Sorti en 2010 et relayé par la chaîne in5d, Kymatica est un long-métrage d’une heure vingt-deux consacré à la conscience humaine et universelle. Il plonge dans les aspects métaphysiques de la réalité et part d’un constat : la plus grande menace qui pèse sur nous est la perte de soi, la mort de notre divinité.
Un univers vivant et conscient
Les neuf mois de la grossesse humaine rejouent les 3,8 milliards d’années d’évolution de la vie sur Terre. Cellule unique au départ, l’embryon développe des sortes de branchies, puis des poumons et une queue d’allure reptilienne. Il prend ensuite une forme de mammifère, puis de primate, avant de devenir un enfant humain.
Notre corps rassemble environ 50 000 milliards de cellules qui respirent, se nourrissent et communiquent. De la même manière, des milliards d’êtres humains composent l’organisme Terre, doté comme nous d’un champ électromagnétique. Les méridiens de l’acupuncture, utilisés depuis au moins 2000 ans, ont pour équivalent les lignes telluriques jalonnées de mégalithes. Ces lignes sont générées par les résonances de Schumann, de 7,83 Hz jusqu’à une septième harmonique à 43,2 Hz, en correspondance avec les sept chakras. Ces ondes règlent nos rythmes biologiques et convergent vers la glande pinéale. Ce « troisième œil » est, selon Descartes, le lieu où l’esprit et le corps se rencontrent.
La conscience est la force créatrice de l’univers, qu’on l’appelle Dieu, Krishna, nature ou champ. Le cosmos est un organisme vivant qui répond aux stimuli, croît et maintient son équilibre. Platon le décrivait comme « un être vivant doué d’une âme et d’une intelligence », et les alchimistes parlaient d’anima mundi, l’âme du monde.
Lucifer, Tiamat et le déluge
Des cultures sans contact entre elles racontent les mêmes récits : création, déluge, guerre des dieux, messie. Leur racine commune se trouve dans les étoiles. Lucifer défie le Seigneur avant d’être précipité sur Terre par l’archange Michel. Dans l’Enuma Elish, la déesse-dragon Tiamat est vaincue par Marduk et jetée dans l’abîme. Chez Ovide, Phaéton, enfant du Soleil, s’écrase dans les flammes avant qu’un déluge ne submerge tout. William Comyns Beaumont y lisait la collision de la Terre avec une planète déchue, plus tard nommée Satan. Cette planète d’eau salée, « la scintillante », brillait au point de rivaliser avec le Soleil.
Mais par leurs proportions et leur vitesse, les planètes émettent des fréquences qui gouvernent nos comportements : elles reflètent la psychologie archétypale de l’homme. L’astrologie a d’ailleurs resurgi aux XIXe et XXe siècles sous le nom de psychologie. Dans les écoles de mystères préchrétiennes, Lucifer symbolisait l’ego, qui rivalise avec le Soi véritable, centre de tout notre être.
Le faux ego, cancer de l’humanité
Un cancer naît de cellules qui cessent de communiquer avec le signal conscient de l’organisme. Le cancer de la Terre, c’est la domination du faux ego et notre divorce d’avec la nature. La vanité engendre la compétition, puis la peur et l’avidité, puis la tromperie et l’immoralité, terreau de toutes les maladies.
Tout ce qui existe naît de la relation entre la vibration, force créatrice masculine, et la matière, force réceptive féminine : c’est la kymatica. Dan Winter a montré que l’hébreu et le sanskrit parlés organisent la matière en figures de géométrie sacrée. Le Dr Leonard Horowitz rappelle qu’un tiers du cortex sensorimoteur est consacré à la langue et à la parole : dégrader le langage, c’est affecter la biologie.
Le film transpose ce constat au droit américain, à travers une « magie des mots ». Les États-Unis se sont déclarés en faillite le 9 mars 1933 et empruntent depuis à la Réserve fédérale, une société privée. Dans cette lecture, le droit maritime de l’amirauté, conçu pour le commerce naval, s’applique aux citoyens par le biais de leurs certificats de naissance. Le nom écrit en majuscules sur les documents officiels désigne une personne morale, distincte de l’être humain naturel.
La peur, nourriture du parasite
Le faux ego est un parasite qui se nourrit de notre énergie consciente, et la peur est son appât. Un biologiste cellulaire interrogé dans le film explique qu’un organisme ne peut être à la fois en croissance et en défense. Sous l’effet des hormones du stress, le sang quitte les viscères pour les membres. Or nous vivons dans une peur permanente, et nul ne survit en mode protection perpétuel. Wilhelm Reich montrait déjà que la répression des pulsions biologiques paralyse l’esprit critique des masses. Hermann Göring résumait la mécanique : il suffit de dire au peuple qu’il est attaqué.
Familles royales, gouvernements, banques, médias : ces pouvoirs sont des facettes de notre faux ego et vivent de notre complicité. Le Burke’s Peerage documente les liens de sang entre George W. Bush, de nombreux présidents américains, Godefroy de Bouillon ou Barack Obama. Mais la racine du mal se trouve dans chaque psyché. C’est pourquoi, pour chaque gouvernement corrompu renversé, deux autres surgissent.
Chamanes, rituels et mémoire effacée
Les sociétés anciennes utilisaient l’art et le rituel comme thérapie psychique. Les rituels chamaniques, calés sur des dates astrologiques, empêchaient le refoulement : chacun affrontait ses démons au lieu de les projeter sur le monde. Les catastrophes ont dispersé ces pratiques, puis les peuples chamaniques ont été anéantis. En quinze ans, les 250 000 Arawaks des Caraïbes ont disparu. Sur le territoire des futurs États-Unis, la population autochtone est passée de plus de 12 millions à 237 000 personnes. Cortés et Pizarro ont poursuivi l’œuvre chez les Aztèques et les Incas.
Choisir de redevenir souverain
Nos démons ne sont pas des monstres de cinéma. Ce sont les personnes que nous envions ou détestons, parce qu’elles nous renvoient notre propre reflet. Nous préférons le chaos extérieur à un seul instant de lucidité sur notre haine de nous-mêmes. Or 95 % de notre vie est pilotée par un subconscient programmé par d’autres. Questionnons donc chaque pensée, sans dépendre d’aucune autorité : que tout devienne notre bible.
Il n’existe pas de lois de la nature, seulement des habitudes. En 1988, l’équipe de John Cairns a placé des cellules incapables d’utiliser le lactose dans un milieu où il était la seule nourriture. Toutes ont survécu en produisant une enzyme fonctionnelle. Le biologiste du film a, lui, vu des cellules souches identiques devenir os, muscle ou graisse selon leur milieu : les gènes répondent à l’environnement. Face aux guerres et à l’effondrement financier, l’heure du choix est venue : devenir souverains ou rester dépendants, guérir ou laisser la maladie grandir.
Source : in5d



























































