Pendant plus de vingt ans, l’ingénieur Jean-Jacques Velasco a dirigé le service officiel du Centre national d’études spatiales (CNES) chargé d’enquêter sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés (PAN). Entré au CNES en 1971 pour travailler sur les capteurs des satellites d’observation de la Terre, il rejoint en 1977 le GEPAN — créé par Claude Poher —, où il reste jusqu’en 2004. Au fil de milliers de dossiers officiels transmis par la gendarmerie, la police, la marine et l’aviation civile ou militaire, une certitude s’est imposée : les OVNI constituent bel et bien une réalité physique.
La méthode officielle : classer l’inexplicable
Loin des photos ou vidéos circulant sur les réseaux sociaux, l’organisme du CNES n’exploite que des rapports officiels issus d’institutions publiques. Pour analyser les quelque 150 à 200 cas rapportés chaque année, il s’appuie sur la classification établie dès les années 1947-1948 par l’astronome américain J. Allen Hynek, conseiller de l’US Air Force :
- Catégories A et B : les phénomènes parfaitement ou relativement identifiés, explicables par des causes naturelles ou artificielles (phénomènes atmosphériques, avions, rentrées de satellites).
- Catégorie C : les cas qui, faute d’informations suffisantes, ne peuvent être rattachés à aucun phénomène connu. Ils représentent environ 40 % des dossiers.
- Catégorie D : les phénomènes aérospatiaux non identifiés à proprement parler, présentant des caractéristiques spécifiques impossibles à assimiler à des événements connus.
Parmi ces dossiers de catégorie D figurent des dizaines de cas terrestres aux constantes frappantes : une boule lumineuse croise une voiture la nuit, provoquant l’extinction des phares, de la radio et parfois du moteur, avant que tout ne redevienne normal une fois le phénomène éloigné. Plus rares encore sont les « rencontres rapprochées », à moins d’une cinquantaine de mètres du témoin. Le cas de Valensole, en 1965, reste à ce titre emblématique d’une rencontre rapprochée du troisième type (où des personnages sont observés près de l’objet) : trois rapports de gendarmerie successifs et des traces physiques au sol, notamment un trou laissé par l’appareil, attestent de la réalité de l’événement. En France, l’année 1954 s’est également distinguée par une vague exceptionnelle, avec près de 30 % de rencontres rapprochées sur une centaine de rapports de gendarmerie.
Du PAN à l’OVNI : le cas décisif de l’Airbus d’Air France
Il convient toutefois de ne pas confondre OVNI et extraterrestres. Le rôle du GEPAN n’a jamais été de prouver une présence extraterrestre, mais de démontrer l’existence de phénomènes physiques inexplicables par nos technologies actuelles. Le passage du simple PAN à l’OVNI (objet volant non identifié) repose sur le couplage entre un témoignage humain et une mesure physique, ce qui place les pilotes en première ligne.
Si le premier cas aéronautique français remonte à 1951 — lorsque deux avions de chasse Vampire ont tenté en vain de poursuivre un objet discoïdal près d’Orange et de Marcoule avant qu’il ne s’éloigne à une vitesse phénoménale —, il a fallu attendre près de vingt ans à Jean-Jacques Velasco pour tenir un dossier irréfutable. En 1995, à 13 heures, alors que leur appareil se trouve vers Coulommiers, à environ 70 kilomètres de la capitale, le pilote, la copilote et le steward d’un Airbus d’Air France aperçoivent au-dessus de Paris un immense objet discoïdal sombre, mesurant entre 250 et 300 mètres. L’objet évolue, croise leur trajectoire pendant une cinquantaine de secondes, puis ses contours deviennent flous avant qu’il ne disparaisse brusquement.
