Le 27 janvier 1991, à Bassorah, Saddam Hussein est furieux. Six mois après l’invasion du Koweït, la coalition internationale mène 2000 frappes aériennes quotidiennes contre l’Irak. Pire encore, ses troupes au sol — aguerries par huit ans de guerre contre l’Iran et formant la cinquième armée mondiale avec 500 000 soldats — se rendent par milliers sans combattre. Un rapport du renseignement irakien révèle alors qu’un émetteur radio FM situé à Khafji, en Arabie saoudite, diffuse des messages subliminaux américains qui brisent la volonté des soldats par le contrôle mental. Hussein ordonne sa destruction sous trois jours. Le 29 janvier au soir, la 5e division mécanisée irakienne prend Khafji d’assaut et détruit l’antenne, avant d’être anéantie deux jours plus tard par l’aviation américaine. Les États-Unis venaient bel et bien de déployer une arme subliminale sur le terrain.
Des écrans de cinéma à l’ingénierie du consentement
L’exploitation de l’inconscient a d’abord été expérimentée par les publicitaires américains. En 1957, dans un cinéma du New Jersey, un projecteur modifié a diffusé l’injonction « Mangez plus de pop-corn » toutes les cinq secondes, pendant un trois-millième de seconde. Invisible pour l’œil conscient mais capté par le subconscient à raison de 1400 flashs en deux heures, ce procédé testé sur 45 000 spectateurs à leur insu a fait bondir les ventes de pop-corn de 58 %. La radio et la télévision américaines ont aussitôt adopté cette technologie, jusqu’à ce que la presse dénonce une « violation obscène » et un « lavage de cerveau », entraînant son interdiction en moins d’un an. La manipulation inconsciente s’est toutefois poursuivie grâce aux théories de Sigmund Freud : le spécialiste du marketing Ernest Dichter a fait placer les bonbons près des caisses des supermarchés pour exploiter le réflexe de récompense maternelle, tandis que Bill Friedman a conçu les casinos modernes sans horloges ni fenêtres, utilisant le bruit constant et l’alcool gratuit pour désorienter les joueurs.
Edward Bernays, le maître de la manipulation des masses
Bien avant cela, le neveu de Freud, Edward Bernays, avait théorisé aux États-Unis « l’ingénierie du consentement ». Le 1er avril 1929, lors de la parade de Pâques à New York, il a engagé des actrices pour défiler en fumant pour le compte de l’American Tobacco Company. En présentant leurs cigarettes comme des « torches de la liberté », il a brisé le tabou interdisant aux femmes de fumer en public. Dans les années 1920, pour la Beech-Nut Packing Company, il avait aussi interrogé 5000 médecins avant d’affirmer dans la presse qu’ils recommandaient « du bacon et des œufs » au réveil, une campagne sans fondement scientifique qui explique pourquoi 70 % du bacon américain est encore consommé au petit-déjeuner.
Bernays a ensuite utilisé ses méthodes pour renverser un gouvernement étranger. En 1952, le président démocratiquement élu du Guatemala, Jacobo Árbenz, a adopté une réforme agraire obligeant le géant américain United Fruit Company à céder ses terres inutilisées aux paysans pauvres contre indemnisation. L’entreprise — où le secrétaire d’État américain John Foster Dulles et son frère Allen Dulles, directeur de la CIA, détenaient des intérêts financiers — a recruté Bernays. En pleine guerre froide, celui-ci a inondé les médias américains d’articles dépeignant faussement Árbenz comme une menace communiste à 2100 kilomètres des États-Unis. En 1954, la CIA a lancé l’opération PBSuccess et remplacé Árbenz par le dictateur militaire Carlos Castillo Armas, plongeant le pays dans quarante ans de terreur qui ont fait 200 000 morts et un million de déplacés.
Des ondes sonores au piratage électromagnétique du cerveau
Pour contrôler directement les actions humaines sur le terrain militaire, l’armée américaine a déployé au Vietnam la « Squawk Box », une arme sonique montée sur des blindés et des hélicoptères. Son hurlement de 120 décibels à 4 kilomètres de distance provoquait nausées, surdité et détresse émotionnelle, poussant 30 000 combattants du Viêt Cong à se rendre entre 1967 et 1968. L’arme étant audible, les recherches se sont orientées vers les micro-ondes. Dès 1961, le biophysicien américain Allan Frey a découvert que des fréquences de 200 à 3000 mégahertz faisaient entendre des sons directement dans le crâne sans implant et accéléraient à distance le cœur de grenouilles. En 1972, plus de 500 études soviétiques sur des humains avaient déjà démontré la possibilité de contrôler le comportement par micro-ondes, au risque de cuire mortellement les sujets par effet « microthermique ».
Pour le Pentagone, le scientifique J. F. Schapitz a projeté des mots par micro-ondes dans l’esprit de volontaires, avant d’hypnotiser un sujet à son insu en lui implantant une sensation de soif qui l’a fait sortir du laboratoire pour acheter un soda. Dans les années 1980, le Dr Eldon Byrd a synchronisé des ondes électromagnétiques externes avec les ondes cérébrales, forçant le cerveau de poussins à libérer 80 % de ses opioïdes naturels et provoquant chez des rats une libération d’histamine capable de déclencher d’intenses symptômes grippaux chez l’humain. Repris en secret par l’US Air Force, ce programme a permis au Dr Ross Adey d’endormir un sujet humain en plaçant sa tête dans un champ électromagnétique réglé sur les ondes thêta.
Le brevet Silent Sound et le laboratoire irakien
Ces travaux ont abouti au brevet américain 5 159 703 de Silent Sounds Inc., décrivant un « système de présentation subliminale silencieuse ». Ce dispositif clone les signaux électriques cérébraux liés à la peur ou au désespoir. Grâce à la technologie Silent Sound Spread Spectrum (S-Quad), ces fréquences inaudibles sont superposées à une onde radio FM ou télévisée ordinaire, imposant une émotion accablante à l’auditeur. En 1996, le président de Silent Sounds a admis que ce système avait été employé avec succès durant l’opération Tempête du désert via l’émetteur de Khafji. Bien que Washington démente l’existence d’une telle arme, une révolte soudaine a éclaté à Bassorah le 1er mars 1991, au lendemain du cessez-le-feu, faisant jusqu’à 100 000 morts dans le sud de l’Irak sous l’impulsion de « La Voix de l’Irak libre », une radio opérée par la CIA en Arabie saoudite. Dès l’année suivante, l’agence militaire DARPA et le Pentagone construisaient en Alaska le complexe HAARP, capable d’envoyer des impulsions électromagnétiques partout dans le monde.
Source : The Why Files




























































