason.
« Si la France ne veut pas être démembrée et disparaître de l’histoire pour les 80 prochaines années, il faut se réveiller. » — Xavier Poussard
Le procès de cet été au Delaware s’annonce donc comme bien plus qu’une simple querelle d’honneur. Il pourrait s’agir de l’un des théâtres où se joue l’avenir de l’influence française sur la scène internationale, face à une administration américaine déterminée à rebattre les cartes du pouvoir mondial.
Source : Tocsin































