D’abord classé en catégorie C faute de détails dans le premier rapport, le dossier bascule lorsque Jean-Jacques Velasco découvre, dans un centre de contrôle aérien militaire, des enregistrements de radars primaires : l’objet inconnu y a été capté durant 52 secondes, exactement au même moment. Après avoir retrouvé le pilote et la copilote grâce à l’article d’un journaliste ancien pilote de chasse, l’ingénieur recueille deux récits parfaitement identiques qui recoupent les mesures militaires. Un objet physique se déplaçant à 180 km/h qui disparaît ainsi instantanément implique des vitesses et des accélérations prodigieuses.
Ce que révèlent 170 cas radar et militaires
Sur près de 2000 cas aéronautiques mondiaux de catégorie D recensés entre 1947 et le début des années 2000, Jean-Jacques Velasco en a isolé 170 associant témoignages de pilotes et enregistrements radar ou caméras infrarouges. Les paramètres mesurés dépassent les capacités technologiques humaines : passages du vol stationnaire à des vitesses de 2000 à 4000 km/h, accélérations de 10 à 20 G, trajectoires en zigzag ou montées verticales.
L’analyse comportementale révèle en outre une nette différence selon l’interlocuteur :
- Face aux avions civils (50 % des cas) : l’objet affiche une neutralité, voire un effacement, tout en pouvant perturber les instruments de bord — à l’image de cet avion de la Swissair au départ de New York dont le compas a été dévié par la présence d’un objet à proximité.
- Face aux avions militaires : l’interaction change radicalement et va, dans 2 à 3 % des cas, jusqu’au combat aérien. En témoignent l’affaire Mantell aux États-Unis, où un chasseur envoyé intercepter un objet a été retrouvé à l’état d’épave un quart d’heure plus tard, ou encore l’incident de Téhéran en 1976. Lors de ce dernier, documenté par les radars et le témoignage public du général Peruzzi, un second engin est sorti de l’objet principal pour faire face à l’avion de chasse, neutralisant instantanément ses systèmes d’armement et de missiles.
Alors que l’armée de l’air américaine maintient ces dossiers sous le sceau du secret, la France a toujours privilégié la transparence et la coopération militaire, illustrées en 1995 par les travaux d’anciens auditeurs de l’IHEDN réunis autour du rapport COMETA.
Roswell et la piste des essais nucléaires
Auteur de l’ouvrage Roswell : l’enquête qui change tout (éditions Trédaniel), Jean-Jacques Velasco replace ce crash célèbre au sommet de la pyramide ufologique, au cœur de la grande vague américaine qui a vu près de 500 observations entre mai et fin juillet 1947. À l’époque, Roswell se situe au centre du dispositif nucléaire et stratégique américain, entouré des sites de production atomique (Hanford, Oak Ridge, Los Alamos), de la base de lancement de fusées de White Sands et de Trinity Site, dans le désert du Nouveau-Mexique, où a eu lieu la toute première explosion atomique en 1945. Outre l’hypothèse du développement ultrasecret d’une arme laser, le dossier Roswell évoque la présence de trois corps non humains dispersés autour de l’impact ainsi qu’un survivant, ou encore la piste de matériaux comme le nitinol, un alliage aujourd’hui utilisé pour les stents médicaux.
En superposant la courbe des 170 cas aéronautiques confirmés par radar avec celle des explosions nucléaires réalisées sur Terre (545 tirs atmosphériques entre 1945 et 1995, et 2400 explosions au total en comptant les essais souterrains), Jean-Jacques Velasco et un stagiaire ingénieur ont mis en évidence une corrélation frappante : les vagues d’observations suivent les campagnes d’essais nucléaires avec un décalage systématique de deux ans.
L’explication proposée repose sur la physique : une explosion nucléaire génère une impulsion concentrant l’ensemble du spectre électromagnétique — un signal de type Dirac — qu’aucune planète ne peut produire naturellement. Tout comme nos satellites détectent des supernovas à des centaines d’années-lumière, une civilisation technologiquement avancée pourrait capter à distance ces signaux trahissant notre activité atomique, et envoyer des expéditions observer la source de ces explosions.
Source : PureSanté




























































