Depuis plusieurs décennies, de nombreux pays développent des armes électromagnétiques. Des brevets attestent de l’intensité des recherches, mais les progrès réalisés après les années 1990 restent classés secret défense. Ce dossier, mis à jour en juin 2026 par Myriam Delapierre, rassemble des publications militaires, des brevets et des témoignages de lanceurs d’alerte. Il vise à donner une idée de ce que permettent déjà la surveillance électronique et le ciblage par ondes. L’association américaine Targeted Justice avance le chiffre de plusieurs millions de personnes ciblées dans le monde.
Dès 2001, le Dr Eldon Byrd, médecin-chef de la marine américaine, déclarait : « La technologie de contrôle mental existe, cela ne fait aucun doute. » Il évoquait des dispositifs capables d’induire à distance des sons et des images dans le cerveau, de modifier les ondes cérébrales et le comportement, ou de cibler des organes précis.
Une préoccupation militaire depuis les années 1950
Entre 1953 et 1976, le « Signal de Moscou », un faisceau de micro-ondes compris entre 2,5 et 4 gigahertz, a visé l’ambassade des États-Unis depuis un immeuble situé à une centaine de mètres. Barrie Trower, ancien expert en armes à micro-ondes de la Royal Navy britannique, affirme que les Américains ont laissé faire pour observer les maladies de leurs employés : fausses couches, cancers, leucémies infantiles. Selon lui, les micro-ondes de faible intensité sont alors apparues comme l’arme invisible idéale contre les dissidents.
Fin 1993, une conférence secrète organisée par le laboratoire américain de Los Alamos a porté sur les armes non létales à radiofréquences. Marc Filterman le rapporte dans Les armes de l’ombre : il y était question d’affecter « les populations civiles ou les troupes ». En 1998, la revue du US Army War College a publié l’article The Mind Has No Firewall. Ce texte s’intéresse aux armes psychotroniques, que le major russe I. Chernishev décrivait dès 1997 comme étant en développement partout dans le monde. L’ancien représentant républicain Curt Weldon le confirme : les États-Unis et d’autres pays utilisent des armes à énergie dirigée « pour affecter le cerveau humain ».
Des découvertes pionnières
En 1960, le neurophysiologiste José Delgado stoppait net un taureau en pleine charge grâce à un boîtier fixé sur sa tête et commandé par télécommande. En 1962, l’Américain Allan Frey faisait entendre des cliquetis et des bourdonnements à des personnes situées à des kilomètres, au moyen de micro-ondes pulsées. Frey a écrit plus tard que l’armée de l’air américaine avait ensuite cherché à discréditer les recherches non classifiées, afin de couvrir un programme classifié d’armes à micro-ondes.
Des ondes qui agissent sur le vivant
Le biochimiste Martin Pall décrit huit types de dommages documentés causés par les champs électromagnétiques. Parmi eux figurent des atteintes à l’ADN, un stress oxydatif, des troubles du sommeil et de la mémoire ou encore la dépression. Il souligne que les ondes pulsées, celles qu’utilisent tous les appareils sans fil, sont les plus actives biologiquement. Le rapport BioInitiative de 2012, signé par 29 scientifiques, recense quant à lui environ 1800 nouvelles études sur ces effets. Il est cité dans un document soumis au parlement australien. Barrie Trower évoque de son côté 8300 documents militaires qui prouvent les dommages neurologiques et physiologiques des micro-ondes.
Utilisées de façon ciblée, ces ondes deviennent des armes. Trower précise que leur puissance est inférieure à celle d’un Wi-Fi domestique. Mais leur faisceau suit la cible jour et nuit, même pendant son sommeil, ce qui revient à une dose très concentrée.
Localiser et suivre chaque individu
Carl Clark, ancien agent ayant travaillé notamment pour la CIA et le MI5, est devenu lui-même une cible après avoir quitté les services. Il a décrit le suivi des cibles par radars, satellites et logiciels, qui permet de viser les armes avec précision. Trower ajoute qu’un téléphone éteint peut être activé à distance. Le système Celldar, lui, repère les personnes en mouvement grâce aux antennes-relais. En 2002, des journalistes d’investigation expliquaient déjà que ce système pourrait voir à travers les murs.
