De nombreux messages privés d’Emmanuel Macron viennent d’être révélés au grand jour, couvrant aussi bien la politique intérieure française que les dossiers internationaux. Tant sur le fond que sur la forme, la teneur de ces échanges démontre l’instabilité profonde du chef de l’État. Face à un tel constat, le maintien d’Emmanuel Macron au pouvoir jusqu’à la prochaine élection présidentielle paraît intenable : une procédure de destitution parlementaire ou sa démission immédiate s’imposent.
Ces révélations sont issues du livre Vous êtes tous trop durs avec moi, publié le 5 novembre 2026 par la journaliste et éditorialiste Françoise Degois. Proche du Parti socialiste et ancienne conseillère de Ségolène Royal, l’auteure y dévoile deux années de conversations privées entretenues directement avec le président de la République sur la messagerie Telegram, de l’été 2024 jusqu’à tout récemment, souvent tard le soir. La démarche rappelle l’ouvrage Un président ne devrait pas dire ça… des journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme, paru fin 2016, qui avait largement contribué à empêcher François Hollande de se représenter en 2017.
L’affaire Brigitte Macron en point de départ
Françoise Degois précise avoir publié ces échanges sans l’autorisation de l’Élysée. L’hypothèse d’une opération de communication concertée entre la journaliste et le président ne résiste d’ailleurs pas à la lecture des extraits : le chef de l’État n’en tire aucun bénéfice d’image et y apparaît au contraire particulièrement fébrile.
La correspondance débute à l’été 2024 à l’initiative d’Emmanuel Macron lui-même. Après un message posté par l’éditorialiste sur le réseau X pour défendre le couple présidentiel dans l’affaire Brigitte Macron, le président lui écrit directement sur Telegram en signant de ses initiales « EM » :
« Je vous remercie pour votre message, pour vos mots et mon épouse aussi. »
Ce tout premier contact illustre l’obsession du chef de l’État pour ce dossier, qui constitue manifestement son point faible — une affaire prolongée jusqu’aux États-Unis par un fiasco judiciaire estimé à 100 millions de dollars.
Dissolution, Rassemblement national et classe politique : des jugements triviaux
Au fil des mois, les échanges abordent la crise politique ouverte par la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024. Alors que Françoise Degois l’interroge à l’été 2024 sur son refus de nommer à Matignon Lucie Castets, candidate du Nouveau Front populaire, en faisant valoir la victoire de la gauche, Emmanuel Macron réplique : « Vous n’avez pas gagné, c’est le RN qui a gagné. » Une affirmation qui contredit directement son refus de nommer Jordan Bardella Premier ministre, le président ajoutant un peu plus tard : « Les gens du RN, ce sont des dingues, des dangereux. »
Concernant Marine Le Pen, un message envoyé le 7 juillet — jour où la cour d’appel a rendu sa décision lui permettant de se présenter à l’élection présidentielle — montre un président étonnamment informé en amont :
« Elle va se pourvoir en cassation, vous verrez. Et ce soir, elle annonce qu’elle est candidate. »
Si l’annonce de sa candidature était prévisible, la décision de se pourvoir en cassation avait surpris tous les observateurs. Emmanuel Macron en avait pourtant connaissance avant même qu’elle ne s’exprime, signe de contacts directs ou d’informations de première main sur une manœuvre juridique risquant paradoxalement d’entraîner l’inéligibilité de la députée lors du dépôt des candidatures en mars 2027.
Le reste de la classe politique fait l’objet de commentaires familiers, loin de la hauteur attendue sous la Ve République instituée par Charles de Gaulle. Lorsqu’il nomme Sébastien Lecornu à Matignon, il lâche simplement : « C’est le type idéal à Matignon. » Il tresse également des lauriers au premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, qu’il pousse à se présenter à la présidentielle :
« C’est un mec bien, très bien Olivier Faure. Qu’il y aille, Olivier. Les autres, ce sont des nazes si on les prend un par un. »
Absence de ponctuation et brusques revirements psychologiques
Comme le relève Le Figaro dans son édition du 3 novembre, Emmanuel Macron rédige ses messages d’un bloc, sans aucune ponctuation — ni point, ni virgule —, tout en oscillant constamment entre le tutoiement et le vouvoiement avec son interlocutrice. Lors des débats budgétaires et économiques, il livre ainsi une tirade décousue :
« J’ai aucune sympathie pour les riches je n’aime pas l’argent ni le déteste mais le jour où on aura plus d’investissement on sera dans la merde même Ségo en 2007 faisait 1000 fois mieux que ça et entre nous le truc de Zucman c’est un rossignol »
Cette instabilité se manifeste tout autant sur la scène internationale. Alors qu’il fanfaronne un jour au sujet de « l’internationale réactionnaire » en affirmant « vous allez voir comment je vais la claquer », il sombre dans l’abattement en plein sommet européen à Bruxelles, en octobre 2024, avant de se contredire dans la même phrase :
« Je m’ennuie, c’est triste et sans créativité. Mario Draghi et Angela Merkel me manquent terriblement. Oui, parfois les choses me pèsent. Non, elles ne me pèsent pas. Je ne me suis jamais découragé, vous savez. »
Un président dans le déni face aux critiques
Les échanges révèlent enfin une incapacité totale à se remettre en question. Lorsque Françoise Degois qualifie la dissolution de ratage total, il répond d’un laconique « pas d’accord ». En juin 2026, il se plaint de son traitement médiatique et politique :
« On a fait beaucoup de choses contre le séparatisme, pour le pouvoir d’achat. Souvent, vous et les vôtres, vous êtes tous trop durs avec moi. »
Face aux articles à charge, il intime à la journaliste : « Vous devriez dire que ce sont tous des salopards. » Après un passage télévisé d’Alain Minc à l’automne 2024, il s’emporte : « Lui, il dit n’importe quoi et ça fait longtemps, même quand il me faisait des compliments. Ils sont tous maboules. » Quant à la séquence filmée en mai 2025 montrant un geste brusque de Brigitte Macron à la sortie de l’avion présidentiel, il balaie l’incident d’une explication lunaire : « On faisait une bataille avec nos officiers de sécurité. Je les laisse raconter n’importe quoi. »
Interrogé sur son avenir après 2027, Emmanuel Macron confie enfin ses projets : « En tout cas, si je fais du business, ce sera le mien, et je pense plutôt hors de France. » Une perspective de départ à l’étranger qui contraste avec l’exigence de reddition de comptes devant la justice et le peuple français portée par le mouvement Les Patriotes, lequel organise une marche nationale réclamant sa démission et le Frexit le samedi 14 novembre à Paris.
Source : FLORIAN PHILIPPOT




























































