À six mois de l’élection présidentielle de 2027, la France traverse une crise profonde, à la fois sécuritaire, financière, politique et sociale. Pourtant, malgré les blocages de lycées, les manifestations, les émeutes et les pillages, la réalité du terrain offre un visage plus contrasté que l’image apocalyptique véhiculée par les écrans. Invité du média Omerta, François Asselineau, président de l’Union populaire républicaine (UPR) et candidat à la présidentielle, décrypte les ressorts de ce chaos et les perspectives politiques à l’approche du scrutin.
Des violences ciblées et l’ombre d’une instrumentalisation du pouvoir
Si l’état général du pays est très dégradé, les récents épisodes d’hyperviolence sont restés extrêmement localisés, concentrés dans quelques quartiers de Paris, à Marseille ou autour de l’hôtel de ville de Limoges, tandis que le reste de la province demeurait calme. Au sein des cortèges, aux côtés des lycéens, des Gilets jaunes et des partis politiques soucieux d’éviter tout dérapage, opèrent des pilleurs et des casseurs professionnels.
L’identité de ces « black blocs », qui ne semblent jamais arrêtés ni identifiés, soulève de sérieuses interrogations. L’épouse et le fils de François Asselineau ont notamment croisé à Paris des individus cagoulés et vêtus de noir qui ne parlaient ni français ni arabe, mais des langues d’Europe de l’Est ou des pays scandinaves, alimentant les rumeurs sur la présence d’agents de la force de gendarmerie européenne (Eurogendfor). Cette mise en scène chorégraphiée donne le sentiment qu’en haut lieu, tout est fait pour dramatiser la situation et justifier un tour de vis autoritaire : Emmanuel Macron a failli déclarer l’état d’urgence lors d’une récente allocution avant d’en être dissuadé par ses collaborateurs, tandis que le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a évoqué la suppression des réseaux sociaux.
Au lieu d’appeler au calme et à l’unité comme l’exige sa fonction, le chef de l’État agit en grand diviseur. Lors de son déplacement à Trappes, il a qualifié l’attaque locale de tournant historique et d’acte terroriste prémédité fondé sur la couleur de peau ou la religion, avant même le début de l’enquête — alors que le suspect s’est révélé être un trafiquant de stupéfiants probablement schizophrène et que la victime, un jeune expert en MMA, était catholique. En passant sous silence d’autres drames racistes comme le meurtre de Thomas à Crépol ou celui d’un retraité à Trappes quelques mois plus tôt, Emmanuel Macron entretient délibérément un sentiment de deux poids, deux mesures qui met la société en rage. Déconnecté du réel jusqu’à affirmer depuis le Koweït que les vidéos de pillages filmées par les commerçants étaient des trucages générés par l’intelligence artificielle russe, il laisse par ailleurs la justice impuissante face à des prisons affichant un taux d’occupation de 148 % pour seulement 86 % de personnel pénitentiaire.
Article 16 et escalade nucléaire : les vrais dangers de la fin de règne
Face à ce chaos, l’hypothèse d’une activation de l’article 16 de la Constitution pour reporter l’élection présidentielle est souvent évoquée, mais elle se heurte à des contraintes strictes : conçu en 1958 pour rétablir au plus vite le fonctionnement des pouvoirs publics, ce dispositif réunit le Parlement de plein droit et oblige le président à rendre des comptes au bout d’un mois. De plus, avec le quinquennat et le transfert massif de souveraineté vers l’Union européenne, la BCE ou l’OTAN, le Premier ministre a déjà été réduit au rang de simple directeur de cabinet.
Le péril le plus immédiat se situe sur le terrain militaire. Dans l’indifférence générale, la France et le Royaume-Uni viennent de mener en Méditerranée leur tout premier exercice conjoint simulant une frappe nucléaire contre la Russie, en application de la déclaration de Northwood signée en 2025. Une provocation majeure à laquelle Moscou a répondu par le tir d’un nouveau missile balistique sur 9000 kilomètres, de la mer d’Okhotsk jusqu’aux environs d’Arkhangelsk. Avec sa doctrine de « dissuasion avancée » exposée à l’Île Longue, Emmanuel Macron brade le parapluie nucléaire français à une dizaine de pays (Royaume-Uni, Norvège, Suède, Finlande, Grèce, Pays-Bas, Allemagne, Pologne) sans consulter les Français et sans obtenir la moindre contrepartie financière ou diplomatique, plaçant de fait la force de frappe nationale sous l’influence de la commissaire européenne estonienne Kaja Kallas. Cet aveuglement rappelle l’été 1870, lorsque l’entourage de Napoléon III entraînait « le cœur léger » une France sous-équipée dans une guerre perdue d’avance contre la Prusse, alors même que la dernière obuserie française produisant les pièces des canons Caesar à Forges-les-Eaux vient d’être placée en liquidation.
La malédiction du camp présidentiel et l’enjeu de la souveraineté en 2027
Sur le plan électoral, l’héritage macroniste agit comme un poison. Tous ceux qui ont servi Emmanuel Macron — Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, Élisabeth Borne, Michel Barnier ou François Bayrou — sont aujourd’hui discrédités auprès d’une opinion publique qui rejette en bloc les acteurs de ce bilan. L’idée d’une primaire du centre proposée par Gabriel Attal est vouée à l’échec, la moitié de l’électorat de Bruno Retailleau préférant voter pour Marine Le Pen plutôt que de se ranger derrière Édouard Philippe. Prenant acte de cet effondrement, une partie des milieux d’affaires et de la macronie se tourne désormais vers le Rassemblement national, tandis qu’à gauche, la primaire socialiste a écarté Ségolène Royal (7 %) au profit de Raphaël Glucksmann (66 %), porté par 50 000 votes venus de l’étranger.
Face à la perspective d’un second tour entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, le véritable clivage ne se situe plus entre la droite et la gauche, mais entre les défenseurs de l’État-nation et une oligarchie financière issue de l’Acte unique européen de 1986. Comme lors du Conseil national de la Résistance ou du « non » au référendum de 2005, le redressement exige de rassembler les deux ailes du pays autour de la souveraineté nationale.
À l’échelle internationale, le modèle européen s’effrite de toutes parts : l’Islande a rejeté à 57 % la reprise des négociations d’adhésion, l’AfD progresse en Allemagne, et la Pologne repousse l’adoption de l’euro au moins jusqu’en 2034 pour protéger son économie. Même la coopération industrielle s’effondre, Berlin construisant son bouclier antimissile sans Paris et abandonnant les projets d’avion de combat SCAF et de char franco-allemand, tandis que sur les 18 derniers mois, les pays de l’UE ont consacré 60 % de leurs commandes d’armement aux États-Unis contre seulement 2 % à la France. Alors que Washington et Moscou négocient directement l’avenir de l’Ukraine par l’intermédiaire de Steve Witkoff et que se dessine un nouveau partage du monde avec la Chine, l’Union européenne se retrouve ruinée, trahie et totalement hors jeu, approchant, sept décennies après le traité de Rome de 1957, du même épuisement historique que l’URSS en 1991.
Source : OMERTA




























































