Depuis plus d’un an, le sommet de l’État français mène une bataille judiciaire acharnée aux États-Unis pour faire taire l’influenceuse américaine Candace Owens. Pourtant, la décision rendue le mardi 28 octobre 2026 par le juge Sheldon Rennie, de la cour supérieure du Delaware, vient de marquer un tournant brutal dans ce procès en diffamation, qui se transforme en naufrage diplomatique.
Tout a commencé en juillet 2025, lorsque Emmanuel et Brigitte Macron ont déposé une plainte de plus de 200 pages dans le Delaware, petit État américain où sont immatriculées plus de sociétés-écrans que d’habitants. L’objectif affiché : fournir des preuves irréfutables et mettre définitivement un terme aux rumeurs qui circulent sur internet concernant l’identité de Brigitte Macron, que certains accusent d’avoir usurpé celle de son propre frère. La cible : Candace Owens, podcasteuse influente domiciliée dans le Tennessee, connue pour ses positions conservatrices et ses questions dérangeantes.
Une décision qui change la donne
Le 28 octobre 2026, le juge Sheldon Rennie a purement et simplement estimé que la cour du Delaware n’était pas compétente pour juger Candace Owens à titre personnel, celle-ci résidant dans le Tennessee et non dans le Delaware. Conséquence immédiate : ses biens personnels sont désormais totalement protégés par la justice américaine. Si la plainte contre la société Candace Owens LLC est maintenue pour l’instant, l’offensive personnelle visant à intimider et à ruiner l’influenceuse en tant qu’individu vient de s’effondrer comme un château de cartes. C’est un camouflet cinglant pour les avocats français et américains qui avaient préparé cette plainte monumentale.
Le piège du droit américain
Ce revers judiciaire illustre le piège dans lequel se sont englués les plaignants français en choisissant la juridiction américaine. Aux États-Unis, le premier amendement protège farouchement la liberté d’expression. Contrairement au droit français, où c’est à l’accusé de prouver la véracité de ses propos en matière de diffamation, la charge de la preuve est ici totalement inversée : une personnalité publique doit démontrer la malveillance réelle de son détracteur, prouver qu’il savait ses affirmations fausses et qu’il a agi avec l’intention de nuire. Les Macron doivent donc fournir eux-mêmes des documents originaux certifiés prouvant de manière incontestable que l’histoire racontée par Candace Owens est une pure invention.
Or, plus d’un an après le dépôt de la plainte, ces preuves matérielles se font désespérément attendre. Ni acte de naissance original, ni livret de famille, ni dossier médical complet, ni témoignages sous serment des médecins de l’époque n’ont été produits pour clore le débat en cinq minutes. Si demain quelqu’un vous accusait sur internet d’avoir usurpé l’identité de votre propre frère, vous sortiriez immédiatement votre acte de naissance et votre dossier médical pour régler l’affaire le jour même. Pourtant, au lieu de fournir cette preuve absolue, on assiste à un étrange enlisement procédural au plus haut niveau de l’État français.
La redoutable procédure de discovery
La situation s’est encore compliquée avec l’ouverture de la procédure de discovery, propre au droit américain et redoutée par les plaignants. Cette phase oblige les parties à se communiquer l’ensemble de leurs documents personnels, à produire des expertises médicales et à répondre sous serment à toutes les questions des avocats adverses. Candace Owens et ses conseils peuvent ainsi exiger des archives d’état civil, des témoignages d’époque et des expertises biologiques. Face à ces exigences, le camp français produit des centaines de pages d’argumentation juridique sur la mauvaise foi de l’accusée, mais les preuves matérielles concrètes, factuelles et scientifiques demeurent absentes du dossier.
La défense a d’ailleurs renforcé sa position en soulevant un conflit de lois : les délais de prescription très courts du droit français pourraient-ils s’appliquer devant les tribunaux américains ? Si le juge retenait cette analyse, l’ensemble du dossier pourrait être purement et simplement classé sans suite, ce qui constituerait la pire humiliation possible pour un président français en exercice sur la scène judiciaire internationale.
Qui paie la facture ?
Cette bataille judiciaire a un coût exorbitant. Les prestigieux cabinets d’avocats américains mandatés pour ce dossier facturent plusieurs milliers de dollars pour la moindre heure de travail. Avec plus d’un an de procédure, d’allers-retours constants entre la France et le Delaware, de motions techniques et de mémoires interminables à rédiger, la note globale s’élève vraisemblablement déjà à plusieurs millions d’euros. Une question centrale se pose alors : ces frais sont-ils couverts par les deniers personnels du couple présidentiel ou financés par le contribuable français, grâce à un subtil jeu d’écritures comptables lié à la protection fonctionnelle ? Dans un contexte où chaque euro compte pour les hôpitaux et les écoles, cette dépense massive dans un paradis judiciaire américain apparaît pour le moins surprenante, voire cynique.
L’effet Streisand à l’échelle géopolitique
En poursuivant Candace Owens aux États-Unis, l’Élysée a déclenché ce que l’on appelle un effet Streisand : en voulant étouffer une rumeur par la force judiciaire, il lui a offert une visibilité mondiale considérable. Alors que la plainte avait été médiatisée en boucle lors de son dépôt en juillet 2025, les grands médias français observent désormais un silence total sur cette défaite judiciaire majeure du 28 octobre. Aucun d’entre eux n’explique en détail cette décision capitale, qui met désormais l’accusée et son patrimoine privé à l’abri des foudres de l’Élysée.
En définitive, ce procès illustre une erreur stratégique historique. En choisissant la juridiction américaine, réputée intraitable en matière de liberté d’expression, les plaignants se sont contraints à produire des preuves absolues qu’ils semblent incapables de fournir rapidement. Plus d’un an après le dépôt de la plainte, le débat porte toujours sur la compétence du tribunal plutôt que sur le fond de l’affaire, laissant planer une impression étrange : celle d’un accusateur, au plus haut niveau de l’État, qui refuse obstinément de montrer ses pièces à conviction et préfère s’enliser dans des procédures opaques plutôt que d’apporter la preuve simple et définitive de son identité.
Source : OK Podcast




























