Des voix dans la tête
Le Dr Robert Duncan, qui a travaillé pour la DARPA (l’agence de recherche militaire américaine) et pour la CIA, a présenté au MIT plusieurs technologies connues. La première est le canon à son LRAD, une arme de contrôle des foules classée par Amnesty International parmi les armes à énergie dirigée. Vient ensuite le HyperSonic Sound, qui projette un son audible par une seule personne, « comme une voix intérieure ». La dernière est l’Active Denial System : réglé à 95 GHz, il chauffe la peau et déclenche une douleur intense. Le professeur James C. Lin explique le mécanisme : les micro-ondes dilatent les tissus, et la vibration ainsi produite atteint directement l’oreille interne.
Ondes cérébrales et HAARP
Dans Les anges ne jouent pas de cette HAARP, Nick Begich rappelle que le cerveau fonctionne selon quatre bandes de fréquences : bêta, alpha, thêta et delta. Un signal électromagnétique extérieur peut lui imposer son propre rythme. Le programme américain HAARP chauffe l’ionosphère, une couche de l’atmosphère, et pourrait la transformer en miroir pour réfléchir un faisceau vers une cible. Luc Mampaey cite d’ailleurs un brevet de miroir ionosphérique artificiel, testé dès 1995 en Alaska. L’ancien directeur de recherche au CNRS Jean-Pierre Petit souligne que de tels tirs impulsionnels ne laissent aucune trace.
Le principe repose sur la modulation. Les très basses fréquences cérébrales, entre 0,6 et 10,2 Hz, pénètrent mal le corps. On les transporte donc sur une porteuse micro-ondes de 1 à 3 GHz, facile à diriger.

Selon Jean-Pierre Petit, l’ADN se comporte comme une antenne : il est 400 fois plus réceptif que la molécule d’eau à cette modulation basse fréquence.
Cellules, comportement et émotions
Barrie Trower affirme connaître plus de 600 fréquences pulsées, chacune capable de provoquer une maladie précise, de la cécité à la crise cardiaque. Robert Duncan évoque une arme « dopamine » qui submerge le cerveau et empêche la cible de penser clairement. Toujours selon Trower, le système de communication TETRA, vendu à plus de 150 pays, aurait entraîné une hausse de l’agressivité des policiers britanniques après 18 mois d’utilisation.
L’ADN comme signature de ciblage
Alain Boudet s’appuie sur les travaux de Fritz-Albert Popp pour décrire l’ADN comme une antenne électromagnétique. Le lanceur d’alerte Bryan Kofron et l’enquêteur Roger Tolces expliquent que la fréquence de résonance de l’ADN permet de cibler une seule personne, depuis un satellite ou une antenne-relais. Robert Duncan approuve ce principe. Dans le même temps, les bases génétiques se multiplient. Le NIH américain réunit l’ADN de 1,2 million de personnes, et le service de santé anglais prévoit de séquencer chaque nouveau-né en Angleterre. En France, le projet de loi SURE prévoit le recours à la généalogie génétique.
Lire les pensées, voir par les yeux
Le neuroscientifique James Giordano présente le programme N3 de la DARPA : des réseaux d’électrodes implantés sans chirurgie, qui permettent de lire et d’écrire dans le cerveau à distance. Bryan Kofron dit avoir vu fonctionner un système qui restitue en temps réel, sur un écran, ce que voit la cible.
Des armes capables de bouleverser l’ordre du monde
Invisibles et indétectables, ces armes peuvent viser un individu comme une région entière. Barrie Trower affirme qu’en réfléchissant des micro-ondes sur l’ionosphère, on peut ruiner l’agriculture d’un pays. Targeted Justice dénonce enfin un programme de messages subliminaux de la CIA, basé à Denver, qui viserait sénateurs, juges et dirigeants étrangers.
Source : Approche des technologies du ciblage par ondes électromagnétiques 07.2026 .pdf




























































